Non, ce n'est pas une info du journal satirique "Le Gorafi", mais bien une annonce qui émane de l'Etat Wahhabite. Les hommes pouvaient jusqu’à présent mettre fin à leur mariage sans en informer leurs épouses. Une nouvelle réglementation, assez insolite, oblige maintenant les tribunaux de notifier aux femmes par SMS les changements de leur statut matrimonial. Une sorte d'évolution des droits de la femme dans le royaume d'Arabie séoudite ! 

Avant, les Saoudiens pouvaient divorcer dans le secret total sans même en informer leurs épouses, mais cette pratique appartient désormais au passé. Depuis son entrée en vigueur le 6 janvier 2018, la nouvelle loi impose aux tribunaux d’avertir la femme, par un simple texto, qu'elle n'appartient plus à son homme « Les femmes seront notifiées de tout changement concernant leur statut matrimonial via un message SMS », a indiqué le ministère de la Justice saoudien dans un communiqué diffusé sur plusieurs médias locaux. « Les femmes concernées pourront consulter des documents liés à la rupture de leur contrat de mariage via le site internet du ministère », précise la même source. 

Une sorte d«évolution» des droits de la femme chez les wahhabites 
Cette nouvelle mesure, assez insolite, intervient depuis la désignation du sulfureux prince Mohammed Ben Salmane (MBS) comme principal héritier du trône. Il a entamé, depuis son accession au pouvoir, plusieurs réformes économiques, sociales et religieuses dans un pays ultraconservateur et particulièrement très sévère envers les femmes. Trois mois après avoir évincé son cousin Mohammed Ben Nayef de la « course » au trône, en décrochant le statut de prince héritier, en septembre 2017, le prince a annoncé la levée de l’interdiction faite aux femmes de conduire une voiture. Une sorte de « révolution » dans ce pays qui était jusqu’alors le seul dans le monde à appliquer cette règle, mais aussi un coup de publicité à l’international pour ce prince qui, sous ses airs de réformiste, avait fait arrêter un mois auparavant une dizaine de personnalités et militants pour les droits des femmes qui réclamaient justement ce « privilège ». Riyad les accuse de « traîtrise » au royaume et d’avoir entretenu « des contacts suspects avec des parties étrangères », apporté un soutien financier à « des éléments hostiles à l’étranger » et tenté de « porter atteinte à la sécurité et la stabilité du royaume ». Dans la foulée, les Saoudiennes ont pu célébrer les fêtes nationales mêlées aux hommes et seulement trois stades de football (Riyad, Djeddah et Dammam) vont désormais leur ouvrir les portes, alors même qu’elles étaient bannies des tribunes. 

Aussi, et dans le cadre de la Vision 2030 amorcée par MBS qui prévoit une augmentation de 30% de la participation des Saoudiennes dans la vie économique du pays, les femmes pourront aussi travailler dans le domaine de la restauration… mais uniquement dans 16 restaurants du pays. Une évolution certes, mais qui ne réduira pas de si tôt le taux de chômage auquel sont confrontées les Saoudiennes et qui s’élève à 33% alors que celui de la population active est de 12%.

Si la prise du pouvoir du très controversé MBS semble sur le papier donner une illusion de droits aux femmes, ces « privilèges » n'en demeurent pas moins verrouillés par nombre de conditions. Aujourd’hui encore, les femmes n’ont pas le droit de divorcer, d'ouvrir un compte bancaire, de trouver un emploi ou même subir une intervention chirurgicale sans l’aval de leurs tuteurs masculins qui peuvent être le père, le mari, le frère ou même le fils. Devant la justice, les femmes du royaume wahhabite, au même titre que les marocaines d’ailleurs, sont tout aussi lésées. Leur témoignage vaut la moitié de celui d’un homme, au même titre que la valeur de leur héritage... 
Dans certains pays, une Femme vaut la moitié d'un Homme ! On est encore à des siècles-lumière de la parité et égalité entre femmes et hommes. 







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