Rien ne va plus entre la Turquie et les Etats-Unis. La faute notamment; serait à l'épineux dossier du pasteur américain, Andrew Brunson, emprisonné en Turquie. La politique de Donald Trump continue de diviser, alors que le président américain s’est déjà mis la Chine ou encore l’Europe à dos, aujourd’hui, ce dernier se fait attaquer par la Turquie. 

Ankara a qualifié d’inacceptables les sanctions économiques imposées par Washington à l’encontre de ses ministres turcs de l’Intérieur et de la Justice. Ces derniers se sont vu saisir leurs biens et avoirs par la Maison Blanche, qui les accuse d’avoir joué un rôle prépondérant au moment de la détention du pasteur américain Andrew Brunson. La Turquie assure que des mesures de représailles allaient tomber également et ce, sans délai. 

Erdogan se méfie des USA qui ont tenté un coup d'État contre lui en 2016, refusé d'extrader son cerveau Fethullah Gulen et pour finir, encouragé les Kurdes à monter un État indépendant au nord de la Syrie qui aurait constitué une épée de Damoclès pour la Turquie. Ce qui fait beaucoup, surtout contre un de leurs alliés de l'OTAN. 

Le président turc Recep Erdogan vient d’envoyer un avertissement à l’administration Trump en affirmant son intention d’ordonner un assaut contre la ville du nord de la Syrie Manbij, à quelques quarante kilomètres de la frontière turque et à cent kilomètres à l’Est d’Afrine, où les forces américaines opèrent aux côtés de la milice kurde. 

La Turquie signale qu’elle est prête à risquer une confrontation avec les USA, s’il le faut. Le vice-premier ministre Bekir Bozdag (qui fait aussi office de porte-parole du gouvernement) a prévenu le Pentagone. « Ceux qui soutiennent l’organisation terroriste deviendront des cibles dans ce combat. Les États-Unis doivent revoir les positions de leurs soldats et éléments qui soutiennent les terroristes sur le terrain, de façon à éviter une confrontation avec la Turquie. » 

Il est clair que la Turquie accumule les pressions et ne laisse aucune marge de manœuvre à Washington. L’administration Trump est obligée de transiger. Le Conseiller à la Sécurité nationale HR McMaster a téléphoné au conseiller et porte-parole du président turc Ibrahim Kalin pour parler des « intérêts légitimes » de la Turquie et signifier à son interlocuteur que les USA avaient cessé de fournir des armes aux Kurdes. 

Tout suggère qu’Erdogan a déjà un accord avec le Kremlin en poche. La Russie accepte tacitement l’action turque visant à affaiblir les Kurdes. C’est une situation « gagnant-gagnant » pour Moscou et Ankara. Du point de vue russe, la stratégie des USA en Syrie aboutira à un cul-de-sac si les Turcs affaiblissent leurs alliés kurdes. Il faut ajouter un autre facteur : Moscou soupçonne les USA d’avoir planifié l’attaque de drones contre la base russe de Hmeimim, le 5 janvier dernier. Le président Poutine l’a suggéré et a dénoncé un complot calculé pour saboter les relations entre la Turquie et la Syrie. 

A court terme, le but des USA et de la Grande-Bretagne est d’entraver les pourparlers de paix sur la Syrie à Sotchi les 29-30 janvier, où une Constitution pour la Syrie doit être débattue. L’Occident voit la Turquie comme la dernière carte à jouer contre une paix imposée par la Russie en Syrie. 

Sources diverses 





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