Pour son prochain congrès, qui se déroulera le 14 et 15 juillet à Rabat, le Parti Justice et Développement (PJD) vient de créer une clause taillée sur mesure pour les MRE : contrairement aux adhérents lambda, ces derniers pourront participer à la rencontre même s'ils ne sont pas membres du parti. Le parti honore donc ainsi l’un de ses nombreux engagements vis-à-vis des MRE.

Il en avait pris l'engagement lors des dernières législatives de novembre 2011. Le PJD ouvre ses portes aux MRE qui voudraient se rendre à son prochain congrès, du 14 au 15 juillet, à Rabat. Cette rencontre vise à promouvoir l’intégration des membres de la diaspora marocaine dans les instances du parti, rapporte la Vie Eco.

A cette fin, le PJD vient de mettre en place une clause sur mesure dans ses statuts. Les MRE peuvent participer au congrès de juillet même s'ils n’ont rejoint le parti que deux semaines avant sa tenue. A titre de comparaison, un Marocain du Maroc doit, lui, avoir adhéré au parti avant 2012, et avoir honorer toutes ses cotisations, pour participer au congrès.

Le PJD, parti pionnier de la défense des MRE
L’annonce de l’attribution de ce «laissez-passer spécial MRE» s’inscrit dans la suite logique de la rencontre qui s’est tenue, le 17 mai dernier, entre le chef du gouvernement, M. Abdelilah Benkirane et les MRE d’Espagne. Durant cette entrevue, le premier ministre avait rappelé son engagement de permettre leur représentation au Parlement par des élus des circonscriptions ouvertes de leur pays d’accueil. Encore fallait-il que ces élus accèdent aisément aux partis politiques marocains eux-mêmes. Avec l’attribution de ce passe-droit inédit, c’est désormais chose faite pour le PJD

Le parti d'Abdelillah Benkirane est, en outre, le seul à avoir fait élire sur sa liste nationale une députée MRE, installée en Italie, Nezha El Ouafi. Il est également le seul parti du royaume à avoir signé une convention en bonne et due forme avec un collectif de 45 associations basés en Europe, parmi lesquels Cap Sud MRE. Enfin, ce groupement politique est le seul à disposer, à ce jour, d’une structure interne dédiée aux MRE.

Le PJD en quête d’un vivier électoral ?
Même s’il rappelle que les MRE ne sont pas «des vaches à lait», difficile de ne pas voir également dans le zèle déployé par le clan Benkirane une stratégie électoraliste visant à garantir le succès du parti aux prochaines législatives de 2016. Le PJD est, en effet, avec Al Adl Wal Ihssane, le mouvement politique islamiste d’Abdessalam Yassine interdit d'élections, le parti le plus influent auprès de la communauté marocaine en Europe.

Mais même si l’enjeu est politique, pour la députée PJD Nezha El Ouafi, il ne procède pas tant d’une stratégie électoraliste que d’une «obligation constitutionnelle qui impose au PJD – comme à tout autre parti d’ailleurs – l’encadrement des Marocains, et ce, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs». La représentante PJDiste évoque les articles 16, 17 et 18 de la Nouvelle Constitution qui garantissent, d’une part, «la protection des droits et des intérêts légitimes des citoyennes et des citoyens marocains résidant à l’étranger» (article 16) et qui, d’autre part, appellent à la détermination «des conditions et des modalités de l’exercice effectif du droit de vote et de candidature à partir des pays de résidence» (article 17).

C’est dans le cadre de la mise en application de ces deux dispositions constitutionnelles que le PJD ouvrira grand ses portes aux MRE en juillet prochain. Un sésame que les autres partis du paysage politique marocain ne devraient pas tarder à leur donner. 




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