L’Académie du Royaume du Maroc a organisé un colloque international sur le thème « L'évolution constitutionnelle au Maroc : Origines historiques, manifestations actuelles et défis futurs », les 10 et 11 juillet 2018. Dr Charles Saint-Prot, directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques de Paris a présenté une communication intitulée « Analyse des caractéristiques de la nation et de l’État au Maroc » 

Il ne m’appartient évidemment pas de m’immiscer dans les affaires marocaines ou de jouer les donneurs de leçons. Il y a assez de gens qui le font, et souvent d’une manière bien intempestive. 

Je souhaite simplement proposer une réflexion sur les caractéristiques de la nation et de l’État marocains. Pour cela j’insisterai sur deux points qui me paraissent très essentiels. Le premier point est que le Maroc est un État-nation. Le second point est que le Maroc doit suivre les lois de la politique marocaine. 

I – Un État-nation né de l’Histoire 

Ma première remarque porte donc sur le fait que le Maroc est un État-nation né de l’Histoire 

Comme toutes les nations, le Maroc se comprend à travers son histoire et sa géopolitique propres. C’est ainsi que l’État marocain d’aujourd’hui reste le produit d’une longue histoire qui commence au moins en 788, un siècle après l’islamisation, avec l’intronisation d’un descendant du Prophète, un petit fils de Fatima et d'Ali. Idriss Ibn Abdallah, venu de la péninsule Arabe, ralliera les tribus autour de Volubilis, épousera une fille de notable local et inaugurera la dynastie des Idrissides, la première d’une série de dynasties royales (Idrissides, almoravides, Almohades, Mérinides, Saadiens et Alaouites depuis le xvi e siècle) qui vont « faire le Maroc »[1]. 

Pour bien saisir la réalité de ce pays, et plus généralement toute celle du Maghreb, il faut toujours avoir à l’esprit ces phrases du maréchal Lyautey : 
« Alors que nous nous sommes trouvé en Algérie en face d’une véritable poussière de mini principautés… Au Maroc, au contraire, nous nous sommes trouvés en face d’un empire historique indépendant, jaloux à l’extrême de son indépendance, rebelle à toute servitude, qui jusqu’à ces dernières années faisait encore figure d’État constitué avec sa hiérarchie de fonctionnaires, ses représentants à l’étranger, hommes d’une culture générale qui ont traité d’égal à égal avec les hommes d’État européens »[2].

Une nation donc.
Une nation 
Être des nations façonnées par l’Histoire n’est pas rien. Cela permet de distinguer les principes fondamentaux qui guident l’action des dirigeants depuis des siècles. Cela permet aussi de mettre en relief les options spécifiques, les constantes et naturellement les variables qui confèrent à l’État sa légitimité historique. 

À vrai dire, le Maroc est l’une des plus anciennes nations constituées du monde. Depuis le IXe siècle, le seul État qui, d’une façon ou de l’autre, a constamment affirmé sa souveraineté entre la Méditerranée et le fleuve Sénégal est le Royaume du Maroc dont les dynasties ont eu un lien particulier avec les régions sahariennes[3]. Tels sont les faits : il n’y a jamais eu d’autres formes de souveraineté dans ces régions que celle des sultans marocains. 

Une nation ne se définit pas seulement par la citoyenneté ou l’occupation d’un même territoire, mais aussi par la prise de conscience commune d’un destin partagé et d’une identité propre pour prendre sa place dans l’Histoire. C’est la nation qui donne à l'homme sa dignité en lui permettant d'être non seulement un animal social mais plus encore un animal historique. Dès lors, la politique n'a pas pour objet de servir les intérêts de groupes particuliers, les ambitions d'un seul ou les chimères des idéologues, c'est simplement la recherche des moyens qui permettent à la nation de prospérer. C’est la mission de l’État. 

Un État 
La finalité de l'État vise à garantir l'intangibilité de ce que les rois capétiens appelaient le pré carré, c’est-à-dire l’intégrité territoriale, et de préserver l’unité nationale, laquelle n’exclut évidemment pas la diversité. 

Dans ces conditions, l’État qui va prendre en main les destinées du pays libéré en 1956, après la fin des protectorats français et espagnol, n’est évidemment pas créé de toutes pièces mais il est tout simplement le successeur des institutions makhzéniennes vieilles de douze siècles. 

C’est pourquoi, sauf à courir le risque d’atteindre un haut degré d’amphigouri, il convient d’étudier les caractéristiques historiques de l’État marocain 

L’un des tout premiers actes de la dynastie des Idrissides, avait été la fondation de la ville de Fès, promue au rang de capitale en 809. Dès lors le pouvoir central se trouvait spatialisé puisque la capitale symbolisait concrètement la création de l’État. Ce pouvoir « est également matérialisé par l’existence d’une armée et d’un personnel politique qui constituent les embryons d’un gouvernement central »[4]. 

