Il est dépaysé dans son propre pays. Il ne se mêle jamais des affaires d'autrui et c'est pour cela qu'on ne l'aime pas.

Il est pourtant poli. Mais il n'aime pas l'excès de salamalecs. Il veut la paix et ne veut pas être dérangé. Il paie ses cotisations au syndic, s'acquitte loyalement de ses impôts, ne demande rien à personne, se contente de ce qu'il a.

Il se refuse au tberguig actif et passif. Il exècre ce sport national qu'est la curiosité malsaine; Il ne se mêle pas des affaires d'autrui.

Il est pourtant généreux, discrètement, lorsqu'il faut sortir quelqu'un d'un sale pétrin; mais il n'aime ni inviter ni se faire inviter. Parce qu'il n'apprécie pas cet entrisme propre aux sans-gênes qui fouinent avec jouissance dans la vie privée d'autrui. Il envoie tous les ans, exclusivement par la poste, des contributions à des associations caritatives.

Il ne s'arrête jamais face à des attroupements autour d'une bagarre ou un accident de la circulation. Il se méfie des tribuns et des rassemblements moutonniers.Il consacre un après-midi par semaine à la visite des malades démunis avant de faire un tour dans tel ou tel cimetière pour y fleurir la tombe d'un inconnu. Il voue une journée entière par mois à rendre visite à de vieux détenus anonymes esseulés. Mais il est allergique aux lamentos des quémandeurs de rue. Il se terre chez lui le vendredi à l'heure de la prière, tant il vomit l'hypocrisie des faux dévots.

Il refuse de prêter son journal ou son briquet à son voisin de table.

C'est pour toutes ces raisons qu'on ne l'aime pas et qu'on véhicule à son sujet les rumeurs les plus abracadabrantesques.

Le quant-à-soi (atti9ar) est un luxe inatteignable en Khamajistan !

Abdessamad Mouhieddine
Journaliste
FB, le 27 juillet 2019


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