A quelques semaines du lancement de la COP24 à Katowice en Pologne, l’une des tâches les plus importantes de la vingt-quatrième Session de la Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques (COP24) consistera à élaborer et à adopter un ensemble de décisions garantissant la pleine application des Accords, conformément aux décisions adoptées à Paris (COP21) et à Marrakech (COP22). En outre, la COP24 inclura le « Dialogue de facilitation » destiné à soutenir la mise en œuvre des engagements nationaux. 

Le Maroc, un Exemple à suivre  
Si le rayonnement du Maroc se matérialise au travers de grands projets industriels, il s’illustre aussi, depuis 2009, sous l’impulsion d’une politique volontariste et proactive dans le développement durable et tout particulièrement sur les enjeux environnementaux. N’oublions pas qu’il a été créé en 2001, la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement et dont la mission principale est la sensibilisation et l’éducation au développement durable. Cette Fondation, qui s’adresse à tous les publics, développe depuis sa création une prise de conscience des enjeux environnementaux, du droit à un environnement sain et au développement durable sous ses trois aspects. 

En accueillant la COP22 en 2016, puis le Climate Chance Summit en 2017 à Agadir, sous le haut patronage de Sa Majesté le roi Mohammed VI, le Maroc a réaffirmé sa position de leader en la matière. Il a confirmé sa volonté d’être un acteur incontournable de la lutte contre le dérèglement climatique, à la fois sur son territoire (le développement des énergies renouvelables, comme exemple, permet au Maroc, dépourvu d’hydrocarbures, de subvenir à près de la moitié de ses besoins énergétiques, l’objectif est d’amener d’ici à 2030 la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique national à 52%) et à l’échelle du Continent Africain. 

L’initiative pour l'Adaptation de l'Agriculture Africaine (AAA) lancée en amont de la COP22, et, érigée en priorité par la présidence marocaine de la COP22, visant à réduire la vulnérabilité de l’Afrique et de son agriculture aux changements climatiques et surtout sur le plan de l’insécurité alimentaire, est un exemple de la forte implication du Royaume. À ce jour, cette initiative, qui favorise la mise en place de projets concrets pour améliorer la gestion des sols, la maîtrise de l’eau agricole, la gestion des risques climatiques et les capacités de solutions de financement, bénéficie du soutien de 33 pays africains, de la CNUCC et de la FAO. 

La déclaration d’Agadir, lors du Climate Chance Summit, des acteurs non étatiques présents a permis de réaffirmer que « les outils de lutte contre le dérèglement climatique doivent aussi permettre de répondre aux autres grands défis de ce siècle et réciproquement : Lutte contre la pauvreté, accès à l’énergie durable, à l’eau et autres ressources, développement urbain durable, aménagement des territoires ruraux, souveraineté alimentaire, santé des populations, égalité homme-femme, travail décent et droits des travailleurs, comprenant les agriculteurs, respect des droits et des peuples autochtones, protection des forêts et de la biodiversité, réservation des ressources naturelles…. ». 

En véritable leader de la cause climatique, Le roi Mohammed VI a honoré de sa présence le One Planet Summit organisé conjointement par le gouvernement français, l’ONU et The World Bank Group. En marge des conférences, une vingtaine de projets, en faveur de la lutte contre le changement climatique et l’adaptation, ont été présentés dans différentes tables rondes dont celui du Maroc lié à l’énergie solaire (le projet de « concentration de l’énergie solaire » de Noor Ouarzazate). Ce défi technologique fait appel à l’énergie solaire afin de produire, même de nuit, de l’électricité grâce à un mécanisme de stockage de la chaleur. Il s’agit de la première installation solaire de taille industrielle du pays, qui a pour objectif de fournir de l’énergie à plus d’un million de personnes en 2018 et de permettre au Maroc, d’ici à 2020, de produire 42 % de son électricité sous forme d’énergies renouvelables. 

Ce projet, qui réunit des financements provenant d’institutions internationales et également du Maroc, prouve que la technologie solaire à concentration est plus que jamais à la portée de nombreux pays, en particulier du Proche-Orient et d’Afrique du Nord et subsaharienne, qui disposent de ressources solaires abondantes. Cette technologie est en mesure de réduire la dépendance par rapport aux énergies fossiles, d’atténuer les effets des changements climatiques, de promouvoir l’industrie locale et la création d’emplois et d’encourager les investissements dans l’innovation en faveur des énergies propres. 

La Maison Méditerranéenne est un autre exemple du rôle d’interface du Maroc sur des questions environnementales et sociétales. Cette organisation a été portée par un conseil régional, avec le soutien de la Lettre Royale du 18 juillet 2016 dans le cadre de la MedCOP, elle va agir comme un accélérateur de transformation des territoires tant pour lutter contre les émissions de carbone que pour mettre en œuvre l’adaptation déjà nécessaire, face aux changements climatiques. Il s’agit de favoriser, à l’échelle méditerranéenne, toutes les coopérations et partenariats directs entre acteurs des territoires méditerranéens. 


Radouan Bachiri 
L’observatoire International des médias et de la Diplomatie Parallèle 
Directeur du bureau de Bruxelles 






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