Face à la montée du fascisme dans la société française, le collectif @RosaParks2018 lance une mobilisation nationale le 30 novembre et le 1er décembre, appelant toutes les victimes de discrimination à disparaître une journée.

Le slogan du collectif 
« Contre la gestion raciale des populations qui ne peut que provoquer la dislocation du lien social, voire injecter le poison de la guerre civile, NOUS, citoyens français, militants associatifs, politiques ou syndicaux, travailleurs, chômeurs, NOUS, Noirs, Marrons, Rouges, Jaunes, Gris, Blancs et pas très clairs, décidons de faire la grève de la France le 30 novembre et le lendemain, de célébrer une France de la justice et de la dignité, à l'appel le collectif Rosa Parks. » 
Les faits dénoncés par le collectif : 
  • Fusillade à Beaune cet été faisant plusieurs blessés graves aux cris de « sales bougnoules, vous n’êtes pas chez vous ici » dans l’indifférence des autorités publiques et dans un climat où l’extrême-droite la plus virulente est de plus en plus décomplexée,
  • Recrudescence des violences et crimes policiers encouragés par l’état d’urgence et ciblant en particulier les habitants des quartiers,
  • Propagande de masse contre l’immigration post-coloniale accusée en vrac et sans discernement d’être une 5ème colonne à l’origine du désordre social dont le terrorisme, l’antisémitisme, le sexisme et l’homophobie seraient les caractéristiques fondamentales comme si le reste de la population en était vacciné,
  • Aggravation de toutes les formes de discriminations : à l’emploi, au logement, à l’éducation tant dans le public que dans le privé,
  • Chasse aux migrants et aux sans-papiers dans une Europe aux prises avec ses démons fascistes qui grâce aux renoncements et complicités des pouvoirs en place mais également des formations de gauche « nationales-républicaines », étendent leur emprise petit à petit faisant craindre le pire,
  • Une justice aux ordres, indulgente avec les puissants et impitoyable avec les faibles et un système carcéral à son image : surpeuplé et destiné aux pauvres et aux « métèques »,
  • Répression du mouvement social (Nuit debout, La Zad, manifestations contre le Loi Travail…) et criminalisation de l’antiracisme politique, de BDS et de l’antisionisme,
  • Gestion coloniale des territoires et département d’outre-mer 
  • Enfin et surtout, poursuite des guerres impérialistes qui redoublent de férocité dans une période de forte compétition avec les nouvelles puissances régionales comme la Russie, la Chine, l’Iran ou l’Inde. Les vieilles puissances impérialistes effrayées par leur déclin mais toujours mues par leur appétit insatiable poursuivent leur infernal dessein : accaparer les richesses du monde et asservir les peuples provoquant guerres, famines et exodes forcés de populations. Dès lors, d’un côté, elles produisent les conditions d’où émerge et qui nourrissent le terrorisme ciblant cruellement les pays arabes et africains mais aussi les métropoles occidentales, et de l’autre, provoquent l’exil de millions de gens dont une infime partie vient frapper aux portes de l’Europe forteresse. En conséquence de quoi, celle-ci multiplie les lois, accords, dispositifs pour les empêcher de retrouver ici, une part de ce qui leur a été volé là-bas. 
C’est un cycle infernal et mortifère dont personne ne sortira indemne car l’ultra libéralisme dont Macron, Trump, May, Merkel sont les chantres couplés à la logique des Etats-nations dont la mission principale est d’assurer l’ordre et le contrôle via entre-autres une gestion raciale des populations ne peuvent que provoquer la dislocation du lien social, voire injecter le poison de la guerre civile. 

