Avec l'opération de régularisation des travailleurs étrangers "sans-papiers" en Espagne, le gouvernement Zapatero a tenu sa promesse. En honorant son engagement, il a tenu à préciser qu'il s'agit de la normalisation d'une situation, c'est à dire, sortir de l’hypocrisie consistant à employer des étrangers dans des secteurs qui ont besoin d'eux mais sans leur reconnaître tous leurs droits sociaux et leur utilité économique. 

Cependant, si l'objectif de régularisation est fort louable, les conditions d'application ont posé problème. Au delà du certificat de résidence, dont l'obtention a été quelque peu assouplie après les manifestations et gréves de la faim, c'est surtout l'obtention du contrat de travail qui constitue le handicap majeur. 

La difficulté est d'autant plus forte que ce sont les employeurs eux-mêmes qui doivent déposer le dossier de demande de régularisation et non pas les travailleurs.Voila pourquoi, on a signalé des cas fréquents de corruption pour acheter le contrat. De même, par manque de civisme et pour des raisons de rentabilité, certains employeurs ne favorisent nullement la régularisation-normalisation, pour ne pas payer les cotisations et avoir à assumer leurs responsabilités. 

Pour donner toutes ses chances de réussite à l'opération, celle-ci va t-elle être prolongée au delà du 7 mai 2005 ? La grande crainte des personnes concernées et surtout des Marocains qui n'auront pas été régularisées et de se voir expulsées. Ce serait une injustice, un encouragement au maintien de l'emploi informel par des entreprises, et aller à l'encontre du climat favorable et de confiance des relations actuelles entre l'Espagne et le Maroc, notamment après la visite du couple royal espagnol au Maroc 

Abdelkrim BELGUENDUUZ 
Professeur à l'Université Mohammed V Agdal (Rabat)


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