Je ne suis pas athée, mais je ne me reconnais qu'une seule et unique croyance : l'humilité ! Mais, vous, mes nouveaux amis, qui ne me connaissez pas dans le vécu ou qui ne fréquentez mes écrits que depuis peu, ne croyez surtout pas que je suis un modèle automatiquement digne de votre aménité. Même si je l'espère ardemment.

Je suis le produit d'un parcours sinueux, alambiqué, souvent tortueux, jonché d'erreurs, estampillé du sceau de la persévérance.

Que de coups reçus, certes ! Mais que de coups aussi assénés aux autres ! Ma seule vertu, si je peux prétendre en avoir une, aura été celle de m'apercevoir qu'on ne cessera jamais d'apprendre... à se méfier des certitudes et des jugements définitifs.

Sûr de rien, je suis allé apprendre l'humilité chez les plus grands et la fatuité de l'ego auprès des humbles.

Né dans la bibliothèque assez fournie de mon défunt père, apprenant le Coran en entier à moins de neuf ans, les "motounes" (Jarroumia, alflia, Ibn 3achir...etc.) et le fiqh malékite (Cheikh Khalil, Imam Malik...etc.) à 13/14 ans, je fus pris en charge par mes maîtres français qui m'offrirent le moyens d'attaquer tout de go Heidegger, Sartre, Spinoza, Nietsche...etc. avant de dévorer goulûment les grands classiques romanesques des XVIIème, XVIII, XIXème et XXème siècle occidental. Je suis allé ensuite apprendre la musique que j'aimais tant depuis l'enfance, la poésie, la gastronomie...et l'amour !

Tout en travaillant, j'ai préparé diplôme après diplôme, au point de consacrer des nuits entières à mes préparations doctorales et postdoctorales alors que j'étais déjà trois fois père.

On n'a rien pour rien.

Et puis la vie est si courte; vous ne vous en apercevrez, mes jeunes amis, qu'au-delà de la soixantaine.

Pourtant, avec tout ce "bagage" et l'empreinte du temps, j'en suis toujours à me demander si tout cela était nécessaire pour comprendre quoi que ce soit aux codes de l'existence. Ma réponse récurrente est : Je n'en sais rien !

C'est de là, et exclusivement de là que me vient mon agnosticisme qui équivaut pour moi à la sentence "Je ne sais pas", et donc cette humilité qui m'est devenue une seconde nature.

Cette modestie n'est pas de celles qui se nourrissent de quelque petitesse opportuniste. Elle n'est pas fausse ou simulée. Elle m'est vraiment nécessaire parce qu'elle me permet d'écouter l'autre qui m'instruit, m'enrichit intellectuellement et me gratifie humainement de ses sentiments fraternels.

Et puis, maintenant que j'approche résolument du dernier chapitre de cette vie passée entre Orient et Occident, entre deux mondes, deux destins, deux conceptions de la vie, je dois faire vite, très vite !

Il me faut, en effet, accomplir ce qui me reste de mon destin avant de périr comme les milliards de milliards d'humains depuis l'homoerectus. C'est cela mon humilité et rien d'autre. Elle peut sembler parfois visqueuse, par trop exagérée. Ainsi peut-elle être perçue, en tous cas, par certains d'entre vous. Mais elle est authentique et elle m'est tout à la fois viscérale et cérébrale.

Elle est vraiment le résultat d'un long parcours grevé d'embûches et même, à une certaine période de ma vie, de souffrances atroces, certes, mais d'un nombre incalculable de moments de bonheur !

Pour conclure, en vérité, je vous le dis : Je suis un "agent sucré" chargé (par mon Ego) de fomenter un maximum de coups d'état...d'âme, constamment accusé d' "intelligence avec l'ennemi" qu'est la RAISON dans notre société toujours colonisée par l'irrationnel. Yallah !

Point barre.

Abdessamad Mouhieddine
Journaliste




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