Depuis 1963, plus de 22 présidents Africains, alors au pouvoir, ont été assassinés. Beaucoup d’entre eux gênaient les puissances coloniales en place et notamment la France encore coloniale.

De De Gaulle à Sarkozy 
On ne compte plus le nombre de coups d’État dont la France a été impliquée, allant jusqu'à assassiner leurs dirigeants. 
“La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts”, c’est la formule devenue le refrain du Général De Gaulle qui n’aura pas lésiné sur tous les moyens pour éliminer physiquement les dirigeants africains qui ont tenté de se libérer du joug de la métropole. Depuis 1963, 22 présidents africains ont été assassinés avec la complicité des services secrets français: le SDECE, la DGSE et la DST. Ce sont ces trois bras armés qui ont fomenté des coups d’États en se servant des valets et traîtres nègres. 
La France bloque les indépendances africaines au profit de sa suprématie en Afrique et cela pour plusieurs raisons dont les quatre ci-dessous : 
  1. l’accès aux matières premières stratégiques (pétrole, uranium) ou encore (l’or, le bois, le cacao…) ; 
  2. le rang de la France à l’ONU avec un cortège d’Etats clients qui votent à sa suite ; 
  3. le financement de la vie politique française, à travers des prélèvements sur l’aide publique au développement et la vente des matières premières ; 
  4. le rôle de la France comme sous-traitant des Etats-Unis auprès des pays d’Afrique. 
Assassinés, parce qu'ils ont désobéi aux ordres
Au Cameroun : L’UPC, luttait pour obtenir l’indépendance. Um Nyobé, le leader et ses camarades ont été massacrés entre 1957 et 1970 dans un bain de sang et les bombardements au napalm qui ont fait entre 100.000 et 400.000 morts.

Au Togo trois ans à peine après la proclamation de l’indépendance, Sylvanus Olympio, le premier président démocratiquement élu , est assassiné le 13 janvier 1963 par le sergent Étienne Eyadema à la tête d’une clique d’anciens soldats, après la guerre du Vietnam. Ils ont fait un coup d’État avec l’appui de l’officier français qui était chargé de la sécurité du président Olympio. Après avoir passé plus de quarante ans au pouvoir, Étienne Eyadema, décédé en 2005, a été remplacé par son fils Faure Eyadema avec l’appui de la France.

En Centrafrique, il y avait un homme d’État prometteur, Barthélemy Boganda qui a été tué dans un accident d’avion le 29 mars 1959, entre Berberati et Bangui, alors qu’il était en campagne à l’intérieur de son pays. Abel Goumba, médecin diplômé d’outre-mer, ministre d’État et président du Conseil de gouvernement, est chargé de l’intérim. David Dacko, jeune instituteur et héritier spirituel de Barthélemy Boganda , avec l’appui des milieux français de Bangui, réussit à écarter Abel Goumba de la succession. Le chef d’état major le colonel Jean Bedel Bokassa est propulsé au pouvoir le 1er janvier 1966 avec la bénédiction de la France qui profite pour ériger le pays en Empire et piller les ressources centrafricaines. La suite ? Bokassa tombe et meurt dans la misère.

Aux Comores , deux chefs d’État ont été assassinés et deux autres ont été déposés par le mercenaire Bob Denard. Au Niger , dès que Hamani Diori a voulu vendre son uranium à un autre pays autre que la France , il a été déposé par un coup d’État tat militaire au cours duquel il perdit la vie.

Au Gabon, Léon M’ba est réinstallé le 19 février 1964 par les parachutistes français à la présidence. Le président démissionne de son poste pour marquer sa réprobation. Le diplomate Germain M’ba dénonce cette attitude néocolonialiste de la France. Il devient le paria de la communauté officielle franco-africaine. Il se réfugie d’abord à Brazzaville d’où il est expulsé peu après par les hommes dépendant des services de Jacques Foccart. Il s’installe à Kinshasa, où il est emprisonné pendant un mois. Rentrant du cinéma, Germain M’ba est finalement abattu à l’entrée de sa résidence à Libreville le 18 Septembre 1971. Sa femme et sa fille sont blessées. Son cadavre disparaît. Et depuis, rien sur cette rocambolesque affaire.

Toujours des pans d’ombres sur la longue liste des 22 présidents qui ont été cruellement assassinés étant au pouvoir et dont voici les noms :
  1. 1963 : SYLVANUS OLYMPIO, Président de la République du TOGO –
  2. 1966 : JOHN-AGUIYI IRONSI, Président du NIGERIA
  3. 1969 : ABDIRACHID-ALI SHERMAKE, Président de la République de SOMALIE
  4. 1972 : ABEID-AMANI KARUMÉ, PPrésident de la République de ZANZIBAR
  5. 1975 : RICHARD RATSIMANDRAVA, Président de la République de MADAGASCAR
  6. 1975 : FRANÇOIS-NGARTA TOMBALBAYE, Président de la République du TCHAD
  7. 1976 : MURTALA-RAMAT MOHAMMED, Président de la République du NIGERIA
  8. 1977 : MARIEN NGOUABI, Président de la République du CONGO-BRAZZAVILLE
  9. 1977 : TEFERI BANTE, Président de la République d'ETHIOPIE
  10. 1981 : ANOUAR EL-SADATE, Président de la République d’EGYPTE
  11. 1981 : WILLIAM-RICHARD TOLBERT, Président de la République de LIBERIA
  12. 1987 : THOMAS SANKARA, Président de la République de BURKINA-FASO
  13. 1989 : AHMED ABDALLAH, PRÉSIDENT DE LA RÉP. DES COMORES
  14. 1989 : SAMUEL-KANYON DOE, Président de la République de LIBERIA
  15. 1992 : MOHAMMED BOUDIAF, Président de la République d’ALGÉRIE
  16. 1993 : MELCHIOR NDADAYÉ, Président de la République du BURUNDI
  17. 1994 : CYPRIEN NTARYAMIRA, Président de la République du BURUNDI
  18. 1994 : JUVÉNAL HABYARIMANA, Président de la République du RWANDA
  19. 1999 : IBRAHIM BARRÉ-MAÏNASSARA, Président de la République du NIGER
  20. 2001 : LAURENT-DÉSIRÉ KABILA, Président de la République du CONGO-KINSHASA
  21. 2009 JOÃO BERNARDO VIEIRA, Président de la République de GUINEE-BISSAU
  22. 2011 : MOUAMMAR KHADAFI, Président de la République de LIBYE

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