Au-delà de son titre volontairement provocant, le livre de Christian Gerondeau, vrai succès de librairie, est impor­tant car il restera comme le premier qui ait osé s’attaquer, non pas à l’écologie scientifique bien entendu, mais à son usage détourné qui la transforme en pensée dogmatique de notre temps, avec son cortège d’affirmations sans preuve et de gaspillages en tout genre. 

On y trouvera une analyse très claire de l’effet de serre et des moyens réels dont nous disposons pour le stabiliser. Qui sait que le stock de gaz carbonique présent dans l’atmosphère atteint près de 3.000 milliards de tonnes alors que les émissions annuelles de l’ensem­ble de la planète se chiffrent à 30 milliards par an, et que les nôtres sont inférieures à 400 millions de tonnes grâce à notre programme nucléaire, de telle sorte que ce que nous pouvons faire en France n’a d’autre utilité que symbolique ? Qui sait que les éoliennes ne fonctionnent qu’un quart du temps, et qu’elles ne peuvent réduire les émissions de gaz à effet de serre en France, puisque l’essentiel de notre production électrique n’en rejette pas ?


Christian Gerondeau prend ainsi le contre-pied des conclusions du « Grenelle de l’Environnement » dont il montre que la plupart des dispositions envi­sa­gées sont aussi coûteuses qu’inefficaces. 

C’est ce qu’a bien compris Alain Duhamel qui écrit dans Le Point, sous le titre « Une démystification de la religion verte » :
« Il était temps, pour que puisse s’exprimer un minimum d’esprit critique, que l’on entende quelques fortes dissonances face à l’envahissante symphonie écologique qui submerge ondes, écrans, et journaux. Voici donc un couac vigoureux à souhait qui porte sans timidité la contradiction nécessaire.
L’essai de Christian Gerondeau, fort accessible et fortement étayé, comporte la dose d’indignation indispensable à toute contre-attaque idéologique.
Sur le fond, Christian Gerondeau brise sans peur quelques tabous populaires et redresse hardiment de nombreuses idées fausses. Il dissipe les illusions que constituent les éoliennes, coûteuses et marginales, ou les biocarburants qui, pour des résultats très modestes, ont fait grimper en flèche les prix des céréales au détriment des peuples les plus pauvres. À vrai dire, il remet en question à peu près toute l’argumentation traditionnelle des écologistes. » 
Philippe Alexandre, autre journaliste de talent, s’inscrit dans la même veine quand il écrit :
« Cet ingénieur polytechnicien a entrepris d’opposer des constats scientifiques aux « croyances » dont le commun des mortels est abreuvé. Il dénonce cette stupidité suprême : la plupart des écologistes condamnent l’énergie nucléaire (qui n’émet pas de gaz carbonique) et du coup, ils favorisent les centrales à charbon, à gaz, ou à pétrole, principaux responsables de l’effet de serre menaçant la planète. 

On en apprend des… vertes dans cet ouvrage : une vache émet plus de gaz à effet de serre qu’une voiture, et il y a en France 21 millions de bovins et 30 millions de voitures. Faut-il, demande Gerondeau, nous priver de voiture ou de bifteck ? 

Arrêtez de nous annoncer des cataclysmes. Sur cette terre, tout montre que le risque de mourir diminue. C’est la peur de mourir qui nous tue… » 

Il faut ajouter que l’ouvrage de Christian Gerondeau est polytechnicien dans le meilleur sens du terme. Rationnel, clair, facilement lisible, il renouvelle entièrement notre vision de l’un des dossiers qui vont dominer le débat poli­ti­que national et international du siècle à venir. Un livre indispensable pour comprendre le monde dans lequel nous vivons, et celui qui nous attend.




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