Ayant pour titre « les mineurs non accompagnés, symbole d’une politique maltraitante , le document reproduit ci-aprés, est un rapport de mission effectué par l’ONG "Médecins Sans Frontières" auprès des mineurs non accompagnés en France, il a été établi en juillet 2019.

Un nombre croissant de jeunes étrangers arrivent seuls en France, principalement du Mali, de Guinée, de Côte d’Ivoire et d’Afghanistan. En 2017, 14 908 jeunes ont été comptabilisés par la cellule des Mineurs non accompagnés (MNA)du ministère de la Justice chargée de piloter le dispositif, contre 8 054 l’année précédente. Pour certains adolescents, la reconnaissance de leur minorité est un parcours semé d’embûches.

Mineurs et sans famille en France, ces jeunes doivent se tourner vers les départements pour obtenir la protection de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). De plus en plus souvent, les départements refusent la prise en charge de ces jeunes dont ils remettent en cause la minorité. Ces derniers se retrouvent à la rue, privés d’accès tant aux dispositifs d’aide destinés aux majeurs qu’à ceux destinés aux mineurs ; ils peuvent alors être qualifi és de « ni-ni » : ni mineurs, ni majeurs. 

Ces jeunes ont la possibilité de se tourner vers le juge des enfants pour faire reconnaître leur minorité et obtenir une protection mais ces démarches sont longues et complexes. Pour les milliers d’adolescents dans cette situation, accéder à un hébergement ou à des soins, effectuer des démarches juridiques relèvent d’un véritable parcours du combattant. La loi impose à la France de protéger ces jeunes au nom du principe de l’intérêt supérieur de l’enfant. Ils devraient donc être hébergés, soignés, scolarisés jusqu’à l’aboutissement de leurs démarches mais, en réalité, il n’en est rien. 

Face à la détresse et la vulnérabilité de ces jeunes, Médecins Sans Frontières (MSF) a ouvert un programme en décembre 2017 à Pantin (département de la Seine-Saint-Denis) afi n de leur offrir un accompagnement global (soins infi rmiers, santé mentale, suivi social et juridique). Les données présentées dans ce rapport sont fondées sur le suivi de 787 jeunes entre l’ouverture du programme le 5 décembre 2017 et le 31 décembre 2018. 






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