"Comment me voyez-vous donc ?" Voilà une question idiote dont la réponse ne peut être qu'également idiote ! La bonne question est plutôt celle-ci : "Comment me vois-je moi-même ?" Voyons voir !

Je suis un enfant de la désespérance à l’heure de l’exode généralisé du courage vers le royaume des lâchetés. Sans foi en quoi que ce soit, sans courage notable face à moi-même et sans le moindre « nif » opposable à l’adversité. Un va-nu-pieds et un "sans-culotte". Un ver intestinal fait voyeur. Un voyou des débandades déguisées en tirades. Un manouche des mots, en somme.

Tantôt dandy, maquillant mes crachats de mercis et de « je-vous-en-prie » ; tantôt voleur de lumière. Toujours par inadvertance. Par la magie de ces pulsions anales qui, depuis belle lurette, ont transformé mon phrasé en "territoire occupé".

Je crie parce que je ne sais pas chuchoter. Je parade en discoureur de l’étanche, multipliant les effets de manche. Un prophète sans dieu annonçant, énonçant, dénonçant, prononçant, ex cathedra, jusqu’à la lie, les dix commandements d’un ciel souverainement, exclusivement avalé par une OPA.

Cyclothymique. Narcissique. Pathétique. Et, je m’en fous !

En vérité, je vous le dis : Je ne suis qu’un horrible chacun fatidique, d’une inconstance à faire plier les falaises de l’Atlantique...de rire !

Je suis une chanson composée par le silence de l’affliction ; un air sorti tout droit d’une flûte désenchantée, quoique déjantée ; une prise de sons en aphonie avancée.
Je suis un calame qui ne cherche qu’à sévir, qu’à emmerder les malhonnêtes gens de v(n)otre espèce. Un sadique cocufié par son ego et ivre de désamour. Une puce qui s’en est allée kiffer –connerie oblige !- jusqu’à l’asphalte de l’ethos pour ne plus avoir à se nourrir du sang des sales peaux de v(n)otre trempe. Vieilles peaux ! Tfou !

Ne cherchez donc pas à m’encarter dans quelque palabreuse tribu "boulitique" ou une scabreuse velléité morale; je ne m’enverbe que par moi-même !

Aussi, pour cela, m’assouvirai-je moi-même d'absurde jusqu’à l’extinction de ce qui me sert d’être et d'étantité.

Ne me demandez donc mon avis sur rien ! Le Rien ne m’a jamais tenté hors du Tout. Mon rien, messieurs les Maîtres du sur-place et du temps, est le Sublime à particule que voici : Rien du Tout ; ce même Tout qui n’est, en vérité, rien. Point, c’est tout.

Un manouche des mots, vous dis-je. Ni plus ni... plus !
Puis-je avoir la paix maintenant ?

Abdessamad Mouhieddine
Journaliste

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