Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Taib Fassi-Fihri, a souligné, mardi à Paris, que la problématique de la migration exige une approche globale et des réponses coordonnées, mettant l'accent sur la nécessité d'accorder la priorité à la composante développement au niveau de la gestion migratoire.

S'exprimant lors de la cérémonie d'ouverture de la deuxième conférence euro-africaine sur la migration et le développement, M. Fassi-Fihri a indiqué que la première conférence euro-africaine sur la migration et le développement de Rabat, «a ouvert une ère nouvelle dans l'histoire des migrations en montrant qu'il n'existait d'autre solution que le dialogue et la coopération entre les pays d'origine, de transit et les pays de destination».

«La grande nouveauté de ce que nous avions initié à Rabat, était la volonté de prendre en compte la question migratoire dans sa globalité», a souligné M. Fassi Fihri, qui conduit la délégation marocaine à cette conférence. Le ministre, qui a été le premier orateur africain à s'exprimer durant cette conférence, a, dans ce cadre, mis en exergue la nécessité d'accorder la priorité à la composante développement tout en organisant de manière collective la mobilité des migrants et l'accès à la migration légale qui constitue une source d'enrichissement mutuelle et, enfin, en luttant fermement et de manière résolue, contre les migrations irrégulières, sources de tant de maux, de dérives, de frustrations et d'incompréhensions.

La migration apparaît, a-t-il relevé, comme une problématique exigeant une approche globale et des réponses coordonnées et cohérentes. «Nos Etats ne se contentent plus de traiter des questions migratoires de manière unilatérale, ni seulement dans le cadre de relations bilatérales, mais en débattant désormais au plan régional et, plus récemment, au ni-veau mondial», a indiqué le ministre.

Dans le sens de la consolidation de l'esprit de Rabat, «nous voilà donc réunis à Paris pour une seconde étape qui a pour objectif de définir les modalités concrètes ayant vocation à être mises en oeuvre dans les années à venir», a souligné M. Fassi-Fihri, faisant remarquer que la migration n'est pas un simple phénomène. Il s'agit, a-t-il dit, d'une problématique structurelle, installée dans le temps et d'un défi complexe qui ne peut être relevé que dans le cadre de la responsabilité partagée et de l'action collective concertée. Les pays africains, a-t-il dit, appellent à une gestion concertée des flux migratoires pour assurer un accès des marchés de travail et la mise en place d'un système d'information et d'accompagnement des migrants professionnels sur les opportunités d'emplois notamment en Europe.

Il va sans dire, a relevé le ministre, que des progrès significatifs du partenariat euro-africain, «que nous voulons équilibré et concerté», ne peuvent être réalisés que si les politiques des pays européens en matière de migration, garantissent aux migrants africains légaux des droits comparables à ceux des citoyens européens.M. Fassi-Fihri a souligné, dans ce cadre, que les migrants légaux sont un facteur qui contribue au développement et à l'épanouissement des sociétés d'accueil et d'origine, notant qu'il convient de garantir aux migrants légaux les possibilités adéquates d'intégration et de réinsertion.
Pour le ministre, la corrélation est extrêmement forte entre l'encouragement des flux légaux et la lutte en amont contre la migration illégale. Ouvrir des passerelles de migration régulière, a-t-il dit, offre un espoir de mobilité légale aux candidats potentiels et tempère leurs velléités de départ clandestin.

La stratégie suivie par le Maroc, a-t-il souligné, pour amener sa diaspora et ses scientifiques à contribuer au développement de leur pays d'origine, consiste à transformer progressivement «la fuite des cerveaux» en «gain de compétences» notamment via les investissements de la diaspora marocaine, via le «réseautage» des contacts et projets, via les transferts de connaissances, et d'autres formes de collaboration entre les migrants expatriés et leur pays d'origine.

Et de conclure que le programme pluriannuel 2009-2011, qui sera adopté par cette conférence, constitue une feuille de route qu'il convient de décliner sur le terrain, en se donnant certes les moyens de «nos ambitions, mais surtout en basant notre démarche commune autour de la confiance mutuelle et la solidarité agissante».
Les travaux de cette deuxième conférence euro-africaine ont été ouverts par les ministres français des Affaires étrangères et européennes, et de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire respectivement Bernard Kouchner et Brice Hortefeux.

M. Fassi Fihri conduit une importante délégation à cette deuxième conférence euro-africaine sur la migration et le développement comprenant notamment le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur Mohamed Saad Hassar, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, Youssef Amrani, le gouverneur, directeur de la coopération internationale, Rachid Rguibi et le gouverneur, directeur de la migration et de la surveillance des frontières, Khalid Zerouali.

Plus de sujet de discorde
Le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, Mohamed Saad Hassar, a affirmé, mardi après-midi à Paris, que la migration n'est plus un sujet de discorde entre les partenaires, mais plutôt un défi commun autour duquel se construit un consensus et une démarche collective pour une gestion globale et intégrée, où la composante développement est prioritaire.

Intervenant devant la deuxième conférence sur la migration et le développement, M. Hassar a souligné que la rencontre de Paris pérennise «l'esprit de Rabat», qui a véhiculé et ancré des valeurs de solidarité entre les pays d'origine, de transit et de destination et ce, à travers non seulement le resserrement de l'étau contre les réseaux de trafic, mais également à travers l'encouragement des flux légaux, le développement et le co-développement.

M. Hassar a, en outre, apporté un éclairage sur la stratégie marocaine en matière de gestion migratoire, qui, a-t-il dit, a permis d'agir en amont sur les causes de vulnérabilité des victimes et candidats potentiels en veillant au strict respect des droits des migrants.

Il a, dans ce cadre, cité l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) comme modèle novateur de lutte contre la précarité et l'exclusion sociale, ainsi que les efforts déployés pour sauvegarder les intérêts des Marocains résidant à l'étranger. Il est à rappeler que la première Conférence euro-africaine sur la migration et le développement, qui s'est tenue à Rabat les 10 et 11 juillet 2006, est considérée comme l'étape fondatrice de ce dialogue migratoire UE-Afrique, qui s'inscrit dans une approche globale, équilibrée, pragmatique et opérationnelle, dans le respect des droits fondamentaux et de la dignité des migrants et des réfugiés.


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