Pour toutes ces raisons, le collectif déclare : 
  • NOUS, militants, habitants des quartiers, femmes et hommes des cités, étudiants, travailleurs précaires ou non, sans papiers, migrants… 
  • NOUS, citoyens français, militants associatifs, politiques ou syndicaux, travailleurs, chômeurs 
  • NOUS, Noirs, Marrons, Rouges, Jaunes, Gris, Blancs et pas très clairs 
  • Réagir collectivement et de manière déterminée comme nous le propose le collectif Rosa Parks.
  • Ils ne veulent pas de Nous ? Ils ne peuvent plus nous voir en peinture ? Ils veulent nous voir disparaître comme par enchantement ? Exauçons ce vœu et disparaissons le 30 novembre de nos facs, de nos boulots, des réseaux sociaux, des grandes surfaces. Faisons la grève de la France pendant 24 heures. 
  • Disparaissons le 30/11 le plus visiblement possible pour dire notre colère devant l’injustice et la hogra ! 
  • Et réapparaissons, plus visibles que jamais, le 1er décembre, jour anniversaire du « NON » de Rosa Parks, un « NON » de dignité réclamant la justice et l’égalité citoyenne. Un « NON » qui allait marquer le début du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis et populariser la figure du célèbre pasteur Martin Luther King. Un « NON » qui allait marquer l’histoire américaine d’un souvenir indélébile. 
  • Réapparaissons, le 1er décembre 2018, pour fêter le 35e anniversaire de la Marche pour l’Egalité et contre le Racisme de décembre 1983. 
  • Réapparaissons le 1/12, visibles et ostentatoires, plus beaux et plus déterminés que jamais pour dire et réaliser nos espoirs de justice, et surtout notre refus absolu de la guerre civile en particulier et de la guerre en général.
Omar Slaouti : 
« On ne peut pas conjuguer son mécontentement avec les fous furieux de l’extrême droite »
Entretien avec regards.fr/la-midinale/

Sur le collectif Rosa Parks 
C’est un collectif qui s’est constitué il y a plusieurs mois, qui part d’un ensemble d’associations et de collectifs beaucoup mobilisés sur les questions de sans-papiers, de migrants, de l’antiracisme politique.
Le collectif a décidé de faire grève pour exiger l’égalité des droits.
Sur la mobilisation du 30/11 et le 01/12 
« Il y a un paradoxe c’est qu’on est hyper visible. »
« La meilleure façon de mettre la lumière sur celles et ceux qui sont les premiers visés - migrants, sans papiers, noirs, musulmans, arabes, tziganes, roms, des quartiers populaires -, c’est de disparaitre. C’est l’idée du 30 novembre. »
« Cet appel part d’un nous, de ceux et elles qui sont victimes du racisme structurel. »
« On est quelques uns à penser que le racisme est structurel, comme peut-être le sexisme et le patriarcat. »
« Le racisme, ça n’est pas le problème seulement des victimes, c’est un problème de la société. »
« C’est pas un problème de couleur de peau, c’est un problème de statut social. »

Sur la banalisation du racisme 
« Certains partis politiques se servent de l’antiracisme pour faire des voix. »
« C’est plus que de la banalisation du racisme, c’est de la normalisation. »
« On est passé à un degré de normalisation de l’inacceptable, et c’est ce degré de déshumanisation que l’on veut dénoncer. »

Sur la justice 
« Il y a un devoir de subversion qui doit s’imposer. On ne doit plus se laisser faire. Il faut opposer la légitimité à la légalité. »
« Il faut arrêter de nous faire croire à ces mythes de la République, égalitaire la main sur le coeur et puis on verse des grosses larmes. »
« Historiquement, la République est patriarcale, raciste et met de côté un ensemble de citoyens. »

Sur les clichés et les discriminations 
« Pour faire reculer les clichés, il faut que les premiers concernés prennent la parole. »
« Il faut redonner de la visibilité à ceux et celles qu’on a totalement réifié, chosifié, placardé à certains endroits et qu’on sort de temps en temps. »
« Notre antiracisme se revendique du féminisme et on estime qu’un féminisme conséquent doit assumer l’antiracisme. »
« Toutes celles et tous ceux qui se sentent abimé-es dans leur intégrité personnelle, physique et morale, doivent être au premier rang de ceux et celles qui luttent. »
« On refuse cette gradation de l’humanité, qui ferait des humains relatifs. »

Sur le racisme d’Etat 
« Il y a une gestion raciale des populations. »
« Nous combattons ces constructions sociales de la race. »
« Il y a une société qui est hiérarchisée et racialisée. »
« La gestion du contrôle au faciès fait partie de la gestion raciale. »

