Les élites de l’establishment ont toujours eu une prédilection pour les changements de régime. De toute évidence, cette stratégie aide à éliminer les États-nations qui pourraient ne pas coopérer à leurs plans futurs pour un ordre économique et politique mondial entièrement centralisé. 

Nous avons également vu des changements de régime se produire lorsque d’anciens chefs marionnettistes deviennent des voyous et refusent de suivre le scénario qu’on leur a donné. La plupart de ces hommes ont agi comme des dictateurs et ne sont pas des personnalités publiques très empathiques, de sorte que nous nous soucions rarement quand ils sont renversés ou assassinés. Cela dit, de tels événements ont toujours des implications plus larges. 

Je crois que les raisons du changement de régime et de la déstabilisation de certains pays ont évolué ces dernières années. Dans le passé, il s’agissait d’intégrer chaque pays dans le nouvel ordre mondial. Aujourd’hui, l’objectif semble être une tentative de créer des points de tension à l’échelle mondiale. En d’autres termes, les élites veulent attirer une grande partie du monde dans diverses formes de conflits, et elles utilisent des régions spécifiques du globe comme points de jonction pour ces conflits. 

La Syrie était et est toujours l’un de ces points de jonction. La transmutation de la Syrie a commencé comme une extension du printemps arabe. Les coups d’État financés et organisés par l’Occident en Tunisie, en Libye et en Égypte ont inspiré encore plus d’extrémisme ainsi qu’un vaste flux d’armements de qualité militaire sur le marché noir. La CIA sous l’administration Obama en particulier a profité de ce chaos pour remplir les camps d’entraînement en Jordanie de « rebelles modérés », les mêmes rebelles qui allaient s’émanciper pour lancer ISIS et déclencher une guerre civile en Syrie. 

Alors que le programme d’un milliard de dollars pour armer et approvisionner les groupes rebelles syriens, dont beaucoup étaient étroitement liés à ISIS, a finalement « officiellement pris fin » sous l’administration Trump en 2017, les États-Unis ont continué à soutenir ces groupes sous couverture, aussi supportés par les incursions israéliennes dans l’espace aérien souverain syrien. 

La situation en Syrie a eu le potentiel d’attirer de multiples nations, hostiles les unes avec les autres, dans une zone étroite, y compris les États-Unis, la Russie, Israël et l’Iran. Ce n’était pas une erreur, c’était entièrement délibéré. 

J’ai mis en garde contre l’exploitation potentielle de la Syrie en tant que point de tension mondial pendant des années avant que l’insurrection réelle n’ait lieu en raison des alliances militaires uniques dans la région. La seule raison pour laquelle la Syrie n’a pas encore été exploitée au maximum de son potentiel est l’exposition effective du complot par les médias alternatifs. La pression de l’establishment pour utiliser les troupes américaines pour aider les extrémistes de ISIS à renverser la présidence de Bachar al-Assad a été contrecarrée. À l’origine, les médias grand public dépeignaient les groupes style ISIS comme des rebelles courageux qui luttaient pour la liberté. Cela s’est terminé après que les médias alternatifs ont inondé la toile de preuves de génocide et d’atrocités perpétrés par ces rebelles. 

Si l’opinion publique américaine et les troupes américaines avaient été amenées à s’impliquer encore davantage en Syrie et à aider ISIS à renverser Assad, cela aurait pu nous pousser à une confrontation directe avec la Russie, l’Iran ou les deux. Nous serions considérés comme les méchants, soutenant les monstres qui commettent des crimes de guerre au nom d’une idéologie que de nombreux Américains méprisent. 

Ceux qui ne connaissent pas le concept du faux paradigme Est/Ouest n’auraient probablement pas compris pourquoi l’establishment voulait délibérément saper la position géopolitique ou économique de l’Amérique. Une fois qu’ils comprennent que la Chine et la Russie entretiennent des liens étroits avec le cadre globaliste et qu’ils représentent une fausse opposition au « nouvel ordre mondial », la réalité de la situation devient plus claire. 

Je recommande mon article « Dans le nouveau Monde Multipolaire, les globalistes contrôlent toujours tous les acteurs » pour avoir des faits et des preuves sur cette dynamique. La déstabilisation artificielle des États-Unis et de certaines parties de l’Europe, ainsi que la montée en puissance de l’Est, ont pour but de faire disparaître le modèle économique actuel des nations souveraines et des monnaies dirigées par le dollar américain comme monnaie de réserve mondiale. Cela laisserait un vide dans la structure économique mondiale, un vide que les élites envisagent de combler avec un nouveau système centralisé de monnaie unique mondiale. 

Ce système, qui sera géré par le FMI, a été ouvertement soutenu par les gouvernements chinois et russe. L’illusion que l’Est s’oppose d’une façon ou d’une autre au Nouvel ordre mondial se dissipe lorsque nous examinons ses alliances de longue date avec la cabale bancaire, ainsi que les programmes du FMI que l’Est défend maintenant. Mais comment les élites envisagent-elles d’amener les masses à s’adapter à un changement historique et douloureux de l’architecture économique mondiale ? 

À mon avis, les affrontements dans des régions de confluence comme la Syrie sont censés mener à la guerre mondiale, non pas sous la forme d’une guerre nucléaire, mais sous la forme d’une guerre économique totale et de guerres chaudes régionales plus circonscrites. Il y a une autre nation en dehors de la Syrie sur laquelle je mets également en garde depuis de nombreuses années en tant que nœud de tension potentiel, ou ce que les élites pourraient appeler un « domino ». Cette nation, c’est le Venezuela. 

