Le terme « prisonnier » vient du mot « prison », un lieu dont le but est de priver l'homme de liberté. Il paraît évident que le temps, qui n'a pas d'existence matérielle, physique, n'emprisonne pas l'homme comme le ferait une prison au sens juridique du terme. Le temps ne peut a priori pas priver l'homme de sa liberté de mouvement; de voir ses proches, etc.

De plus, on utilise dans le langage courant des expressions comme « emploi du temps », « perdre son temps », des expression qui laisseraient penser que non seulement l'homme n'est pas prisonnier du temps mais qu'il dispose du temps, qu'il l'utilise à sa guise, qu'il peut le gérer.

Pourtant, on constate aisément dans la vie de tous les jours que la vie de l'homme est réglée en fonction du temps, il est obligé de respecter des horaires, ses périodes de sommeil correspondent le plus souvent aux périodes de nuit, etc.

Cette vie réglée selon des horaires est-elle la seule contrainte que le temps impose à l'homme? Sur quels autres points le temps influence-t-il sa vie ? Cette influence est-elle suffisamment forte pour priver l'homme de sa liberté d'action, et en faire un « prisonnier du temps » ? Si c'est le cas, l'homme peut-il échapper à sa condition et recouvrir sa liberté ? Par quels moyens ?

La première chose qui nous vient à l'esprit lorsque l'on pense aux contraintes imposées par le temps, c'est la contrainte des horaires. L'homme a en effet procédé à un découpage numérique du temps en fonction du mouvement du soleil par rapport à la Terre (bien que ce mouvement ne soit qu'apparent, c'est en vérité la Terre qui est en mouvement). Il a également découpé le temps à une échelle plus grande, en se basant cette fois sur le mouvement cyclique des astres (le mouvement de la Terre autour du soleil notamment). Ce découpage a abouti à la division du temps en journées, divisées elles même en heures, divisées en minutes, divisées en secondes, etc.

Ce découpage permet évidement à l'homme de faciliter sa vie en société, mais il lui impose en même temps des contraintes, des obligations : il faut qu'il soit à telle heure au travail, il a droit à tel nombre de jours de repos, il faut qu'il ait vécu un certain nombre d'année pour voter... On pourrait multiplier les exemples, et on se rend compte qu'il n'existe pas de lois (dont la fonction est de régir la vie en société) ne prenant pas en compte le facteur temps.

On peut objecter que certaines sociétés vivent sans ce découpage temporel, avec moins de contraintes sociales, par exemple certaines sociétés qui vivent à l'écart du monde, loin de notre société de progrès (certaines tribus d'Amazonie par exemple). Mais ces sociétés ont tout de même une vie réglée par le temps. Certes, celui-ci ne sera pas dénombré en heures, en minutes, mais il correspondra à des périodes d'ensoleillement, à des saisons, etc.

La première contrainte imposée par le temps est celle des horaires. Cependant, c'est finalement une contrainte que l'homme s'est imposé lui-même par ce découpage numérique. Qui plus est, ces contraintes sont peut-être plus dues à la vie en société qu'au temps lui-même. Qu'est ce qui, dans la nature même du temps, pose problème à l’homme ? 




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