La participation politique des Marocains du monde (13e région ?) dans les affaires de leur pays d’origine revient sur le devant de la scène. Elle serait en tout cas devenue un cheval de bataille pour plusieurs partis, en particulier le RNI, qui était ce dimanche en meeting en Allemagne.

Le droit de la participation politique des Marocains résidant à l’étranger est garanti par la constitution du 29 juillet 2011. L’article 17 de cette dernière dispose: «Les Marocains résidant à l'étranger jouissent des droits de pleine citoyenneté, y compris le droit d'être électeurs et éligibles. Ils peuvent se porter candidats aux élections au niveau des listes et des circonscriptions électorales locales, régionales et nationales. La loi fixe les critères spécifiques d'éligibilité et d'incompatibilité. Elle détermine de même les conditions et les modalités de l'exercice effectif du droit de vote et de candidature à partir des pays de résidence.»

En attendant la loi d’application de ce texte, les MRE ne jouissent toujours pas de leur droit de citoyenneté, électorale du moins. Ce qui n’empêche pas certains partis politiques locaux d’aller à la rencontre de ce vivier électoral qui pèserait quelque 5 millions de voix (Chiffre avancé par les autorités).

Ainsi, le milliardaire et président du Rassemblement national des indépendants, Aziz Akhannouch, était dimanche dernier à Düsseldorf pour y rencontrer (les représentants ?) de la communauté marocaine installée en Allemagne, et forte de quelque 200.000 âmes.


Selon le quotidien Al Massae, dans son édition du mardi 25 juin, cette visite du patron du RNI en Allemagne entre dans le cadre de ce que le journal appelle le nouveau regain de la «guerre» entre les partis pour s’ériger en défenseurs des droits de vote et d’éligibilité des MRE et faire ainsi main basse, dans l’avenir, sur leurs voix.

Ainsi en prévision des élections de 2021, Aziz Akhannouch a estimé, devant les participants de la rencontre de Düsseldorf, qu’il devient plus que jamais urgent et «nécessaire que les Marocains du monde participent activement à la prise de décision dans leur pays d’origine, un droit élémentaire qui doit être défendu sans plus attendre et avec courage».

En effet, comme le rapporte Al Ahdath Al Maghribia dans son compte rendu sur cette activité du RNI, Akhannouch a envoyé plusieurs messages aux MRE. D’une part, du fait qu’ils constituent un creuset de hautes compétences, il les a exhortés à s’intégrer dans la vie politique de leur pays pour le faire profiter de leur expérience, tout en leur garantissant que le RNI ne lésiner sur aucun effort en vue de leur faciliter cette intégration.

D’autre part, il a appelé les MRE à veiller à l’éducation de leurs enfants à travers une offre pédagogique qui comprendrait aussi bien la langue arabe que l’amazigh, mais aussi la culture et la civilisation marocaines ainsi qu’une pratique saine de la religion musulmane.

Dans un dernier message, Akhannouch a aussi précisé que son parti, contrairement aux accusations de certains, n’est pas un «parti populiste», ni une «épicerie politique», mais un parti qui en appelle aux MRE pour l'aider dans la dynamique du renforcement de ses structures et de création d'organisations parallèles pour mieux se positionner en tant qu'acteur principal de la modernisation et du développement du Maroc.

Mohamed Deychillaoui



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