Dans mon article « Comment un effondrement au Venezuela pourrait déclencher la loi martiale aux États-Unis », publié en mai 2016, j’ai décrit comment la structure socialiste du Venezuela en particulier était si instable que la moindre poussée pouvait faire basculer le pays tout entier. Le Venezuela s’est en effet effondré sur le plan économique au point où la loi martiale est le seul pilier de l’unité du système. 

J’ai également averti qu’un effondrement du Venezuela pourrait s’étendre aux pays voisins, déjà affaiblis par les incertitudes budgétaires et la dette. Un tel effondrement en Amérique du Sud correspond assez étrangement au scénario décrit dans l’opération Garden Plot et Rex 84, un plan secret du Pentagone exposé lors de l’affaire Iran/Contra qui utiliserait les migrations massives d’Amérique du Sud ou centrale comme justification pour appliquer des mesures de loi martiale aux États-Unis. 

Au cours des derniers mois, toutefois, l’administration Trump a ajouté une nouvelle dimension au problème. L’élargissement des sanctions contre le Venezuela ajoute du feu aux flammes de l’effondrement économique. Avec une position encore plus agressive contre Nicolas Maduro, y compris une éventuelle action militaire, la perspective d’un coup d’État direct mené par les États-Unis est maintenant sur la table. 

On pourrait penser que si le gouvernement américain voulait une rupture au Venezuela, il n’aurait qu’à attendre que la nation socialiste implose en raison de ses propres politiques économiques défaillantes. Mais apparemment, le pays ne s’effondrait pas assez vite pour les élites. Ma théorie est que l’objectif est de créer une autre Syrie, mais cette fois-ci beaucoup plus près des frontières américaines. 

Le Venezuela entretient des liens étroits non seulement avec la Russie, mais aussi avec la Chine. Les liens militaires du Venezuela avec la Russie sont bien connus. Ses forces armées sont encore aujourd’hui approvisionnées par la Russie, qui s’est vivement opposée à toute intervention militaire américaine dans la région. 

La Chine et la Russie continuent de soutenir Nicolas Madruro en tant que président du Venezuela face à l’opposition du leader de l’assemblée, Juan Guaido. Les États-Unis et un certain nombre de pays européens soutiennent Guaido. La question est de savoir jusqu’où ira une confrontation au Venezuela ? 

L’engagement des États-Unis en Amérique du Sud et en Amérique centrale n’offre pas une belle image. Les coups d’État de l’ère Reagan dans des pays comme le Salvador au nom de l’arrêt du communisme ont créé non seulement la guerre civile, mais aussi l’installation de dictateurs et de régimes plus violents (informez-vous sur les escadrons de la mort White Hand au Salvador pour les vilains détails). Ce n’est pas par hasard si nous avons également assisté à l’utilisation d’escadrons de la mort et d’extrémistes dans la déstabilisation de la Syrie. 

Je trouve intéressant que des extrémistes de gauche comme Ilhan Omar s’intéressent soudain à révéler la nature sournoise de telles tactiques. Ils restent résolument silencieux sur le même type de subversion en Syrie, et poussent agressivement pour une présence américaine continue là-bas. Je soupçonne qu’il s’agit peut-être d’une tentative de l’establishment pour obtenir un soutien conservateur en faveur d’un coup d’État mené par les États-Unis au Venezuela. Quelle que soit l’attaque de leurs marionnettes gauchistes, on est censés s’en défendre, non ? 

Mais dans ce cas, l’administration Trump est tout aussi insidieuse que les gauchistes dans ses activités, et soutenir un tel coup d’État serait un affront aux vrais principes conservateurs. 

Il convient de noter que l’armement et l’entraînement des insurgés en Syrie ont commencé sous couverture. À l’époque, cela s’appelait « aide humanitaire ». Au Venezuela, les États-Unis offrent une fois de plus une « aide » au peuple vénézuélien et au parti d’opposition, convoyée par un avion militaire américain. L’establishment n’est généralement pas très créatif dans ses tactiques ; il utilise simplement les mêmes méthodes encore et encore parce que, historiquement, il réussit plus qu’il n’échoue. 

Si cette dynamique se reproduit au Venezuela, je prévois une réaction économique immédiate et agressive de la part de la Russie et de la Chine, y compris une nouvelle excuse pour que la Chine se débarrasse de ses avoirs en bons du Trésor américain et de ses réserves en dollars, tuant ainsi le statut de réserve mondiale du dollar. Les États-Unis seraient les plus durement touchés par cette réinitialisation, et avec l’administration Trump dirigée par des bellicistes globalistes comme John Bolton, il y aurait peu de sympathie de la part du reste du monde lorsque les conséquences nous tomberont dessus. 

Ce n’est pas un hasard si la situation avec le Venezuela s’accélère au moment même où les tensions entre les États-Unis, la Chine et la Russie s’exacerbent. Si l’on ajoute à cela un autre conflit régional semblable à celui de la Syrie en plus de la guerre commerciale, le risque d’une « troisième guerre mondiale » financière est élevé. S’il se déroule de manière ininterrompue, un tel événement offre une couverture encore plus grande à la « réinitialisation globale » et au passage à un modèle économique mondial unique. De plus, une épidémie d’effondrement en Amérique du Sud pourrait conduire à l’afflux de vastes caravanes de migrants à la frontière sud des États-Unis, bien au-delà de ce que nous avons déjà vu. Comme c’est souligné par les documents de l’opération Garden Plot, cela serait inévitablement utilisé comme justification pour prendre des mesures en vue de la loi martiale. 

Brandon Smith




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