Le roi Hassan II se plaisait à répéter que « les Rois ont fait le Maroc ». A bien des égards, l’œuvre des souverains marocains rappelle la lutte millénaire des Rois de France contre les féodalités et les agents de la dissolution. Il est d’ailleurs possible d’observer au Maroc comme en France le même phénomène, à savoir que la stabilité du pays et le bien commun ne progresseront qu'avec l'affermissement de l’autorité de l'État royal et la suprématie de la loi. À l’opposé, l'abandon de la pleine souveraineté de l'État ou son affaiblissement conduiront constamment à la résurgence des immuables forces pulvérulentes de dissolution, à l'arrogance des sectes ou des groupes d'intérêts particuliers, v bref de tout ce qui encourage la fitna, cette déchirure qui vise à rompre l’unité de la communauté. 

Comme tout État, le Makhzen a eu pour but de s’assurer du contrôle du plus vaste territoire possible. Comme pour tout État, ce pouvoir central a connu au fil des siècles des fortunes diverses. Dans ses périodes d’affaiblissement, les tribus des régions les plus éloignées ou les plus difficiles d’accès ont été plus ou moins autonomes. Il n’en a pas fallu plus pour nourrir toute une littérature coloniale qui a inventé une « Berbérie imaginaire », faisant fi des douze siècles d’existence de la nation marocaine. La pensée coloniale a inventé la distinction entre un bled el Makhzen, plutôt arabe et soumis à l’autorité du pouvoir central, et un bled el siba, plutôt berbère et région de l’insoumission ou de l’anarchie. Cette distinction s’est appuyée sur ce que le Roi Hassan II stigmatisait comme « des connaissances ethniques et linguistiques douteuses, mais surtout sur des féodaux sans scrupules, des oulémas aux idées rétrogrades et des cheikhs de confréries dont le prétendu mysticisme masquait une roublardise trop connue »[5]. 

Qu’il y ait au Maroc – comme partout - des forces de division ne suffit pas à nourrir le mythe d’une division nationale. 

Par ailleurs, depuis des siècles, et plus particulièrement depuis 1956, l’État marocain a toujours su allier le pragmatisme et une vision très précise de la modernisation de cette nation qui fait désormais partie du groupe des pays émergents. Engagé, sous l’impulsion du roi Mohammed VI, dans de grands chantiers de réformes et de restructuration fondamentales, le Maroc en marche doit aujourd’hui imaginer une nouvelle relation avec le territoire de façon à mieux articuler les collectivités locales et faire des régions des outils de développement économique et social. 

On l’aura compris, il ne s’agit évidemment pas de démanteler l’État et la nation au nom d’une prétendue « postmodernité » qui n’est qu’une illusion idéologique. Au contraire, parce que l’Histoire continue, la nation reste irremplaçable parce qu’elle constitue le plus vaste des cercles naturels de communauté sociale. 

Quant à l’État, il est loin d’avoir perdu toute légitimité –notamment pour ce qui concerne sa mission de veiller au respect de la solidarité et de l’intérêt général face aux égoïsmes particuliers- ni tout moyen d’action face à une mondialisation dont on peut désormais mesurer les limites. Dès lors, c’est une ardente obligation de redoubler d’efforts pour construire l’État moderne, à la fois arbitre et innovateur, dont la nation marocaine a besoin pour poursuivre sa marche historique et préserver sa souveraineté. 

Un modèle institutionnel spécifique 
Le Maroc est une vieille nation. Depuis plus de douze siècles, il a forgé son identité au sein de la riche civilisation arabo-musulmane. Par conséquent, il a son propre modèle institutionnel, conforme à sa spécificité et combinant heureusement des principes du droit public islamique, notamment celui de la démocratie consultative organisée par la choura, son expérience nationale et les apports utiles d’autres systèmes. 

En outre, il convient de souligner que la monarchie marocaine a toujours été réformatrice, et cela d’autant plus qu’elle se réfère à l’école malikite de l’Islam, laquelle a pour principale caractéristique de refuser le conservatisme aveugle et de prôner l’effort d’adaptation, l’ijtihâd, conformément à l’intérêt général (maslaha). 

Dans les temps modernes, les sultans Mohammed IV et Hassan II furent des réformateurs convaincus qui tentèrent de mettre en place de nombreuses mesures économiques, sociales, financières, administratives et militaires. Après la libération, en 1955, le roi Mohammed V entreprit de placer le pays sur les rails du renouveau et du progrès, en particulier en jetant les bases d’institutions modernes dans le cadre d’une monarchie démocratique[6]. 

C’est dans ce contexte qu’il convient d’apprécier les évolutions actuelles. 

