De plus en plus des personnes avisées font part de leurs craintes et alertent contre une accélération de la fuite des capitaux. Face à la pression populaire, le régime en place se fissure. Des responsables politiques et des hommes d’affaires quittent le navire et sont en train de transférer leurs biens vers l’étranger. 

“Pendant que les Algériens sont occupés à en finir avec l’ordre autoritaire, la caste des affairistes tente de sauver les fortunes accumulées. Plusieurs personnalités politiques avisées soupçonnent des transferts illicites de capitaux vers l’étranger, alertent et interpellent les autorités compétentes à agir avant qu’il ne soit trop tard. Il est vrai qu’en cette période pleine de doutes, les têtes d’affiche de la corruption seraient tentées de quitter le pays avec ‘coffres et bagages’”, alerte El Watan.

La préservation des réserves de change du pays est le sujet de toutes les attentions et de toutes les inquiétudes au cours de la période actuelle.”

Le site signale que, le 24 mars, l’Ordre des avocats d’Alger a “carrément demandé au gouverneur de la Banque d’Algérie et aux directeurs des banques de ‘ne plus valider’ et de ‘ne pas régler tous les contrats et toutes les opérations commerciales de certains intérêts privés’ et de veiller à ‘éviter la dilapidation de l’argent public’”.

Un pillage organisé
“La réaction des avocats d’Alger est très symptomatique du climat politique actuel. L’image de cercles de dirigeants occupés à vider les caisses de l’État et à épuiser nos dernières marges de manœuvre financières est aujourd’hui largement répandue dans l’opinion nationale.” Une image désormais partagée “parmi les milieux, plus avertis, des experts et des spécialistes de l’économie algérienne”, relève TSA, qui cite notamment le collectif d’experts algériens Nabni (“nous construisons”).

El Watan cite de son côté Me Mokrane Aït Larbi, “figure du barreau et personnalité politique de premier plan”, qui a adressé le 25 mars une lettre au procureur général de la cour d’Alger, “lui demandant de s’autosaisir des dossiers de corruption”. Et aussi l’économiste Smaïl Lalmas qui a affirmé, “lors d’une conférence de presse en début de semaine, qu’il détient ‘des informations de fuite de capitaux et d’octroi, ces derniers jours, de marchés antidatés. C’est un pillage organisé.’”

Le quotidien rappelle qu’en Algérie, sous le règne de Bouteflika, “la corruption a connu des pics inégalés. Elle est proportionnelle aux gigantesques dépenses publiques. C’est une des raisons qui ont poussé les millions d’Algériens à sortir dans la rue pour ‘dégager’ le système et son personnel et exiger des comptes. La transition vers un nouveau système fondé sur la transparence passe nécessairement par le devoir de rendre des comptes.”




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