Au Maroc, les discours du Roi sont un peu l’équivalent des discours à la nation d‘autres pays. Ils fixent le cap et les grandes lignes de la politique à suivre. Et, parce que le Roi incarne à la fois la continuité et la légitimité, il indique les grandes options d’avenir qui doivent être privilégiées. 

Lors du discours prononcé depuis la ville d’al Hoceima, à l’occasion de la traditionnelle Fête du Trône, le 30 juillet 2018, le Roi Mohammed VI a fixé la feuille de route et appelé au lancement d’un vaste chantier de réformes économiques et sociales afin de consolider l’unité nationale du pays. Selon le Souverain, il est essentiel que le Maroc continue sa marche « dans un climat d’unité, de sécurité et de stabilité, ce qui doit conduire à déjouer les « manœuvres des ennemis et les menaces de toute espèce ». Il est clair que la stabilité, l’unité nationale et le respect de l’intégrité territoriale de Tanger à Lagouira sont des lignes rouges. 

Ainsi, les critiques professionnels, les nihilistes et autres marchands d’illusions ne peuvent prendre le prétexte de certains dysfonctionnements, « pour attenter à la sécurité et à la stabilité du Maroc ou pour déprécier ses acquis et ses réalisations », lesquels sont bien réels. Comme l’a proclamé le Roi : « Au cours de deux dernières décennies, les réalisations accomplies par le Maroc et les acquis engrangés en faveur des Marocains, constituent un véritable motif de satisfaction et de fierté ». Dans son message de félicitation au Monarque marocain, le président français a d’ailleurs souligné que « Durant ces dix-neuf années, Votre Majesté a entrepris des réformes ambitieuses au profit des Marocains »

Des réformes sociales
Le Roi ne dissimule pas qu’il convient de relever plusieurs défis. Il faut d’abord que les corps intermédiaires, notamment les partis, et l’administration renouvellent leurs méthodes et soient plus à l’écoute des citoyens. Pour le Souverain, la priorité consiste à améliorer la situation sociale du pays : « Depuis Mon Accession au Trône, J’ai toujours été à l’écoute de la société et prompt à cerner ses attentes légitimes ». Cette affirmation du Roi est le fondement de toute sa politique depuis 19 ans. Fidèle à cet engagement fondamental, il demande que le registre social unifié (RSU) permettant de bénéficier des programmes d’appui social, déterminés selon de rigoureux critères objectifs, connaisse un accroissement progressif du rendement des programmes sociaux, à court et à moyen terme. 

Par ailleurs, les dysfonctionnements du Régime d’Assistance Médicale (RAMED), doivent être corrigés au plus vite pour assurer, au nom de la justice sociale le droit de tous les citoyens à l’accès aux soins. Enfin, le Souverain appelle à passer à la vitesse supérieure pour ce qui concerne l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) qui doit entrer dans une troisième phase pour poursuivre son action de lutte contre la pauvreté pour répondre aux attentes populaires. En outre, Mohammed VI a exigé la généralisation de la scolarisation et l’amélioration de l’éducation et de la formation professionnelle. 

Le Roi du Maroc insiste sur le fait que la justice sociale doit aussi prendre en compte les inégalités territoriales de façon à ce qu’aucune région du Royaume ne soit oubliée. Le développement doit être global, à la fois social et économique. En premier lieu, il est indispensable de poursuivre la politique des grands barrages, lancée par le Roi Hassan II et poursuivie sous l’actuel règne avec la construction de plus de trente barrages au cours des dernières années, et la priorité consiste à traiter les situations urgentes liées au faible approvisionnement de certains citoyens en eau potable et à la fourniture des volumes d’eau destinés à l’abreuvement du cheptel. Le Roi a donc mis l’accent sur la nécessité de poursuivre la politique de construction de nouveaux barrages, un domaine où le Maroc fait figure de pionnier. Puis le Roi fixe les grands chantiers économiques.

Un nouveau modèle de développement 
Les grands chantiers économiques doivent se poursuivre. À cet égard, le Souverain a fixé trois priorités destinées à stimuler l’investissement – et, par conséquent, la création d’emplois :

L’adoption de la Charte de déconcentration administrative, avant la fin du mois d’octobre prochain, afin de donner les moyens aux responsables locaux de prendre leurs décisions et d’exécuter les programmes de développement économique et social, en cohérence avec la régionalisation avancée. L’édiction d’une Charte de l’Investissement et la réforme des Centres Régionaux d’Investissement (CRI) de façon à leur accorder plus de prérogatives pour remplir leur mission correctement. Le regroupement des commissions concernées par l’investissement en une Commission régionale unifiée pour mettre un terme aux blocages.

L’adoption de textes juridiques fixant à un mois le délai maximal accordé à certaines administrations pour répondre aux demandes qui leur sont adressées dans le domaine de l’investissement, tout en établissant que l’absence de réponse dans ce délai, tient lieu d’approbation ; empêchant, toute administration publique de demander à un investisseur des documents ou des informations qui sont déjà en possession d’une autre administration publique. Il s’agit donc d’alléger les procédures administratives, pour faire face à la corruption et la bureaucratie, source de tous les maux selon le Roi, ces mesures doivent être un « vigoureux catalyseur pour stimuler l’investissement, pour aider à la création d’emplois, améliorer la qualité des prestations offertes aux citoyens, endiguer les manœuvres dilatoires qui, tous les Marocains le savent bien, font le lit de la corruption ». C’est donc un nouveau modèle de développement que le Roi inscrit comme programme prioritaire afin de consolider les assises socio-économique du seul pays de la région qui est véritablement émergeant. 

Le Roi Mohammed VI rappelle également que l’avenir du Maroc est l’affaire de tous les Marocains. C’est pourquoi, les forces vives de la nation doivent adhérer au chantier de développement et de réformes dans lequel le Royaume est engagé.

Dr. Zeina El Tibi


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