Paris. Avril 2019. Mehdi Qotbi célèbre les cinquante ans de son activité artistique sur les Champs Elysées, dans l’hôtel Marcel Dassault, siège d’Artcurial. L’artiste, redevenu lui-même, affiche, sans ambages, sa joie de revivre un vernissage après plusieurs années d’absence.




Le président des musées marocains peut se prévaloir d’un bel activisme pour le rayonnement culturel du Maroc. Les expositions prestigieuses se succèdent. Les partenariats avec les institutions internationales se multiplient. Je revois Mehdi Qotbi en tête à tête le lendemain matin. Il me confie son désir de se retirer le plus possible dans son atelier : « J’ai besoin de cette solitude de la création, de ce dialogue avec mes pinceaux et mes peaux de peinture, de ce corps à corps avec la toile, sans regard extérieur qui scrute et juge. Je n’oublie pas que je suis né artiste peintre, que je serai artiste peintre jusqu’à mon dernier souffle. La peinture est mon seul langage ». Les projecteurs brûlent ce qu’ils adorent. Le regard, adouci par la fatigue, en attente d’une salutaire tornade créative, semble chercher la muse boudeuse. Pour un peintre, il n’est d’autre univers intelligible, d’autre activité vitale, d’autre raison d’être, que la peinture. La peinture est contemplation, méditation, pénétration dans l’essence de la vie. Le grand commis des arts, à l’affût des rencontres providentielles, des négociations essentielles, des opportunités évènementielles, se retrouve, à l’âge de la retraite, devant une alternative démentielle, poursuivre sa brillante carrière de lobbyiste ou reprendre sa frétillante vocation d’artiste. 

Mustapha Saha 
Sociologue, poète, artiste peintre 

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