Les migrations africaines d’origine subsaharienne occupent aujourd’hui une place dominante dans les discours politiques et médiatiques portant sur l’immigration. En 2005, les images de migrants prenant d’assaut la « forteresse Europe » – l’expression, surtout utilisée dans la presse ou les documents qui émanent d’ONG, désigne l’Europe de Shengen en faisant explicitement référence à sa politique de contrôle des frontières – en tentant de traverser les barrières qui séparent le Maroc des deux enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla ont frappé les esprits. 

Et depuis, les mesures politiques, policières et diplomatiques se sont succédées en France et en Europe pour cibler les priorités d’action sur l’Afrique et la Méditerranée : la mise en place en 2005 de l’Agence Frontex (Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne) symbolise bien la volonté de protection des frontières extérieures de l’Union européenne (UE) de ce que certains qualifient d’une véritable « invasion africaine » (de Haas, 2008).

Et pourtant, ces inquiétudes et autres préoccupations politiques semblent très éloignées de la réalité statistique observée. Non seulement les migrations africaines sont minoritaires – en termes de flux et de « stock » - et elles sont « à double sens ». C’est en partie le résultat d’un débat trop souvent posé en terme « d’immigration ». Encore faut-il rappeler qu’il existe aussi des migrations de retour vers l’Afrique sans que l’on puisse pour autant les évaluer précisément puisque l’appareil statistique français ne renseigne pas sur les « sorties du territoire » par nationalité (cf. article de L. Legoux et R Orain).






0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

 
Top