Sur la suite de la mobilisation 
« On a la prétention d’inscrire le 1er décembre 1955, le jour où Rosa Parks a refusé de laisser sa place à l’avant d’un bus. »
« On a cette ambition folle que chaque 1er décembre soit une journée de grève en solidarité avec ceux et celles qui sont victimes du racisme structurel et des inégalités sociales. »
« Le collectif n’est pas un marche-pied pour aller aux élections. »
« L’idée, c’est d’interpeller l’ensemble de la classe politique. »

Sur la mobilisation du 17 novembre 
« On est tous logé à la même enseigne, les fameux 99%. »
« Il va falloir que toutes celles et ceux qui subissent des oppressions spécifiques soient entendus. »
« Ce qu’on dit, c’est qu’il y a des problématiques d’ensemble du néolibéralisme, parce que les gens ont un pouvoir d’achat très faible, parce qu’on casse les services publics, donc il y a toutes les raisons d’être mécontents ce 17 novembre. »
« On ne peut pas conjuguer son mécontentement avec des fous furieux du Rassemblement National. » 

Premiers signataires : 
  • Norman Ajari (philosophe, université Toulouse Jean Jaurès), 
  • Adel Amara (militant antiraciste),
  • Sihame Assbague (journaliste et militante antiraciste),
  • Ibrahim Bechrouri (doctorant à l'université Paris 8),
  • Farid Bennai (militant au FUIQP, Front Uni de l’Immigration et des Quartiers Populaires), 
  • Mohamed Bensaada (militant du Syndicat des Quartiers Populaires de Marseille),
  • Aziz Bensadek (militant du FUIQP Marseille),
  • Hourya Bentouhami (maitresse de conférence, université de Toulouse Jean-Jaurès), 
  • Amal Bentounsi (co-fondatrice du collectif Urgence Notre Police Assassine), 
  • Wiam Berhouma (enseignante et militante antiraciste),
  • Said Bouamama (sociologue, membre du FUIQP),
  • Alima Boumediene Thiery (membre de Femmes Plurielles),
  • Youssef Boussoumah (membre du Parti des Indigènes de la République), 
  • Houria Bouteldja (membre du Parti des Indigènes de la République), 
  • Ismahane Chouder (militante féministe et antiraciste, membre de Participation et Spiritualité Musulmanes),
  • Raphaël Confiant (universitaire et écrivain martiniquais), 
  • Rokhaya Diallo (journaliste et réalisatrice),
  • Elie Domota (LKP),
  • Nacer El Idrissi (membre de l’Association des Travailleurs Maghrébins de France),
  • Mireille Fanon Mendès-France (Fondation Frantz Fanon), 
  • Ouissame Ghmimat (AMDH-Paris /IDF),
  • Kamel Guemari (délégué syndical FO Mac Donald, St Barthélémy, Marseille),
  • Nacira Guénif (professeure à l’Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis, militante décoloniale),
  • Rédouane Ikil (Liberté et justice pour Redouane Ikil),
  • Malika Hamidi (sociologue), 
  • Anasse Kazib (cheminot, militant Sud-Rail),
  • Radouane Kebdi (président de Droit à la différence sans différence de droits),
  • Franco Lollia (porte-parole de la Brigade Anti-Négrophobie),
  • Madjid Messaoudene (élu en charge de la lutte contre les discriminations),
  • Marwan Muhammad (fondateur de Foul Express),
  • Saadane Sadgui (co-fondateur du MIB et des JALB / ANC, membre du CNDP),
  • Michèle Sibony (membre de l’UJP, Union Juive Française pour la Paix),
  • Anzoumane Sissoko (membre de la Coordination sans-papiers de Paris et du CISPM),
  • Omar Slaouti (enseignant et militant antiraciste), 
  • Pierre Stambul (coprésident de l’UJFP),
  • Maboula Soumahoro (fondatrice du Black History Month),
  • Opal Tometi (co-fondatrice de Black Lives Matter),
  • Françoise Vergès (Théoricienne décoloniale, militante),
  • Sihem Zine (militante membre de l’ADM, Association de Défense des Musulmans) 
Pour rejoindre le collectif : participez en signant sur le site !


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