En juillet 1999, à la mort du roi Hassan II, le prince héritier Sidi Mohammed, devient, sous le nom de Mohammed VI, le dix-huitième souverain du royaume chérifien.Le 30 juillet 1999, dans son premier discours, le nouveau souverain, le roi Mohammed VI, promet de consolider [...]

Louange à Dieu, 
Que la paix et la bénédiction soient sur le Prophète, Sa Famille et Ses Compagnons,

Cher peuple, 
Nous ressentons en ce moment historique, un sentiment mêlé à la fois de bonheur, en t’adressant notre premier discours, et de peine avec la perte de notre Auguste père à un moment où nous avons le plus besoin de ses apports. 

Dès sa tendre jeunesse, notre regretté père a milité pour ton bonheur déployant des efforts soutenus et faisant face à de dures épreuves. 

En ta faveur, il a réalisé des acquis honorables et édifié un Maroc invulnérable qu’il a enrichi par ses innombrables réalisations. 

Le Très-Haut ne l’a rappelé à Ses côtés vendredi dernier, qu’une fois sa mission accomplie d’une manière qui a forcé l’admiration et suscité estime et considération. 

Nul doute, cher peuple, que tu as ressenti de la fierté en constatant l’afflux des délégations venues du monde entier, conduites par des Rois, des Présidents et de hauts responsables partager notre tristesse et notre douleur et nous présenter leurs condoléances, ce qui nous a été d’un grand réconfort. 

Ta réaction sincère en cette douloureuse épreuve, cher peuple, nous incite à te rendre un vibrant hommage, puisque tu as exprimé ton chagrin dans le calme et la dignité et par des sentiments que notre regretté père, que Dieu ait son âme, a sans doute ressentis dans sa dernière demeure.

Que le Très Haut bénisse tes sentiments sincères, tes liens indéfectibles avec le cher disparu et ton solide attachement à ma personne, au moment où j’accède à la lourde responsabilité, ce qui raffermit notre volonté de poursuivre l’œuvre d’édification, la main dans la main, dans une communion totale, qui se traduira par la réalisation de nos nobles objectifs et grandes aspirations. 

Cher peuple, 
Dieu a voulu que nous accédons au Trône de nos Glorieux Ancêtres, conformément à la volonté de notre père, qui nous a fait Prince Héritier, aux dispositions de la constitution, et en application de la Beïa par laquelle les représentants de la Nation se sont engagés. 

C’est ainsi que de la main de notre Auguste père, que Dieu l’ait en Sa Sainte Miséricorde, nous avons reçu le flambeau pour assumer la responsabilité de conduire le pays. 

Nous sommes déterminé à poursuivre, avec la grâce de Dieu, l’œuvre de développement pour ton bien cher peuple, pour celui de toutes les couches sociales, particulièrement celles démunies dont la situation figure parmi nos préoccupations et que nous entourons de notre sollicitude et de notre affection. 

Grâce en soit rendue à Dieu, les contours et les fondements de notre politique intérieure sont clairs et précis. Il reste à les consolider et à les renforcer. 

Nous sommes extrêmement attaché à la monarchie constitutionnelle, au multipartisme, au libéralisme économique, à la politique de régionalisation et de décentralisation, à l’édification de l’Etat de droit, à la sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés individuelles et collectives, et au maintien de la sécurité et de la stabilité pour tous.

En ce qui concerne les institutions constitutionnelles, notre tâche consistera à donner des orientations, de précieux conseils et à jouer le rôle de l’arbitre qui est au-dessus de toute appartenance. 

Pour nous, tous les Marocains sont des frères, des fils dévoués et égaux, auxquels nous sommes attachés par des liens d’affection et d’allégeance. 

Nous continuerons à soutenir les efforts du gouvernement de feu Sa Majesté le Roi, qui en a fait un gouvernement d’alternance, conformément aux règles démocratiques prônant l’alternance au pouvoir. Il en a confié la responsabilité de Premier ministre à Monsieur Abderrahmane El Youssoufi en qui il a pressenti succès et réussite, et qui trouvera auprès de nous, aide et soutien. 

Nous renouvelons notre engagement à parachever notre intégrité territoriale, dont la question de nos provinces sahariennes constitue la cause nationale centrale et nous attendons l’organisation du référendum confirmatif sous l’égide des Nations Unies. 

Les adversaires de notre intégrité territoriale s’emploient à mettre en échec cette consultation référendaire sur la voie de laquelle ils dressent nombre d’obstacles. 

Nous souhaitons que le Maroc, sous notre règne, aille de l’avant sur la voie du développement et de la modernité, et qu’il accède au troisième millénaire, doté d’une vision prospective, en parfaite cohabitation et une entente réciproque avec nos partenaires préservant son identité et sa spécificité, sans se refermer sur soi, dans le cadre d’une authenticité reconfirmée et d’une modernité qui ne renie guère nos valeurs sacrées.

Cher peuple, 
La question de l’enseignement figure en tête de nos préoccupations actuelles et futures, en raison de son extrême importance, de son impact sur la formation des générations et de leur préparation à accéder à la vie active, pour contribuer à l’édification de la nation, avec compétence, savoir-faire, abnégation et loyauté, en aspirant à accéder au 21ème siècle, par la mise en valeur des potentialités scientifiques, des innovations technologiques de l’époque, ainsi que des larges perspectives qu’elles ouvrent pour l’intégration dans le processus de mondialisation. 

Notre Auguste père, qui accordait un grand intérêt à cette question, a mis en place une commission nationale spéciale qui a œuvré sous sa Haute sollicitude s’inspirant des orientations contenues dans la lettre Royale consacrée à cette question.

