Il est absurde qu’un ballon de foot fait de cuir (et d’air!) puisse déchaîner, dans le pays du Jasmin, autant de flammes et d’étincelles à l’encontre d’un autre peuple maghrébin frère, lié au Tunisien par une forte communauté d’histoire et d’avenir.

On avait beau attendre que les esprits chauffés à blanc se calment, après les malencontreux incidents qui ont émaillé le match retour de la finale de Ligue des champions d’Afrique, entre le Wydad et l'Espérance de Tunis, le 31 mai 2019 à Radès.

On avait encore beau patienter et se dire que l’arbitrage du Comité exécutif de la CAF, réuni mercredi 5 juin à Paris, allait finalement apaiser la tempête de passions et ramener à la raison les thuriféraires de la haine aveugle.

Or, la tension n’a fait que s’exacerber depuis ce mercredi 5 juin qui, curieusement, coïncidait avec l’avènement de l’Eïd El-Fitr. Et pour cause, la sortie pas très fair-play de Youssef Chahid, -le plus jeune premier ministre de l’histoire moderne de la Tunisie-, qui s’est fendu d’un post sur son compte Facebook pour qualifier de «farce» le verdict de la CAF!

Cet ancien ingénieur en agronomie aurait dû nous faire grâce de cette sortie politiquement maladroite, juridiquement illégale au regard de la loi de la FIFA qui interdit formellement toute intrusion politique dans la cuisine interne du football.

Parlons vrai, parlons clair: la sortie de Youssef Chahed est populiste et flatte dangereusement quelques fibres nationalistes, qui ont poussé l’aveuglement jusqu’à taquiner leurs frères marocains sur leur intégrité territoriale. «La Tunisie doit reconnaître le Sahara occidental»!, a tweeté un supporter tunisien, qualifiant cet appel de «diplomatiquement correct»!

Loin de nous l’idée de répondre à cette billevesée tellement elle pue le chantage crasse et ridicule. Force est de constater que la responsabilité en incombe en premier lieu à Youssef Chahid, qui a fait dans un mélange des genres sidérant et indigne d’un chef de l’Exécutif censé être conscient des règles politiques et diplomatiques qui régissent les relations entre les pays en général, à plus forte raison deux pays liés par une forte communauté d’histoire et d’avenir.

Il est en effet absurde de remarquer que M. Chahid puisse se mêler d’un combat de coqs autour d’un ballon rempli d’air, alors qu’il aurait dû s’occuper de la situation de ses concitoyens désenchantés par le mirage du «printemps» et dont le niveau de vie s’est regrettablement beaucoup dégradé depuis 2011.

Frères tunisiens, ne vous trompez pas de combat: notre ennemi commun est le sous-développement. Le reste n’est que pures foutaises. 

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top