Le personnel du secteur de la santé, toutes catégories confondues, compte seulement 50.000 personnes pour 35 millions d'habitants, soit un médecin pour 1.000 citoyens. Les professionnels de la santé sonnent l'alarme et appellent l'Etat à accorder un traitement particulier à ce secteur sensible.

Le secteur de la santé souffre d'un manque flagrant de ressources humaines, qui s'accentue avec la fuite des médecins à l'étranger, en raison des conditions peu favorables de la pratique du métier dans notre pays. D’après une étude du Conseil national de l'Ordre des médecins en France, près de 7.000 médecins (dont 6.510 en activité régulière et 430 intermittents) exerçant en France sont d’origine marocaine.

Problème: le secteur de la santé compte seulement 50.000 personnes toutes catégories confondues pour les 35 millions d'habitants au Maroc. Ce chiffre comprend les médecins, aussi bien généralistes que spécialistes aux alentours de 10.000, 27.000 infirmiers le reste couvrant le personnel administratif et technique, les assistants médicaux, les adjoints techniques, ingénieurs, biotechniques, etc. Le nombre de sages-femmes, de gynécologues, de pédiatre et d'infirmiers est très restreint. En conséquence, la mortalité infantile et la mortalité maternelle sont toujours élevées, bien que cette dernière ait enregistré une légère baisse.

"Au Maroc, il y a une seule fonction publique qui englobe tous les secteurs, assujettis à une seule et même loi. En France, il existe trois fonctions publiques: la fonction publique d'Etat, la fonction publique territoriale et une troisième fonction publique spécifique à la santé. C'est la fonction publique hospitalière. Cela montre le degré d'importance accordé au secteur de la santé de par sa sensibilité. C'est un métier de haute responsabilité qui se pratique 24h su 24 face à la mort, les maladies, etc.", lance Mostafa Chennaoui, secrétaire général du syndicat national de la Santé et député à la première chambre au nom du FGD.

Et d'ajouter: "Cette fonction publique hospitalière emploie globalement 1,3 million de personnel médical pour 67 millions d'habitants. Comparé au 50.000 personnes pour les 35 millions d'habitants, le constat est vite fait. Une spécialité qui doit employer 10 personnes n'en a qu'une seule. La pénurie est donc profonde surtout au niveau des urgences, les réanimations, les maternités, les SAMU, etc. Là où il faut plus de personnel on constate un manque important, au point que la plupart des hôpitaux tournent avec le système de garde. Alors qu'il y a 30 ans, on fonctionnait selon le mode normal et le mode de garde".

Ainsi, en vue de réformer le secteur de la santé, il est primordiale, selon Chennaoui, d'instaurer ce qu'on appelle la fonction publique hospitalière ou de santé. C'est une étape préalable à partir de laquelle l'Etat pourrait mettre en place une politique de la santé pour les moyen et long termes et une charte nationale de la santé avec une déclinaison en politique de santé et avec des échéances et des priorités.

"Malheureusement, à la discussion de la loi de Finances, l'Etat considère la santé comme n'importe quel autre secteur. On lui accorde un budget de 5,6% du budget global, tandis que l'Organisation mondiale de la santé recommande 10% du budget de l'Etat. Ainsi, il n'y a pas de visibilité ni de politique de la santé. Chaque nouveau ministre élimine la stratégie de son précédent et met en place sa propre stratégie et on continue à tourner en rond", déplore le secrétaire général du syndicat national de la Santé.




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