L’un des fondateurs de la cryptomonnaie marocaine ZeenCoin, un franco algérien, Karim Benabdelkader, tenterait-il de se refaire une santé financière au Maroc après une faillite en France ? (Enquête Yabiladi.com

Cette nouvelle crypto-devise -ZeenCoin- suscite de nombreuses interrogations sur sa faisabilité technique, et semble confiner à l’arnaque, le parcours entrepreneurial de Karim Benabdelkader est accablant, au grand dam de ceux qui ont crû dans son projet et qui ont déjà investi une partie de leur épargne. Sa société KBe Prospection, domiciliée à Dijon, et active pendant trois ans, spécialisée dans le secteur des activités des agences de publicité, a été placée en liquidation judiciaire en février 2011 et clôturée pour insuffisance d’actif en février 2013. En tant que dirigeant de cette société à responsabilité limitée, Karim Benabdelkader a «généré plus de 1 000 000,00 euros de passif après seulement deux années d’exploitation, et ce passif énorme montre que l’activité déficitaire a été abusivement poursuivie en dépit de ce passif disproportionné au regard du volume d’activité de la société», lit-on dans le jugement du tribunal de commerce de Dijon, dont Yabiladi détient copie. 

Si le projet ZeenCoin semblait techniquement peu sérieux, il s'avère avec cette condamnation de faillite personnelle pour une durée de 15 ans que Karim Benabdelkader ne peut gérer ni directement, ni indirectement, une entreprise en France. La création prochaine de la holding française (le 10 septembre 2018, nous avait-il déclaré) qui proposera le «smart contract» pour l’organisation de l’ICO, parait dès lors peu probable. Comme il l'avait fait en France avec ses sociétés KBe Prospection et Usual Prospect, probablement en référence au film Usual Suspects, Karim Benabdelkader pourrait surprendre ceux qui lui ont fait confiance avec un twist ending digne de Keyser Söze, en s'évaporant à nouveau dans la nature lui et ses ZeenCoin.


Une cryptomonnaie est une réserve de valeur, généralement comparée au $ (mais qui peut l’être aussi à n’importe quelle autre monnaie ou devise). Comme toute réserve de valeur, elle est aussi caractérisée par une capitalisation, une masse monétaire et un volume d’échange, mais, en plus, elle se caractérise par un protocole. (Article Librepenseur.org

Ce qui fait qu’une monnaie est puissante, c’est sa capitalisation. Au 8 juillet 2018, la plus puissante cryptomonnaie est le Bitcoin (117 milliards de dollars de capitalisation), et la 100e plus puissante est SmartCash (98 millions de dollars de capitalisation). Pour des monnaies à capitalisations identiques, celle qui aura le plus gros volume d’échange sur une période donnée sera la plus puissante (car ce sera la plus échangée). Au 8 juillet 2018, le plus gros volume d’échange est celui du bitcoin, environ 3 milliards de dollars de bitcoin échangés en un jour. 

Quel avenir pour la crypto-monnaie pour une masse d’utilisateurs non formés aux technologies de paiement en ligne ou sans contact en Afrique alors que ces technologies présentent toujours des défauts d’acquisition dans notre Occident pourtant bien formé et équipé technologiquement ? Quand bien même 50% de la population possèderait-elle une carte bancaire, combien de gens l’utilisent-ils pour les achats du quotidien ? De la carte bancaire au paiement sans-contact, il y a un fossé. Du paiement sans-contact à la crypto-monnaie, il y a un gouffre. Même le géant Paypal n’a pas réussi à s’implanter au Maghreb ou en Afrique. 

Aucune réelle garantie n’est mentionnée en gage. Une économie de la crypto-monnaie dans l’Hémisphère Nord présenterait de plus sérieuses garanties d’infrastructure, de marché et de stabilités qu’on pourra ensuite décliner dans le Sud. Nous ne comprenons pas pourquoi vouloir engager des gens et leurs économies dans une levée de fonds sans les informer de ces faits. 

Pourquoi, pour la réussite du ZeenCoin, s’attaquer à un marché futur hypothétique africain alors que des marchés bien plus prometteurs existent déjà actuellement sur des territoires connus par les créateurs de ce projet, comme l’Europe, la Suisse, la Tunisie, le Maroc ou le Royaume-Uni. Quelle stabilité politique présente l’Afrique qui nous mettra à l’abri de décisions défavorables, aussi subites qu’unilatérales, telles que celles du Royaume Marocain qui a tout simplement décidé d’interdire la crypto-monnaie ? La France laissera-t-elle passer quelque chose qui menace son contrôle du Franc CFA ou des devises maghrébines comme le dirham marocain ? 



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