La commission a couronné ses efforts louables par l’élaboration d’un projet de charte nationale de l’éducation et de la formation qu’elle s’apprêtait à soumettre à notre vénéré père. Nous accorderons à ce projet l’intérêt qu’il mérite et qui correspond à nos espérances dans ce domaine vital pour vaincre le chômage, éradiquer ses retombées, maintenir grandes ouvertes les portes de l’emploi devant notre jeunesse montante, et l’inciter à consentir des efforts et à faire preuve sans relâche de créativité et d’esprit d’initiative, en ne comptant que sur elle même.

Nous accorderons notre attention également au problème de la pauvreté dont souffre une partie de notre peuple. Nous œuvrerons, avec l’aide et l’assistance de Dieu, à en réduire l’acuité et l’impact. A cet égard, mon père, que Dieu ait son âme, m’avait honoré en acceptant la proposition de créer une institution à laquelle il avait donné le nom de Fondation Mohammed V de solidarité qui voue son action aux affaires des pauvres, des nécessiteux et des handicapés. Nous nous sommes engagé à activer le rôle de cette institution et à l’entourer de notre entière sollicitude et de notre soutien. Parmi les questions auxquelles nous accorderons également un intérêt particulier, celle de notre communauté établie à l’étranger, en réfléchissant sérieusement à aplanir les difficultés auxquelles elle est confrontée, en œuvrant à résoudre ses problèmes et à renforcer ses liens avec la Mère-Patrie.

Cher Peuple, 
Notre préoccupation pour les questions nationales découle des principes dont notre regretté Père a jeté les bases, s’inspirant des valeurs arabes et islamiques, en accordant l’intérêt qui se doit aux différents problèmes de nos frères arabes et en partageant leurs préoccupations avec le souci de promouvoir la réconciliation, la concorde et la coopération pour transcender les aspects négatifs de la réalité et porter un regard prospectif sur l’avenir, conforme à notre histoire commune, féconde, à notre civilisation et à notre culture s’inspirant des enseignements et percepts de notre religion, ceux qui préconisent le juste milieu, la pondération, la tolérance et l’ouverture, ceux qui appellent inlassablement à la paix, à la coexistence, à la compréhension mutuelle, à la préservation des droits dont Dieu a honoré l’Homme et qui ont été consacrés par les conventions internationales dont le Maroc figure parmi les premiers signataires. 

Grâce à l’attachement des Marocains à ces valeurs, quatorze siècles durant, notre cher pays a pu acquérir une invulnérabilité qui lui a permis de faire face à de multiples tourments et d’éviter les vicissitudes de l’histoire et les péripéties. Partant de cette vision, nous accordons un intérêt particulier à l’édification du grand Maghreb arabe auquel nous sommes fier d’appartenir et pour la réalisation duquel nous œuvrons en vue de l’asseoir sur des bases solides de fraternité et de coopération sincères, avec ce que cela exige comme assainissement du climat et élimination des obstacles. la présence de nos frères, chefs d’Etat du Maghreb arabe en tête des personnalités venues présenter leurs condoléances, a eu le meilleur impact et le plus grand effet dans notre cœur. Notre rencontre avec notre grand ami, son excellence le Président Abdelaziz Bouteflika, a été pour nous un motif de satisfaction empreinte d’optimisme et d’espoir pour la réalisation de cet objectif, de manière à renforcer la solidarité et la cohésion et à favoriser la stabilité et la prospérité. Il s’agit là d’un objectif que nous espérons réaliser également au Moyen-Orient, sur la base de la légalité internationale et conformément aux accords conclus afin que nos frères palestiniens puissent vivre dans la paix et le bon voisinage, à l’intérieur de leur Etat, un Etat stable et paisible, et afin que l’ensemble des pays de la région connaissent le progrès et la prospérité qu’ils méritent et le grand rayonnement qui doit être le leur.

Si le Maroc fait partie du monde arabe et islamique, sa position géographique au Nord du continent africain, faisant face à l’Europe au Nord, à l’Amérique à l’Ouest, nous dicte de poursuivre la politique de notre vénéré père, marquée par l’ouverture et le dialogue, renforçant nos liens de coopération avec nos frères africains et consolidant les échanges avec nos amis européens et américains au bénéfice de notre région et du monde entier, dans le respect, la considération et la recherche constante de la paix et de la sécurité pour tous. 

Cher peuple, 
Au terme de ce Discours du Trône, nous tenons à nous féliciter de la solidité des liens profonds qui nous unissent à toi, et que traduisent ton attachement à notre Trône et ta fidélité à notre personne dans une grande affection réciproque. Nous t’incitons également à consentir davantage d’efforts pour préserver l’unité et l’unanimité, à demeurer attaché aux valeurs et à avoir une vue prospective sur l’avenir. 

En persévérant sur cette voie, nous aurons réalisé nos espérances pour notre cher pays, et rendu hommage à la mémoire de notre regretté père, que Dieu l’accueille auprès de Lui, aux côtés des bienheureux. Puisse le Très-Haut faire en sorte qu’il demeure dans l’au-delà rassuré sur son peuple qu’il a tant aimé et servi avec dévouement et qui nous a inculqué cette affection et cette abnégation. Puisse-t-Il l’entourer de son infinie miséricorde, lui accorder sa bénédiction et sa rémission et le rétribuer pour son oeuvre en faveur de sa foi et de sa patrie. 

Œuvrons la main dans la main pour la réalisation de nos aspirations et des nobles actions qui nous attendent, en comptant sur l’aide de Dieu, il est le meilleur maître et le meilleur protecteur. ‘’Dieu suffit à quiconque se confie en Lui’’ (Coran).

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