Cet article analyse la Méditerranée occidentale comme un ensemble euromaghrébin constituant un complexe régional de sécurité. Il examine la manière dont se construit l’espace de sécurité ouest-méditerranéen. En s’appuyant sur une sorte de synthèse des approches des Relations internationales (réaliste, libérale, constructiviste, études de sécurité – notamment l’apport de l’école de Copenhague…), comme cadre théorique, cet article examine trois éléments majeurs. 

D’abord, il analyse la construction de la région ouest-méditerranéenne en se focalisant sur le volet défense du groupe « 5+5 » et sur la persistance du fait maghrébin en dépit d’un processus de dilution de la spécificité de la relation euromaghrébine. Ensuite, il applique le la notion de complexe de sécurité, développée par Buzan et Waever, à la Méditerranée occidentale en développant une réflexion sur l’interférence/interpénétration sécuritaire entre trois régions (Europe du Sud, Maghreb et Sahel), le Maghreb étant au centre de cette dynamique. Il démontre que la Méditerranéen occidentale constitue un complexe de sécurité hétérogène d’un nouveau genre, où la sécurité sociétale tend à s’affirmer au détriment des autres dimensions de la sécurité. Enfin, il analyse le double processus de sécurisation (securitization)/criminalisation de la migration et d’externalisation en Méditerranée et leur impact au Maghreb. L’accent est mis sur l’externalisation (depuis l’Union européenne) de la gestion migratoire et sur la transposition de ce double processus au Maghreb, voire au Sahel, où l’on intériorise des politiques européennes et développe des pratiques discursives selon le schéma prévalant en Europe. L’article souligne enfin que l’externalisation (à partir de l’UE) est limitée à la sphère sécuritaire et peine à s’étendre à la sphère éthique malgré le contexte de soulèvements démocratiques arabes.

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