"Il faut que les hautes autorités se jettent maintenant à l’eau et nous disent pourquoi cette mort est survenue et comment?"

Il ne s’agit pas d’un coup d’épée dans l’eau mais d’un coup de fusil mortel. Il a tué une jeune étudiante à la recherche de liberté, plus prosaïquement en quête d’un boulot pour vivre comme cela lui revient de droit, une jeune femme légitimement désireuse de fonder un foyer et d’avoir des enfants.

La balle surgie du fusil n’a pas donné la mort à un détraqué, ni à un illuminé, ni à un terroriste criminel mais à une jeune fille simple, connue de tous, inscrite à l’université, mais sans espoir d’avenir dans un pays qui n’en a plus apparemment pour sa jeunesse. La balle mortelle est-elle désormais le mode de traitement quand les mécanismes économiques ne sont plus efficaces?

Hayat n’est rien d’autre que la vie comme le dit son nom. Dieu n’est-il pas dans un de ses Beaux Noms Al-Hayyu, le Vivant? N’a-t-il pas enjoint de ne pas porter atteinte gratuitement à la vie? Et c’est bien son enseignement qui est ici remis en cause, qui est clairement bafoué! C’est la vie tout court qui est visée dans le cas de la jeune fille! Mais la vie pour elle, et pour ses semblables, est en train de devenir synonyme de mort. Elle l’est dans les faits, et de plus en plus, quand on vient d’un milieu modeste ou pauvre, quand on n’a pas d’appuis, quand on n’a que l’envie de travailler et d’en vivre mais que les moyens font défaut.

C’est en ce sens que le coup de fusil, parti dans l’étendue d’un océan synonyme de liberté pour ceux qui partent en croisière, résume une politique consistant à n’avoir de réponse qu’emprisonner et au besoin tuer, même gratuitement comme cela semble le cas à présent. Il n’y avait pas réellement danger, aussi la balle mortelle est porteuse d’un message, elle tue plus qu’une jeune fille, elle tue l’espoir d’une génération.

Et c’est la grande question qu’il convient de poser: qui a tiré et pourquoi? Qui donne l’ordre de tirer dans de telles circonstances? Le coup de fusil dont vont parler les médias nationaux et étrangers n’est pas celui d’un simple gardien, il n’est pas celui d’une personne, c’est un coup de fusil de l’État. C’est ainsi qu’il sera perçu. Il faut alors s’interroger sur les mécanismes de décision qui aboutissent à de tels drames. Il ne faut en aucun cas que l’État cède aux décisions irréfléchies et il y a lieu d’espérer que c’est bien le cas.

Si le tir a été médité et notifié par des autorités supérieures de la sécurité nationale, alors c’est grave, extrêmement grave. Nous sommes en droit en tant que citoyens d’avoir peur, de craindre pour l’avenir, et de demander des comptes. Il faut que les hautes autorités se jettent maintenant à l’eau et nous disent pourquoi cette mort est survenue et comment?




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