Encore une fois, l’exception vient étayer mon hypothèse que, notre relation avec notre cher pays a été et sera toujours conflictuelle. Souvent, l’intérêt du Maroc est parfaitement en opposé ou en contradiction flagrante avec celui des citoyens d’origine marocaine en Europe et ailleurs.

Cette fois, le Maroc n’a pas changé de méthodologie. Le Makhzen est toujours omniprésent et nous a bien à l’œil. Comme il y a un Maroc utile et un Maroc inutile, il y a de bons citoyens marocains et de mauvais marocains. C’est le Makhzen qui en décide et qui attribue les bonnes et les mauvaises notes. De la conception à la création du « Conseil supérieur des Marocains résidant à l’étranger » la majorité des citoyens d’origine marocaine n’a été ni de loin ni de prêt invité à la participation dans cette initiative. Comme auparavant, un filtre n’a laissé passer que certains privilégiés, quelques uns qui font du Tam-Tam, certains aficionados du Makhzen et des figurants sourds muets.

Pour des raisons politico politicienne, le Conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH) s’est chargé de préparer les textes, de convoquer les participants et de constiuer un projet définitif du Conseil. Malheureusement, ça traîne, ça grince et ça ratatouille. On ne voit pas la fin du tunnel et les marchandages et tractations des coulisses se font en plein jour.

C’est un tournoi nocturne bien verrouillé qui se joue entre des joueurs triés sur le volet et le score sera surement et de toute évidence connu auparavant et tellement décevant. Cinq équipes se sont inscrites d’office au tournoi. Les gauchistes de droite, les amicalistes (devenus pour les circonstances de gauche), les arrivistes progressistes, les politicards grinchards et les aficionados institutionnels.

Les paris sont ouverts et le match se jouera guichet fermé. D’après les dernières estimations officieuses, ce sont les gauchistes de droite, les plus malins, qui sont à la tête. Les arrivistes et les politicards sont à égalité, suivis par les aficionados. Les derniers avec un score nul sont les amicalistes qui risquent d’être complètement éjectés s’ils n’arrivent pas à prouver qu’ils sont de gauche. Ils ont déjà reçu un blâme officiel et une carte rouge.

Le stade est archicomble, on n’accepte plus personne. Les trois catégories de participants sont là. Les applaudisseurs sur les gradins, les joueurs sur le terrain, entourés par des figurants bons enfants. Le programme est simple. Chacun a reçu son rôle. Les joueurs font semblant de jouer, sur ordre de l’arbitre les figurants crient Houra suivis immédiatement d’applaudissements assourdissant venant des gradins.

Si Driss Basri était là, il dira : les absents ont tord et les amicalistes sont les plus représentatifs. La Fondation Hassan II dira : vous êtes ici chez vous. Le CCDH dira : rira bien qui rira le dernier.

Entre temps, la première phase du tournoi est terminée. La finale du tournoi des MRE se jouera après le tournoi des élections du 7 septembre. Cette fois, pour des raisons très sérieuses, le score est resté secret. Par contre, d’après les parieurs professionnels, le score n’a pas changé. Mais au Maroc on ne sait jamais, il y a toujours des surprises. Et, là encore, le Maroc respectera sans aucun doute et à la lettre sa tradition ancestrale.

Sarie Abdeslam
Tanger, le 5 août 2007







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