L’association Droit et Justice poursuit son action de soutien aux migrants. Après avoir lancé en août 2013, un programme d’aide juridique pour les réfugiés au Maroc -AJRM (*)-, l’association, motivée par la nouvelle politique migratoire multiplie les actions. 

L’objectif étant de contribuer aux efforts du pays en matière de protection des populations des migrants et en particulier les exilés ou les demandeurs d’asile politique. Il existe, en effet, une catégorie de migrants qui a besoin de protection au titre de l’asile. Ce sont des femmes, des hommes et des enfants, qui ont dû fuir leur pays car ils étaient persécutés à cause de leur race, religion, nationalité, leur appartenance à des mouvements politiques ou sociaux…. 

C’est justement pour leur apporter un soutien à caractère juridique que l’association Droit et Justice s’active. Dans cette optique, l’ONG, à travers son programme AJRM, a pour visée de renforcer les capacités des acteurs de terrain à travers des formations en droits des réfugiés. Cela se traduit par une formation de qualité aux avocats et juristes désireux d’assister bénévolement les demandeurs d’asile. Ce qui permet à l’association de fournir gratuitement à un nombre limité de demandeurs d’asile, un accompagnement juridique. Ce projet est né de l’initiative de deux Américaines qui ont travaillé sur la question de la migration dans la région d’Oujda.

Une campagne de sensibilisation des migrants vivant dans la région de l’Oriental sur leur droit de demander asile au Maroc est en cours.

Le Maroc peut s’enorgueillir de cette nouvelle politique migratoire, suite au discours de Sa Majesté et aux recommandations du Conseil national des droits de l’Homme. Dans un esprit de démocratie, du respect des Droits universels, le Maroc a fait le choix d’une politique respectueuse des droits et de la dignité des migrants. Cependant, sur le terrain, de nombreux problèmes persistent. Si on ne devait citer que celle-ci, la grosse difficulté semble être l’accès à la procédure d’asile politique quand on n’est pas sur Rabat. De plus, certains migrants sont refoulés systématiquement, alors que d’autres sont tolérés !

Selon les témoignages de certains réfugiés, ils sont renvoyés tour à tour entre le HCR et le bureau d’apatrides, sans jamais voire leur dossier aboutir. «C’est le ping-pong entre ces deux institutions qui se renvoient la balle. Résultat, on ne dispose pas de carte de réfugié, et donc pas de titre de voyage. Ce qui veut dire qu’on est privé de mobilité. Ce qui va à l’encontre de l’esprit de la convention de Genève». Une situation qui est de nature à engendre d’innombrables problèmes. Pas de droits, pas d’éducation, pas de soins, pas de protection, pas de sécurité, pas de respect, pas de dignité… pas de vie. 

Dans cette optique, l’association avait rédigé, à l’occasion de la journée mondiale des réfugiés, célébrée le 20 juin, 9 recommandations pour inciter les pouvoirs publics à traduire de manière pertinente, la nouvelle politique migratoire. L’objectif étant de répondre aux attentes et espoirs engendrés par cette nouvelle vision.

Le problème des migrants est un problème complexe, il est planétaire. La majorité des pays doivent faire face à ce phénomène, mais ce n’est sans doute pas avec le renforcement sécuritaire et le durcissement des mesures pour barricader les frontières, que le phénomène va s’estomper. Ainsi, dans le cas du Maroc, sans une coopération entre les 5 pays de la région, il n’y aura pas de miracles. Le phénomène de la migration clandestine, les risques liés aux problèmes de terrorisme, vont persister. Ces pays doivent travailler ensemble pour éviter les erreurs de l’Espagne et de l’Italie.

Les Etats intelligents sont ceux qui ont su trouver des modes d’intégration pour permettre aux populations de migrants de vivre dignement auprès des populations autochtones, tirant ainsi profit de la richesse qu’ils représentent. 

«A travers ces recommandations, l’association Droit & Justice interpelle les autorités compétentes sur la nécessité d’accélérer les réformes en matière d’asile. Nous demandons une loi cadre spécifique à l’asile», explique Maud Depresle, coordinatrice de l’AJRM. En attendant, l’ONG appelle le Maroc à mobiliser les ressources déjà existantes, telles que le bureau de des Réfugiés et Apatrides, en vue d’assurer la transition vers un système national d’asile garantissant le respect des droits et de la dignité des exilés.

L.Ouazry

(*) : Le programme AJRM, est soutenu par la Fondation Euro-méditerranéenne de soutien des défenseurs de Droits de l’Homme (FEMDH), par le Fonds Arabe pour les Droits Humains (AHRF) et par l’ambassade britannique au Maroc. 



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