"Je suis convaincue que c'est un fasciste": l'élue démocrate Ilhan Omar a répondu jeudi à Donald Trump au lendemain d'un meeting de campagne du président américain où elle a été violemment prise pour cible par ses supporters.

"Il ne s'agit pas de moi, il s'agit de notre combat pour ce que devrait réellement être notre pays", a lancé l'élue du Minnesota (nord), fille de réfugiés somaliens, à laquelle M. Trump a conseillé de "retourner" dans son pays d'origine. Ilhan Omar a été saluée et acclamée jeudi soir par une foule de ses partisans à son retour dans sa circonscription du Minnesota pour une réunion publique.

"Le cauchemar (de Donald Trump) est de voir une réfugiée somalienne parvenir au Congrès", a-t-elle lancé. "Nous allons continuer à être le cauchemar de ce président, parce que sa politique est un cauchemar pour nous".

A 473 jours de l'élection, ce meeting de Greenville a peut-être marqué un tournant.
Face au tollé, le milliardaire septuagénaire a tenté jeudi, sans convaincre, de prendre ses distances avec cette séquence qui a provoqué une vague d'indignation à travers les Etats-Unis.

"Cela ne m'a pas plu. Je ne suis pas d'accord avec cela", a-t-il déclaré, assurant --contre toute évidence-- avoir essayé d'interrompre ces chants en reprenant rapidement la parole.

Debout derrière un podium portant le sceau présidentiel, il n'a, à aucun moment, tenté de calmer la foule, écoutant sans dire un mot ce nouveau slogan qui fait écho, dans un autre registre, aux célèbres "Enfermez-la!" scandés en 2016 concernant la candidate démocrate Hillary Clinton.

Pointes ironiques à l'appui, il a égrené les noms des quatre élues démocrates issues de minorités qu'il attaque avec violence depuis quatre jours. Dans une ambiance électrique, il a multiplié les piques.

S'il veut rester à la Maison Blanche quatre ans de plus, Donald Trump devra rééditer l'exploit de 2016 quand il a remporté sur le fil trois Etats clés: Michigan, Pennsylvanie, Wisconsin. Après deux années et demi chaotiques, il aurait pu, comme l'espéraient certaines voix conservatrices, opter pour une forme de présidentialisation. Il a fait le choix inverse: souffler sur les braises des tensions raciales pour s'assurer le soutien de son socle électoral, très majoritairement blanc.

La séquence a suscité l'indignation dans le camp démocrate.
"C'est ignoble. C'est lâche. C'est xénophobe. C'est raciste. Cela souille la fonction présidentielle", a réagi la sénatrice démocrate Kamala Harris, candidate à la succession de Donald Trump.

Reste la question de l'attitude du parti républicain.
La réaction est, pour l'heure, la même qu'à chaque polémique aux accents xénophobes déclenchée par l'ancien homme d'affaires de New York: quelques voix s'élèvent pour exprimer leur indignation mais les ténors du parti font bloc, minimisant les propos ou faisant mine de regarder ailleurs. 

Une autre voix, celle d'Anthony Scaramucci, qui fut éphémère directeur de la communication de la Maison Blanche, s'est faite entendre. Jugeant les tweets présidentiels "racistes et inacceptables", il l'a mis en garde: "Le président doit comprendre que s'il continue dans cette voie, un bloc d'électeurs va se détacher à la manière d'un iceberg qui se brise et s'éloigne".






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