Les législatives algériennes ont connu la participation de la diaspora du voisin du l’Est dans ce scrutin. Dès le mercredi, deux jours avant le début officiel, des centaines de milliers d’algériens se sont rués vers les ambassades et autres représentations diplomatiques, transformés en cette occasion en bureau de vote. En Tunisie, les élections de l’assemblée constituante, d’octobre 2011, ont connu, également, une forte participation des ressortissants de ce pays résidents à l’étranger.

La France, pays pionnier dans ce domaine, vient de créer une nouvelle circonscription, la 11ème du genre, dédiée exclusivement aux Français de l’Asie et de l’Océanie. Un ministre du président sortant Sarkozy, y est d’ailleurs candidat. Il s’agit de Thierry Mariani, ministre des Transports au sein du gouvernement Fillon, qui vient d’entamer une tournée dans cette région.

C’est au Maroc que sa diaspora n’a pas le droit de prendre part aux scrutins locaux et législatifs. Le rendez-vous du 25 novembre 2011 a connu une légère modification, les MRE ont eu le «droit» de voter par procuration. Un délégataire est désigné pour mettre le bulletin dans l’urne à la place du MRE. Une mesure rétrograde qui n’est pas sans rappeler le vote des maris à la place de leurs épouses, en vigueur dans de nombreux pays musulmans. 

Les zones de blocages
Mais qu’est-ce qui bloque réellement les MRE d’exercer pleinement et librement l’exercice du vote ? Et pourtant, le Maroc, bien avant l’Algérie et la Tunisie, avait entre 1983 à 1993, cinq députés représentant la communauté marocaine établie à l’étranger. L’universitaire Mustapha Merizak, franco-marocain, ancien membre de l’association des travailleurs marocains en France, rentré au Maroc en 2008, explique cette situation inédite par «la multiplicité des intervenants. Il y en a six : les ministères de l’Intérieur, les Affaires étrangères et celui des MRE, le CCME, les Fondations Hassan II et Mohammed V. Chacun d’eux tire la couverture. Il y a également le volet financier, certains estiment que le budget pour garantir une participation des MRE serait énorme. C’est juste un prétexte qui ne tient pas la route et en dernier lieu, il existe des craintes d’un raz de marée islamiste. C’est peut être envisageable du fait que les partis politiques marocains ont laissé le terrain vide aux forces islamistes de s’implanter notamment en Europe». En dépit de ces craintes, le chercheur est pour une participation des MRE aux scrutins, soulignant au passage que «c’est le risque de la démocratie». 

Si le vote des Marocains du monde est à chaque fois reportée aux calendes grecques, les étrangers dûment établis au Maroc ont, depuis le 1er juillet 2011, le droit, bien entendu assorti de la réciprocité, de participer aux élections locales. «Les étrangers jouissent des libertés fondamentales reconnues aux citoyennes et citoyens marocains, conformément à la loi. Ceux d’entre eux qui résident au Maroc peuvent participer aux élections locales en vertu de la loi, de l’application de conventions internationales ou de pratiques de réciprocité. Les conditions d’extradition et d’octroi du droit d’asile sont définies par la loi», comme le stipule l’article 30 de la nouvelle constitution.




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