Il y a quelques jours, l’animateur «vedette» d’une radio marocaine spécialisée dans le football «masculin» nous a gratifié, en direct, d’un commentaire droit sorti d’un autre âge, voire d’une autre planète, très certainement Mars.

Un propos bien macho, bien misogyne, bien débile, bien gras, destiné à une auditrice qui a eu le culot de vouloir donner son avis en matière de football «masculin».

Face à cette femelle qui voulait faire son intéressante, en prédisant une défaite du Maroc face au Bénin (quelle clairvoyance quand même!), l’animateur a failli en avaler son sifflet.

Gonflé à bloc à la mauvaise foi et à la testostérone, un mélange hautement toxique, il n’a pas pris le temps de la réflexion comme l’invite normalement à le faire le code éthique de son métier, et s'est montré bien décidé à mettre une raclée, une branlée, une mise à l’amende à cette gueuse.
«Va cuisiner, éloigne-toi de l’équipe nationale et occupe-toi de tes affaires. Va regarder Choumicha ou un truc du genre, éloigne-toi de nous. Que tu l’encourages ou pas, tu crois que le Mountakhab sera touché? Choumicha ou des émissions de cuisine, éloigne-toi du foot et laisse-le aux personnes qui s’y connaissent...» lui a-t-il rétorqué en substance, et de but en blanc, du tac au tac, le port de tête altier, sous les rires gras de ses camarades de studio.
Et elle, qu’a-t-elle répondu pour se défendre? Et ben rien. Ah oui, on oubliait de vous dire, l’intruse avait en fait envoyé un SMS. Elle n’était pas sur le plateau pour pouvoir répliquer. C’est tellement facile de faire son malin et de jouer les durs quand il n’y a personne en face. 

Ce type de petites victoires de la misogynie sur l’arrogance des femelles qui investissent un terrain qui n’est pas le leur, l’animateur en est friand. A dire vrai, c’est même un habitué du genre. L’autre jour, il a raccroché au nez d’une auditrice. Pourquoi? Parce que non madame, on ne parle pas foot avec une femme. Et là, rebelote, il a attendu qu’elle ne soit plus en ligne pour lui dire de s’occuper de ses casseroles.

Un peu comme ce looser, pour rester dans le jargon sportif, qui n’a pas le courage de vous insulter en face et qui attend que vous ayez le dos tourné pour cracher toute sa haine. Ou encore celui qui fait le dur face à son reflet dans le miroir, «you talking to me?», mais qui se débine quand il est dans le feu de l’action. Ou encore cet autre, qui fait croire à ses potes qu’à la maison, c’est lui qui la porte cette foutue culotte, mais qui n’en mène pas large quand bobonne lui passe un savon.
Fier de sa petite victoire en solo, l’animateur «vedette» s’est ensuite pris une sacrée dérouillée sur les réseaux sociaux marocains.

Faute de pouvoir se payer les services de Maître Eric Dupont-Moretti, l’animateur a pu compter sur la défense de ses patrons, qui ont annoncé sa suspension avant de changer d’avis (sans le dire), puis qui ont baragouiné des excuses hautes en couleur, dont on retient une phrase en particulier: «c’est inexcusable, mais il ne faut pas oublier qu’Adil passe par une période difficile, sa femme sort d’une grossesse compliquée.»

Ben oui les filles, franchement, un peu de respect quoi! Qu’est-ce qui vous a pris de l’appeler comme ça, en direct à la radio, alors qu’il est en pleine souffrance prénatale par procuration? Il y a des choses qu’un homme, cette petite chose fragile, ne peut décemment pas supporter!

Allez sans rancune monsieur l’animateur «vedette». A vous les micros, à nous la coupe du monde.




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