1984. Pour beaucoup de personnes à travers le monde, c’est le titre du célèbre roman dystopique de George Orwell. Pour les Marocains du monde, c’est surtout la première expérience de participation aux élections marocaines avec des représentants au Parlement. D’une certaine manière, le Maroc a été un précurseur dans la représentativité politique de la diaspora, anticipant ainsi les expériences plus récentes de l’Algérie, de la Tunisie, de la Mauritanie ou de la France.

Une expérience qui sera malheureusement abandonnée en 1993, laissant des millions de Marocains résidant à l’étranger orphelins politiques au Parlement. Si le discours des autorités marocaines concernant les MRE a considérablement changé ces dernières années, parlant même de citoyens d’ici et de là-bas, plusieurs voix au sein de la diaspora pointent le fait d’être plus citoyens là-bas qu’ici, au Maroc.

Si le passeport et la carte d’identité nationale justifient administrativement votre marocanité, la citoyenneté moderne se fonde sur la participation politique faite du droit de vote et de représentation au sein de nos institutions. Les détracteurs de cette revendication ont avancé plusieurs raisons de cette non-participation : difficulté logistique d’un scrutin dans les différents pays de résidence, problème de la double citoyenneté et d’éventuelles tensions politiques avec le pays d’accueil, ou faiblesse de la participation.

Pourtant, depuis l’adoption de la nouvelle constitution, plusieurs formations politiques marocains ont déposé au parlement des propositions de loi afin d’intégrer un quota de sièges de députés pour la diaspora. Puis plus rien. Les propositions ont été mises en veille et les partis sont passés à d’autres priorités.

Mais en décembre, l’Istiqlal est revenu sur la question en proposant d’établir une 13e région qui permettrait la représentation des MRE à la chambre des conseillers. L’occasion pour nous de revenir sur cette revendication insistante au sein de la diaspora marocaine avec deux invités qui nous ont fait le plaisir de répondre présents.

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Invités de l’émission
Hamid Bichri : Basé à Bologne (Italie), Hamid Bichri est acteur associatif actif au sein de l’Union démocratique des associations des Marocains en Italie (UDAMI), a été responsable de projets relatifs aux mineurs étrangers non accompagnés dans la région Emilia Romagna, co-président de l’ANOLF provinciale (Association nationale outre les frontières), association du syndicat CISL (Confédération italienne des syndicats de travailleurs). Il est diplômé en sciences de l’éducation et de la formation pédagogique, médiateur culturel et parallèlement membre du CCME.

Abdelkrim Belguendouz : Professeur universitaire et chercheur à Rabat dans le domaine des migrations et des Marocains résidant à l’étranger, Abdelkrim Belguendouz, a publié, en août dernier, un nouvel ouvrage intitulé «Politiques migratoires marocaines en débat». Il y revient sur l’évolution de la scène migratoire marocaine et les politiques de ce domaine, de 2013 à 2018. Abdelkrim Belguendouz est l’auteur de plusieurs autres ouvrages traitant des questions migratoires en lien avec le Maroc : «Les Marocains à l’étranger, citoyens et partenaires», «L’ahrig du Maroc, l’Espagne et l’UE : plus d’Europe sécuritaire» ou encore «Marocains du pays et Marocains d’ailleurs : fracture citoyenne ?»

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