48 heures après le déferlement de la vague sur les îles de Java et Sumatra, le bilan, provisoire, est de 373 morts et plus d’un millier de blessés.

Une vidéo postée sur YouTube, effrayante et dramatique, montre les derniers moments d’un paisible événement soudainement endeuillé par un tsunami qui vient, samedi 22 décembre au soir, de frapper l’Indonésie : sur une scène improvisée, le chanteur du groupe de rock Seventeen s’égosille devant un public assez calme, aux applaudissements mesurés. Le concert est organisé pour les familles de la compagnie d’électricité Perusahaan Listrik Negara, réunies sous une tente installée sur une plage de l’Ouest javanais. Soudain, la mer fait irruption : la vague emporte la scène et les musiciens ; un hurlement de terreur monte de l’assistance. Puis, plus rien : la vidéo s’interrompt.


Lundi 24 décembre, le bilan de ce tsunami qui a frappé les municipalités situées de part et d’autre du détroit de la Sonde, dans le sud de Sumatra et l’ouest de Java, s’élevait à 373 morts, 1 459 blessés et 128 disparus. Il devrait sans doute continuer à s’alourdir dans les jours qui viennent, au fur et à mesure de la progression des secours.

Des centaines de bâtiments ont été détruits par les deux vagues qui ont déferlé sur les rivages de plusieurs pages très touristiques. Notamment celle de Tanjung Lesung, là où se produisait le concert du groupe Seventeen. Elle attire entre autres, le week-end venu, de nombreux habitants de la capitale Djakarta, située à moins de deux cents kilomètres à vol d’oiseau, plus à l’est.

Aucune alerte au tsunami n’avait été déclenchée samedi car rien n’indiquait qu’une vague mortelle allait ravager les rivages à 21h30 (15h30 heure française). La catastrophe a cependant été causée par l’éruption, quelques heures plus tôt, du volcan Anak Krakatoa, qui dresse son cône dans le détroit de la Sonde. Les effets d’un séisme sous-marin provoqué par l’éruption se seraient ajoutés à ceux d’une marée particulièrement forte en ces jours de pleine lune. La combinaison de ces facteurs « a déclenché le tsunami qui a frappé la côte », a affirmé le porte-parole de l’Agence nationale de gestion des catastrophes, Sutopo Purwo Nugroho.

Archipel très instable
Près de trois mois après le tsunami qui a ravagé la ville de Palu, dans l’île de Sulawesi (nom indonésien de l’île des Célèbes), faisant plus de 2 000 morts et environ 5 000 disparus, la nouvelle tragédie qui frappe le très instable archipel indonésien aux 17 000 îles s’est produite dans un lieu emblématique des activités volcaniques et sismiques du pays.

En 1883, le volcan Krakatoa était entré en éruption au même endroit, provoquant l’une des plus grandes catastrophes des temps modernes : 30 000 personnes furent noyées dans le tsunami provoqué par l’éruption, des milliers d’autres moururent étouffées par les cendres du volcan dont la force éruptive correspondit à treize mille fois la puissance de la bombe atomique larguée sur Hiroshima. L’éruption avait été entendue à des milliers de kilomètres de là, provoquant une baisse de la température mondiale d’un degré.

En 1927, un autre volcan était venu remplacer celui que l’éruption avait fait disparaître : il se nomme l’Anak Krakatoa, ce qui signifie le « fils du Krakatoa ». C’est lui qui est entré en éruption vendredi après avoir donné des signes d’activité renouvelée depuis des mois.

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