Nous sommes tous des migrants, soit personnellement, soit par le biais de nos ancêtres. Le préjugé contre les migrants pauvres trouve son origine dans l’idée selon laquelle les plus aisés (les migrants antérieurs) n’ont pas envie de partager avec les nouveaux les privilèges acquis. Historiquement, le problème s’apparente à la dichotomie entre les nobles et les plébéiens et à celle entre les héritiers et les non-héritiers.

La grande préoccupation de Chausovsky3 fut le droit des migrants, ces êtres humains qui ont toujours existé, qui ont toujours eu des difficultés et qui, aujourd’hui, voient leur situation s’aggraver dans de nombreuses régions du monde. À cet égard, nous devons commencer par diminuer l’intensité de cette dichotomie entre nous et eux. Nos grandsparents et arrière-grands-parents furent des migrants venant d’Europe ou d’autres territoires. Les peuples originaires ne sont pas si originaires, puisqu’il y eut des migrations précolombiennes. Selon les anthropologues, toute la population d’Amérique est arrivée ici à pied depuis le détroit de Béring. Bien plus : il semble que l’humanité toute entière ait pour origine l’Afrique. Par conséquent, nous sommes tous, en fin de compte, des migrants africains : il est donc paradoxal que certains d’entre nous, en Espagne, en Italie ou dans d’autres points d’accès, empêchent de nos jours l’entrée d’autres semblables qui essaient de suivre le même chemin.











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