Une "Agence nationale à l’international", l’appellation est vague mais ses objectifs n’en sont pas moins précis. Cette nouvelle structure de coopération entre le Maroc et l’UE, dont le démarrage est prévu pour le mois d’octobre 2005, fait partie d’un projet de structuration de la circulation légale de la main-d’œuvre marocaine vers les pays de l’UE.

Le but du projet est de "valoriser le travailleur marocain à l’étranger". Financé par la Commission européenne, son objectif est d’appuyer les institutions marocaines dans la structuration de la circulation légale de personnes aux fins de travail (CLPT) vers les pays de l’Union européenne. Dans un sens plus large, il est question de faciliter et d’organiser la circulation et la migration légale des personnes dans les deux sens. 
"Le projet lutterait en partie, contre le trafic illégal de la main-d’œuvre et contre les filières criminelles qui font aujourd’hui, de la Méditerranée, le plus grand cimetière du monde", précise Abdelhamid El Jamri, expert international en ingénierie de projet ayant travaillé sur l’élaboration du projet en question. 
L’idée est née en 1998 dans le cadre de la mise en place du programme de coopération entre le Maroc et l’UE qui prévoyait l’élaboration de deux projets. Le premier portant sur la lutte contre la migration clandestine et le deuxième sur la migration légale par la régulation et la structuration de la circulation des personnes entre le Maroc et l’UE. Concernant ce dernier volet, la Commission européenne offrait au gouvernement marocain, notamment le ministère de l’Emploi, un appui institutionnel mais surtout financier pour le faire profiter de sa main-d’œuvre jeune et qualifiée.

Le projet a été confié depuis 2001 à un groupe d’experts internationaux dont le team leader est le Marocain Abdelhamid El Jamri, également directeur de l’institut de formation et de développement en France. Le rapport de cette mission d’experts, finalisé en novembre 2002, a été, dans son ensemble, approuvé par le gouvernement marocain et par la Commission Européenne. Négociations et "dernières retouches" sont en cours depuis cette date avant l’approbation définitive du projet. "Le projet, selon les informations dont nous disposons, indique qu’il n’y a plus d’obstacles à sa mise en place et que le démarrage est prévu pour la rentrée prochaine", signale Abdelhamid El Jamri.

L’ANAPEC impliquée
La mise en œuvre du projet prévue donc pour octobre 2005 a été confiée à l’ANAPEC (Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences). "Le choix de confier le portage de ce projet à l’ANAPEC a été fait après un diagnostic de celle-ci", s’est contenté de commenter le chef de projet. Le groupe d’experts, tout autant que le gouvernement marocain ou la Commission européenne n’étaient pourtant pas sans s’arrêter sur l’effet que pourrait avoir le souvenir de l’affaire "Najat" sur l’aboutissement d’un projet aussi ambitieux.

La structuration du projet au sein de l’ANAPEC porterait sur "la restructuration des ressources humaines et d’assistance technique". Pour ce faire, le projet prévoit la création d’une "Agence nationale à l’international" qui aurait une antenne à Bruxelles et cinq autres antennes locales dans différentes villes du Maroc. Les activités de l’agence tourneraient autour de cinq services. D’abord celui de la l’information, qui aura pour rôle de communiquer sur la nouvelle mission de l’agence. Le service juridique, faisant office de conseil juridique de l’agence aussi bien en ce qui concerne les législations et procédures administratives au Maroc que dans les 25 pays de l’UE. L’agence comptera notamment un service de formation professionnelle des candidats au départ. Un autre de prospection qui aura la charge d’explorer les possibilités de recrutement au sein des entreprises européennes. L’Agence nationale à l’international aura également un rôle d’aide au retour des MRE souhaitant réintégrer la vie professionnelle au Maroc.


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