"Faites ça dehors, vous allez m'attirer des problèmes", aurait lancé le consul lors de l'assassinat, selon l'enregistrement.

Le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été torturé avant d'être "décapité" dans le consulat de son pays à Istanbul, a affirmé ce mercredi 17 octobre le quotidien turc "Yeni Safak" qui dit avoir eu accès à un enregistrement sonore des faits.

L'éditorialiste critique de Ryad s'est rendu au consulat le 2 octobre pour des démarches administratives en vue de son mariage. Il n'a pas été vu depuis.


Affirmant avoir eu accès à des enregistrements sonores de ce qui s'est déroulé ensuite, Yeni Safak explique que Jamal Khashoggi a été torturé au cours d'un interrogatoire et que ses doigts ont été coupés par des agents saoudiens.

Il a ensuite été "décapité", selon le quotidien progouvernemental, qui ne précise pas comment il a eu accès à ces enregistrements.

Des responsables turcs ont accusé Ryad d'avoir fait assassiner le journaliste par une équipe spécialement envoyée sur place, mais les autorités saoudiennes ont démenti.
"Faites ça dehors, vous allez m'attirer des problèmes"
Certains médias, dont le "Washington Post" pour lequel écrivait Jamal Khashoggi, avaient auparavant rapporté l'existence d'enregistrements audio et vidéo prouvant que le journaliste avait été "interrogé, torturé puis tué" à l'intérieur du consulat, avant que son corps ne soit démembré.

Mais c'est la première fois qu'un média turc dit avoir eu accès à de tels enregistrements.
Selon "Yeni Safak", le consul saoudien Mohammad Al-Otaibi est entendu sur l'un des enregistrements. Il lance alors : "Faites ça dehors, vous allez m'attirer des problèmes."

Ce à quoi un individu non identifié lui répond : "Si tu veux vivre quand tu reviens en Arabie saoudite, tais toi." Mohammad Al-Otaibi a quitté Istanbul mardi.

Découpé vivant, en musique
Le site d'informations en ligne Middle East Eye raconte, citant une source qui a eu accès à l'enregistrement sonore des derniers moments du journaliste, que Jamal Khashoggi a été emmené dans le bureau du consul.

Selon cette source, "il n'y a pas eu de tentative d'interrogatoire. Ils étaient venus le tuer" et le consul lui-même a été sorti de la pièce.

Un médecin légiste, identifié comme Salah al-Tubaigy et qui faisait partie de la quinzaine de Saoudiens dépêchés par Ryad à Istanbul ce jour-là selon plusieurs médias, a ensuite commencé à découper le corps de Jamal Khashoggi encore vivant, d'après la source de Middle East Eye. "Yeni Safak" précise que les doigts du journaliste ont été coupés avant qu'il soit décapité.

Pendant qu'il faisait cela, Salah al-Tubaigy a commencé à écouter de la musique à l'aide d'écouteurs.
"Quand je fais ce travail, j'écoute de la musique. Vous devriez (le) faire aussi", l'entend-on dire sur l'enregistrement, selon la même source.

L'assassinat a duré sept minutes, affirme en outre Middle East Eye.
Des médias américains ont affirmé que l'Arabie saoudite, dont l'image a terriblement souffert de cette affaire, envisageait de reconnaître la mort du journaliste lors d'un interrogatoire qui aurait mal tourné au consulat.


Avec (AFP)


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