A compter du 1er juillet 2019, les Chibanis marocains, arrivés en France pendant les Trente Glorieuses (1946-1975), peuvent vivre au pays tout en continuant à bénéficier des droits de la Sécurité sociale dans l’Hexagone. Une instruction officielle du ministère de la santé a rendu ce droit aux quelques 300.000 chibanis d'origine marocaine. Ces derniers, qu’ils aient cotisé toute leur vie professionnelle en France ou qu’ils soient pensionnés aussi au Maroc, ne devront plus justifier d’une résidence en France pour se soigner.

« Cela fait huit ans qu’on se bat pour nos parents », a réagi avec beaucoup d’émotion Salem Fkire, président de l’association franco-marocaine Cap Sud MRE. Ce descendant de la première génération d'immigrés marocains, estime juste rétablir « une équité de droit ». 

« C’était bien une injustice ! », a insisté pour sa part une députée d'origine marocaine, qui a travaillé sur ce dossier pour que les étrangers qui ont travaillé avec au moins quinze années de cotisation en France, voient leur droit à la santé reconnu durant la retraite. « Les retraités marocains ont cotisé de la même manière que les travailleurs français, mais comme ils sont étrangers, on les traitait différemment », regrette la députée du Val-d’Oise. 

Jusqu’à ce jour, les retraités chibanis étaient obligés de faire des allers et retours entre la France et le Maroc pour ne pas perdre leur droit à la Sécurité sociale Française, et devaient fournir des preuves de leur présence sur le territoire français, de six mois et un jour par an. Faute de moyens pour faire des allers retours, une partie d’entre eux renonçaient à leur vie en famille au Maroc. Un sacrifice d’autant plus difficile que, comme le rappelle un député d'origine marocaine « ces retraités  vivaient souvent ici dans des foyers d’une très grande précarité ». Ces chibanis ont beaucoup souffert alors qu’ils ont « œuvré pour notre pays, pour nos industries quand la France en avait besoin », rappelle la députée Val-d'Oisienne. 

C’est en août 2018, que l’association Cap Sud MRE avait sollicité les députés français d'origine marocaine pour travailler sur ce dossier. Après plusieurs mois de négociations, un amendement concernant les « bi-pensionnaires » est inscrit dans la loi. Ce document permet d’étendre la prise en charge des frais de santé des étrangers retraités ayant cotisé en France au moins quinze ans. La ministre a par ailleurs rédigé une circulaire pour informer toutes les administrations concernées sur ce nouveau dispositif. 

Le combat pour les droits des chibanis est loin d’être terminé. Reste le cas des bénéficiaires de l’allocation de solidarité pour les personnes âgées (ASPA) qui doivent encore prouver qu’ils passent bien plus de six mois en France pour pouvoir en bénéficier. 

Article d'origine modifié 


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