Le président a parlé. Je vais essayer de rester le plus factuel possible, ce qui n’est pas facile. Il y a les aides immédiates, et ces aides immédiates seront précieuses pour les plus fragiles. On ne peut évidemment pas y être opposé.

Aucune des mesures financières annoncées par Macron n’est mauvaise. La hausse de la prime d’activité liée au SMIC ne doit pas être confondue avec une hausse du SMIC de 100 euros pour tout le monde. Mais on ne peut pas être opposé à cela.

On ne peut pas non plus être opposé à ce que la hausse de la CSG soit retirée pour tous nos anciens jusqu’à 2 000 euros de pensions mensuelles.

Objectivement, le seuil est juste. À partir de 2 000 euros (quand on est en province), on peut vivre convenablement.

En dehors de cela, le président a ouvert la porte au dialogue… Allez dans vos mairies, remplissez vos cahiers de doléances et vos maires reporteront l’essentiel au Palais. C’est sur le besoin de démocratie directe évidemment que le bât blesse, et encore une fois, je reste persuadé que c’est là une attente profonde et nécessaire. Si l’entre-soi perdure, alors l’agitation insurrectionnelle perdurera quand bien même cette fois, les gens rentreraient dans leurs foyers.
Pour résumer, voici un peu comment on peut ressentir les choses.

L’État augmente la taxe sur l’essence.
Les gilets jaunes sortent dans la rue pour une révolte fiscale sans précédent.
La revendication ? « On veut une diminution des taxes. »
Puis… « On veut du pouvoir d’achat. »
Puis… après 3 semaines d’affrontements et de problèmes, le président annonce :
« J’augmente le SMIC (pas de tout le monde), je supprime la hausse de la CSG sur les retraités, je défiscalise les heures supplémentaires »…
Tout le monde devrait être content et pourtant…
Les gilets jaunes semblent répondre… « on veut un référendum ».
Le problème de la confiance perdue

Il y a une défiance terrible, terrible à l’égard de la classe politique en général et du président en particulier.

Quand on parle de « start-up nation », comme le faisait Macron (je pense que l’envie a dû lui passer), on parle d’entreprise. Quand on parle d’entreprise, on parle lorsqu’il y a un problème relationnel entre un salarié et son employeur de « perte de confiance ». Il n’y a aucune collaboration possible lorsqu’il y a une perte de confiance.

La seule façon de rétablir de manière solide la confiance n’était pas de faire un discours martial, quand bien même le besoin d’ordre est une nécessité. La seule manière de rétablir la confiance était d’annoncer le RIC, le Référendum d’initiative citoyenne, qui aurait été pris comme la garantie que plus rien désormais ne pourrait se faire contre le peuple et sans son assentiment.

C’est, je le crois, la demande sous-jacente qui aurait permis à tous de rentrer sans hésiter dans leurs logis.

Je crains donc fort que le conflit ne perdure et que nous allions vers un nouveau samedi difficile.

Je ne sais pas ce qu’il va advenir, mais je crains que la détestation du chef de l’État ne prenne le pas sur tout le reste et que la situation se tende encore un peu plus. Cette détestation est également instrumentalisée par certains. Personne n’a intérêt au pire et la tentation du pire est par définition toujours terrible.

La seule réponse du gouvernement sera donc la répression, et le cycle infernal de la violence risque de s’enclencher…

Il n’y a pas, pour le moment, de quoi être optimiste.

C’est la journée de samedi qui donnera donc le ton réel de la poursuite et de la force de la mobilisation ou pas. C’est samedi que l’on saura définitivement si nous sommes à la fin d’un mouvement social ou au début d’une insurrection.

Le mardi le bio est à -10 % chez Carrefour. Je vais donc aller chercher 10 boîtes de raviolis végétariens bio…

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !






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