II - Des lois propres qui sont le cadre des évolutions 

L’évolution constitutionnelle ne peut que prendre en considération les grandes constantes de la nation marocaine ; ce qu’on pourrait appeler les lois fondamentales de la politique marocaine. 

Quelles sont ces lois ? 
Le célèbre politologue français Charles Benoist a exposé que pour toute nation, il y a le constant, le permanent, ce qui ne change pas, « ce qui n’est ni vieux ni neuf mais perpétuel »[7]. 

En effet, la politique est très exactement une science, elle ne doit en rien obéir aux billevesées idéologiques, à l’improvisation ou aux calculs conjoncturels. La politique suit des règles séculaires transcendant les événements conjoncturels, elle suit des lois s’identifiant à la vie nationale qui a ses nécessités auxquelles la politique doit satisfaire. 

Ces lois sont non écrites mais supérieures à toutes les constitutions écrites. Ces lois sont supérieures parce qu’elles concernent les rapports nécessaires avec la géographie, la démographie, la psychologie, la façon de vivre, la croyance et l’histoire d’une nation. 

Dans son Essai sur le principe générateur des constitutions politiques (1814), Joseph de Maistre écrit : 
« Une des grandes erreurs du siècle qui les professa toutes fut de croire qu’une constitution politique pouvait être écrite et créée a priori ; tandis que la raison et l'expérience se réunissent pour établir … que ce qu'il y a précisément de plus fondamental et de plus essentiellement constitutionnel dans les lois d'une nation ne saurait être écrit. » 
Ce qu’affirme de Maistre c’est déjà la leçon éternelle d’Antigone, laquelle face à un Créon incarnant la loi écrite, rappelle la supériorité des lois suprêmes que personne ne peut abolir. Charles Maurras expose que c’est Antigone qui « qui incarne les lois très concordantes de l'Homme, des Dieux, de la Cité »[8]. Et Créon est châtié précisément parce qu’il a voulu s’affranchir des lois fondamentales. 

Les lois fondamentales de la politique marocaine sont bien précises : 
  • La sauvegarde de l’Islam orthodoxe, de rite malikite, combinant harmonieusement Tradition et progrès, 
  • La prééminence du Souverain et Commandeur des croyants qui est le meilleur garant de la tradition islamique face à toutes les déviations ou aux interprétations extrémistes ; 
  • La préservation de l’indépendance d’un pays où l’on est plus que tout attaché aux libertés ; 
  • L’intégrité territoriale de Tanger à la frontière mauritanienne ; ce qui implique de déjouer le complot séparatiste portant atteinte à l’intégrité territoriale du Maroc et à son rôle dans la région. 
  • Le rôle spécifique du Maroc comme espace de transmission avec le sud du Sahara, l’Afrique noire, et comme pivot nécessaire entre le monde européen et l’Afrique subsaharienne ; 
  • La sauvegarde de l’unité en évitant de laisser s’installer toute déchirure (fitna) au sein de la communauté car selon l’Islam la fitna est le pire des fléaux ; 
  • La recherche du bien commun qui exige de limiter l’action des factions en consolidant un État indépendant des intérêts particuliers, doté de l’autorité et de la durée. 
  • Et – au-dessus de tout parce que condition de tout - l’unité nationale et la continuité historique qui sont incarnées par la monarchie. 
La monarchie est bien la gardienne vigilante et l’exécutante de ces lois. 

La monarchie 
Il faut encore souligner la centralité du régime monarchique car c’est l’institution monarchique qui protège l’identité marocaine et la pérennité de la nation. Elle garantit l’intégrité de l’Islam du juste milieu, les libertés fondamentales et les intérêts supérieurs de la nation. 

Parce qu’un roi c’est d’abord un homme qui voit loin et bénéficie de la continuité, la monarchie marocaine fut –de tout temps– le principal acteur du progrès et du développement face aux conservatismes de toute sorte. 

C’est pourquoi, dans son discours du 9 mars 2011, le Roi a insisté sur le fait que la réforme devait se caler sur les constantes sacrées et intangibles du Maroc, c’est à dire 
  • l’Islam, 
  • la Commanderie des croyants, 
  • le régime monarchique, 
  • la sauvegarde de l’unité nationale et celle de l’intégrité territoriale 
C’est tout ce qui est contenu dans la Constitution de 2011, laquelle ne fait que retranscrire par écrit les lois fondamentales du Maroc 

Dans ces conditions, quand on examine le processus de réforme, il est clair qu’il faut parler d’évolution dans la continuité. 

C’est-à-dire qu’il faut répudier catégoriquement la fausse dichotomie entre tradition et modernité. Il n’y a pas d’opposition entre la tradition et le progrès car c’est bien la tradition qui entretient les raisons de sa persévérance nationale, c’est elle qui permet d’identifier les potentialités de renouveau et de modernisation, tout en permettant d’être rattaché à un socle solide. 

