A force d’insister, Geert Wilders, leader de l’extrême droite néerlandais a obtenu que les députés débattent de ce qu’il appelle «le problème marocain», suite à la mort d’un arbitre de foot, probablement tué par de jeunes néerlando-marocains, en décembre dernier. Aujourd’hui, la classe politique du pays prend ses distances avec l’expression choisie. 

Les députés néerlandais débattront ce soir autour du «problème marocain» (le Marokkanen probleem, en néerlandais), jeudi 4 avril, selon l’intitulé exact des documents parlementaires, révèle dutchnews.nl. Le parti d’extrême droite PVV (Parti pour la liberté, mené par Geert Wilders) a demandé et obtenu à ce que se tienne un tel débat au sein de l’assemblée nationale des Pays Bas. Interpelés, plusieurs députés ont voulu prendre leur distance. Mollement.

A l’origine du débat : la mort de Richard Nieuwenhuizen, le 2 décembre dernier. A Amsterdam, après un match opposant deux équipes de division amateur, sv Nieuw Sloten B1 et le SC Buitenboys B3 d'Almere. L’un des arbitres de touche, Richard Nieuwenhuizen, 41 ans, a été agressé par des adolescents qui l’ont notamment frappé au visage alors qu’il était déjà au sol. Quelques heures après l'agression, l'homme a été «pris d'un malaise». Conduit d’urgence à l'hôpital, il est décédé le lendemain. Il se trouve que les adolescents suspectés d’être les auteurs de cette agression étaient des Néerlandais d’origine marocaine.

Effroi
L’affaire avait provoqué l’effroi aux Pays Bas et le témoignage de l’épouse de l’entraîneur ému les téléspectateurs. Début mars, 7 adolescents et le père de l’un d’entre eux, ont comparu devant un juge, à Amsterdam, pour préparer leur procès. Il compte au total 9 accusés et devrait s’ouvrir fin mai.

C’est dans ce contexte que le PVV a obtenu que soit débattu le «problème marocain», à l’assemblée. «Ce n’est pas exclusivement un problème lié au football, mais un problème marocain qui est dans la rue, à l’école, au centre commercial et sur le terrain de foot. 65% des jeunes Marocains ont déjà été en contact avec la police. Pourquoi personne n’ose seulement nommer ce problème ?», écrivait le leader du PVV, Geert Wilders, en décembre dernier. Après qu’il ait beaucoup insisté, la chambre a accepté de débattre sur le sujet.

Un problème avec un grand groupe de Marocains
Aujourd’hui, plusieurs responsables politiques et élus prennent leur distance, mais à demi-mot seulement, vis-à-vis de l’intitulé. Chacune de leur réponse se compose en deux temps : s’opposer puis nuancer. La ministre des Affaires sociales, Lodewijk Asscher, a déclaré que même s'il y a des problèmes avec des Marocains, il n’y a rien qui ressemble à un «problème marocain», tel que l’établit le PVV. «Nous avons un problème avec un grand groupe de jeunes Marocains et cela doit être résolu», a-t-elle tout de même reconnu, «mais je ne considère pas que ce soit raisonnable de rendre tous les Marocains aux Pays-Bas responsables de ce problème.»

«Il n’y a pas de problème marocain aux Pays Bas, a également reconnu une député du parti VVD (parti libéral), Melik Azmani, mais il faut avoir conscience que les Maroco-néerlandais sont très souvent en contact avec la police. C’est cela l’objet du débat.» Seul Keklik Yucel, député travailliste, a clairement condamné l’intitulé du débat. «Le terme «problème marocain» donne l'impression qu'il y un groupe de population entier, que leur origine est un problème. Je tiens à me distancer de cette position.»

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