Juan Goytisolo, extrait de « Métaphores de la migration. À Marco Kuntz », Forum Mouvements Humains et Migrations, IEMED, Barcelone, 2004. 
« L’homme n’est pas un arbre : il est dépourvu de racines, il a des pieds, il marche (...) Aujourd’hui, les cigognes émigrent vers la Forteresse Europe et de leurs nids des murailles de Marrakech, elles volent à travers l’espace de Schengen, mais pas les hommes et les femmes qui les contemplent. Nous vivons une époque où les biens, les capitaux et les marchandises circulent sans entraves et où les personnes pensent à un impossible visa ou risquent leur vie pour atteindre le rivage interdit. Beaucoup sont attrapées sur les côtes espagnoles ou italiennes, d’autres moins chanceux, reposent au fond de la mer. Les cigognes ont plus de chance qu’eux. Nous voulons tous être des cigognes, mais beaucoup ne le peuvent pas. Et ceux qui y parviennent sont vus par beaucoup comme des envahisseurs : métaphores, xénophobes de la sauterelle, du termite ou du rat qui rongent nos structures communautaires, polluent notre sol de leur altérité perturbatrice ». 






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