De retour sur le devant de la scène, le Youtubeur CopyComic continue d’épingler les grands noms du stand-up qu’il accuse de plagiat. L’affaire éclabousse la scène française, mais elle a le mérite de nous interroger sur les méthodes d’écriture des spectacles d’humour.



Si la science a fait d’énormes progrès au cours des derniers siècles, il est un domaine qui lui résiste encore : l’origine des blagues. Comment naissent-elles ? Et comment identifier avec certitude leur géniteur ? Mystère !

Du moins peut-on, de mieux en mieux, détecter ceux qui n’en sont pas les auteurs, alors qu’ils font mine de l’être. Ainsi la chaine CopyComic sur internet s’est-elle donnée pour mission de débusquer ceux qui, parmi les humoristes français, s’en vont piocher clandestinement chez leurs homologues anglo-saxons.

Tomer Sisley, Jamel Debbouze, Roland Magdane, Malik Benthala… ont ainsi été pris en flagrant délit de plagiat. Ou encore Gad Elmaleh, lequel n’a guère apprécié de se faire pincer. Il réplique sur le terrain du droit : son avocate réclame la suppression des vidéos qui le mettent en cause, au motif qu’il s’agit d’une « atteinte aux droits voisins du droit d’auteur » (ce qui ne manque pas d’ironie).

Cette pratique du copié-collé n’est évidemment pas propre au monde de l’humour. Mais elle interroge cet art populaire, essentiellement oral, où il est difficile de faire la part des choses entre ce qui relève de la simple citation, de l’hommage, et du vol caractérisé. D’où l’intérêt de s’interroger sur les ficelles du métier.

« Pomper, c’est tromper ? »

Vidéos :

Christine Berrou :
Une blague c’est un texte comique. C’est une écriture, un vécu, un choix, une rythmique. Pourquoi on protégerait un romancier et pas un humoriste ?


Antoinette Colin :
Le stand-up est un énorme business. On ne parle pas de petits artistes en développement qui se mènent des guerres, il y a de grosses sommes en jeu dans les affaires de plagiat. Il nous reste un vrai travail à faire en France sur la reconnaissance des auteurs. Sans auteur, et donc sans texte, un humoriste n’a rien à donner.


Alex Ramirès :
Parfois pendant le processus d’écriture on se dit qu’on a trouvé une rythmique, et on comprend a posteriori d’où elle vient, notamment quand on revoit un one man show qu’on aime bien. S’il y a juste une similitude dans la rythmique mais que le mot et le contexte sont différents, je pense, peut-être à tort, que cela peut aller. C’est lorsqu’un humoriste reprend une même blague, une même phrase et un même thème que cela pose problème.


Mathias Sénié :
Un texte peut être joué d’un million de façons différentes. Cela peut prendre un nouveau sens avec chaque interprète, et ça c’est précieux. Cela relativise la question du texte.





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