Comment peut-on accepter la sentence du procès du Hirak ? Comment peut-on regarder ailleurs et faire comme si de rien n’était?

Beaucoup de Marocains ont appris avec stupeur le verdict du procès du Hirak. Ce verdict est une catastrophe nationale. Zefzafi et les autres meneurs ont écopé de 20 ans de prison ferme. Putain 20 ans, comme a titré le magazine TelQuel.

Eh bien oui!
Tous ceux qui ont la chance d’opiner, qui ont une voix et la liberté de l’exprimer, sont dans l’obligation de tout arrêter et de réfléchir à ce qui vient de se passer. Comment peut-on accepter la sentence du procès du Hirak? Comment peut-on regarder ailleurs et faire comme si de rien n’était?

Tristesse, colère, indignation, inquiétude… Ce sentiment national avance et grossit comme une boule de neige qui recrute et avale tout ce qui se dresse sur sa route. Au-delà des initiés, des intellectuels ou des relayeurs d’informations, d’opinions.

C’est devenu l’affaire de tout le monde. L’onde de choc a traversé les couches sociales. Même le football, dont on connait pourtant l’effet «balayeur», n’a rien balayé du tout. Au contraire!

Les Marocains se sont massivement indignés devant la Fifa pour une histoire de pénalty non sifflé et de corner frappé du mauvais côté. Parce que c’est injuste. Comment et par quel miracle ces mêmes personnes ne s’indigneraient-elles pas devant un verdict aussi terrible qui «enterre» des dizaines de manifestants, dont la plupart des revendications sont à la base justes et recevables ?

Dans la nuit du 26 juin, quand la nouvelle est tombée, j’en connais qui ont pleuré à chaudes larmes, comme s’ils venaient de perdre un parent ou un ami proche et cher, très cher. Cette nuit-là, j’ai mal dormi parce que j’avais mal. Pour les condamnés, pour le Rif, pour mon pays.

Ce verdict est un cauchemar qui nous rappelle les procès politiques des années 1960, 70, une époque dont on n’a pas fini de panser les blessures. Qui a envie de replonger dans ces souffrances et cette période sombre de notre histoire?

A part attendre (le procès d’appel, une amnistie, un miracle…), qu’est-ce qu’il est aujourd’hui possible de faire ? Comment peut-on sauver ce qui peut encore l’être?

Le Maroc a besoin d’un Rif apaisé, qui se développe. Ce n’est pas seulement les Rifains mais tous les Marocains qui attendent et espèrent un geste, une vraie marque d’apaisement.



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