Force est de constater que le Maroc poursuit une évolution tranquille dans le cadre d’une monarchie réformatrice, une monarchie qui bénéficie de la continuité et peut par conséquent ouvrir de grands chantiers d’avenir. 

Conclusion 
Pour être clair, je répète qu’il faut se méfier de l’imitation aveugle proposée par des gens qui sont souvent plus prisonniers des passions idéologiques que soumis à une juste analyse de la réalité. 

Dans ces conditions, tout ce que je peux souhaiter pour le Maroc c’est d’éviter les débats stériles sur le choix d’un modèle étranger. C’est ce que prône le roi Mohammed VI quand il invite à consolider un modèle maroco-marocain. 

Pourquoi un modèle purement marocain ? 
Pour la simple raison qu’il n’existe pas un prêt-à-gouverner comme il peut y avoir un prêt-à-porter. 

Il n’existe pas de recette miracle, de panacée applicable n’importe où. 

Un système institutionnel n’est pas transposable d’un pays à l’autre. 

Cela est d’autant moins possible lorsqu’il s’agit de vieilles nations, avec leurs fortes identités forgées par l’Histoire et un vivre-ensemble de plusieurs siècles. Ce qui est le cas du Maroc, qui est une nation vieille de plus de 12 siècles. 

C’est précisément à la réalité nationale que ne cesse de renvoyer le Roi Mohammed VI, et cela est bien naturel puisqu’il en est le dépositaire. 

Il ne faut donc pas faire preuve d’une imitation aveugle à l'égard de modèles étrangers peu adaptés à la situation marocaine. 

Plutôt que cette imitation, ce taqlid, il faut un effort d’adaptation (un ijtihâd) qui, dans ses éléments comme dans ses modalités, met en relief de façon particulièrement sensible ce que l'on peut appeler l'exception marocaine. 

Les défis consistent aussi à poursuivre l’effort remarquable en matière de développement économique, avec de grands projets visionnaires (je pense aux énergies nouvelles, à la montée en puissance des régions méditerranéenne autour de la grande réalisation de Tanger-Med, à la régionalisation avancée), sans oublier le progrès social qui est, bien sûr, une priorité. 

La construction d’un pays moderne exige du travail, de la patience, de l’opiniâtreté, une bonne entente nationale, un État de droit, de l’ordre et une vision à long terme. 

C’est tout ce dont dispose le Maroc et c’est son capital le plus précieux. 

Aujourd’hui, au regard des incertitudes ou des désordres qui perturbent le monde arabe, de l’Algérie et de la Tunisie jusqu’au Yémen, on ne peut qu’apprécier à sa juste valeur l’exception marocaine, c’est-à-dire le fait que le Royaume du Maroc est un État stable et sur la voie d’un développement global. Le Maroc fait partie du petit nombre de ceux qui progressent que ce soit sur le plan de la consolidation de l’État de droit que sur celui du développement. 

Cette exception marocaine est sans aucun doute due à la vision prospective et stratégique du Roi Mohammed VI, et au consensus réalisé autour de sa personne. Dans sa sagesse, le peuple marocain sait combien la monarchie est une condition de l’unité nationale – de Tanger à Lagouira -, du respect des intérêts du Maroc sur la scène internationale et des progrès du pays. 

Tout cela s’accomplit dans le cadre d’une institution monarchique qui est fondamentalement réformiste et qui a pour objectif un plus grand développement politique, social, économique. Une monarchie qui est à la fois le symbole et le garant de cette exception marocaine qu’il faut préserver et consolider. 

Dr Charles Saint-Prot
Directeur de l'Observatoire d'Etudes Géopolitiques Paris

[1] Hassan II. Le défi. Paris : Albin Michel, 1976. 
[2] Lyautey, Hubert. Paroles d’action. Paris: Armand Colon, 1938. 
[3] Martin, A.G.P. Quatre siècles d’histoire marocaine [Paris, 1923]. Rabat : éditions la porte, 1994 
[4] Al YaÂgoubi, Mohammed. Histoire de l’État et des institutions au Maroc. Rabat : publications de la Revue marocaine d’administration locale et de développement (REMALD), collection manuels et travaux universitaires n°8, 1999. 
[5] Hassan II. Le défi, ouvrage précité, p. 21. 
[6] V. Saint-Prot, Charles. Mohammed V, ou la monarchie populaire. Paris-Monaco : Le Rocher, 2011, trad. en arabe (éd. Marsam) 
[7] Benoist, Charles. Les lois de la politique française. Paris : Fayard, 1928. 
[8] Maurras, Charles, « Antigone, Vierge-Mère de l’Ordre » [1948] in L’avenir de l’intelligence et autres textes, Paris, Robert Laffont, col. « Bouquins », 2018.


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