En août 2010, le secrétaire général du Conseil de la communauté marocaine résidant à l'étranger, déclarait que le CCME était sur le point de tenir son assemblée plénière qui doit se tenir au moins une fois par an, en novembre, sachant que la seule qui avait été réunie auparavant, fut celle tenue début juin 2008. Huit années après, à la fin septembre 2018, aucune assemblée générale, en dehors de celle de lancement, n’a eu lieu...

Dans la même interview , le secrétaire général du CCME , annonçait que le Conseil était fin prêt pour émettre une série d’avis consultatifs , conformément à son cahier de charges . Huit ans après cette annonce , aucun avis consultatif n’a été présenté , aucun rapport stratégique n’a été préparé (tous les deux ans) , aucun rapport financier ni même de rapport d’activité n’a été établie et aucune assemblée générale n’a eu lieu pour entériner notamment des rapports ou des avis consultatifs. 

Et dire que selon la loi fondamentale du pays, le CCME fait partie des institutions de bonne gouvernance ! 
  • Dés lors, à quand la reddition des comptes par les responsables du CCME, conformément à la constitution ? 
  • Quand, le gouvernement présentera t-il enfin un projet de loi pour opèrationnaliser l’article 163 de la Constitution, afin d’avoir un CCME démocratique, représentatif, transparent et efficient ? 
Rabat , le 21 septembre 2018 
Abdelkrim Belguendouz 
Universitaire à Rabat , chercheur en migration 

Ci-après , le texte de l’interview de Abdellah Boussouf, datant du 3 août 2010 , publiée par le site «yabiladi.com» 

Yabiladi : Après 3 années d’existence, quel bilan faîtes-vous des actions menées par le Conseil de la Communauté Marocaine résidant à l’Etranger (CCME) ? 

Abdellah Boussouf, Secrétaire général du CCME : Il m’est difficile de faire un bilan avant la tenue de notre plénière prévue prochainement. Le CCME a été et est dans son rôle en donnant des avis consultatifs sur les politiques publiques dédiées à la gestion de la migration. Nous avons initié une démarche sur la base de recherche et d’analyse scientifique de la communauté MRE. Ainsi, nous avons multiplié l’organisation de conférences et de séminaires sur plusieurs thématiques : la femme migrante, le culte, la participation politique, l’éducation religieuse, les langues,… En outre, nous sommes allés à la rencontre des MRE pour recueillir leurs attentes, leurs aspirations ou encore leurs souhaits. Aujourd’hui, nous sommes prêts pour donner nos avis. 

Des avis destinés à favoriser la participation des MRE au sein des institutions nationales ? 

En effet, nous travaillons pour proposer d’autres formes de participations de la communauté MRE. Il s’agit d’élargir leur participation à des institutions tels que le futur Conseil Economique et Social (CES), l’Institut Royal de la Culture Amazigh (IRCAM) ou encore le Conseil Consultatif des Droits de l’Homme (CCDH). Et pourquoi pas le Conseil de la Concurrence et le Conseil dédié à la lutte contre la corruption. Tout est envisageable et possible ! 

Hier, la démarche d’appartenance au pays de résidence par les MRE n’était pas forcément bien perçue par l’Etat marocain, il semblerait qu’aujourd’hui, elle soit encouragée. Qu’en est-il ? 

La bi-culturalité est une formidable richesse et une passerelle extraordinaire pour le rapprochement des Hommes. La double appartenance constitue une valeur ajoutée. A la fois pour le pays d’origine et pour les pays de résidence. Il n’y a pas d’incompatibilité. Le Maroc doit le prendre en considération car le processus d’intégration est irréversible. Il est donc nécessaire de conduire des politiques publiques qui aillent dans ce sens. Le Maroc doit intégrer cette nouvelle donne. 

Cette «réalité» découle-t-elle de la relation établie entre le Maroc et les nouvelles générations des MRE ? 

Il est clair que les nouvelles générations maintiennent le contact avec le Maroc y compris la 3ème génération. J’ai été étonné par ce qui s’est récemment déroulé à Melilla où 5 jeunes MRE (belgo-marocains) ont sorti le drapeau marocain pour revendiquer la marocanité de ces territoires. On peut aussi citer en exemple la présence de drapeaux marocains lors de la célébration de mariages, de fêtes ou de concerts de musique dans les pays de résidence. Cette fierté d’appartenance est peut-être plus développée chez les MRE que localement. 

Un mot sur la période estivale 2010 et la présence des MRE au Maroc ? 

Les chiffres actuels indiquent que le nombre de MRE est aussi important que l’année dernière. Récemment, je me suis rendu à Nador et j’ai assisté à un concert. Sur les 80 000 personnes présentes, je peux vous assurer que de très nombreux MRE ont pris part à la fête. De plus, je pense qu’il va y avoir une accélération au mois d’août avec le ramadan. Les MRE sont très sensibles au ramadan et aux fêtes religieuses et je pense qu’ils seront nombreux à se rendre au Maroc à cette occasion. Les fêtes religieuses régulent l’arrivée des MRE. 

Il y a peu, 3 MRE (franco-marocains) ont été refoulés d’une discothèque à Casablanca, que cela vous inspire-t-il ? 

Je suis scandalisé ! Refouler des Marocains d’ici ou de là-bas, c’est de la xénophobie. Il faut être vigilant et la société doit se mobiliser. Le Maroc est un pays tolérant et ouvert sur le monde. On ne doit pas céder sur nos valeurs, socle de notre histoire et de notre identité. Il faut casser les stéréotypes et changer notre regard sur les Marocains du monde. Il existe une relation métaphysique entre les MRE et le Maroc. Ils sont très actifs au service du Maroc et des populations. Aux Marocains d’ici d’assurer un accueil chaleureux et respectueux. 



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