Dans peu de temps, le 68e Congrès de la FIFA désignera le pays hôte de la Coupe du monde 2026. Impensable au départ, une victoire de la candidature marocaine face à celle de l’Amérique du Nord commence à inquiéter sérieusement Donald Trump... 

Pascal Boniface, directeur de l'IRIS, revient sur les raisons de son soutien à la candidature marocaine d'organiser la Coupe du monde en 2026.


D’un côté, le Maroc, pays émergeant, a budgétisé son dossier à près de 16 milliards de dollars, de l’autre côté, il y a la triade États-Unis/Canada/Mexique, soit la première superpuissance mondiale alliée à une puissance économique de premier plan. Si le duel entre les deux candidatures pour l’organisation de la Coupe du monde 2026 était un combat de boxe, il opposerait un poids plume à un lourd. « Au départ, le Maroc n’avait aucune chance. Il y a un écart de un à 200 entre la richesse des USA et celle du Maroc. Normalement, personne ne peut battre une candidature nord-américaine. » Normalement... ! 

Sauf que la candidature américaine a ses failles. Contrairement au Maroc, les États-Unis ne sont pas un vrai pays de foot. Si les stades marocains entrent en ébullition chaque week-end, la MLS est en plein développement sans pour autant parvenir à remplir ses stades (les affluences moyennes plafonnent à environ 20 000 spectateurs pour la plupart des franchises, bien en deçà de la NFL). 

Ensuite se pose la question des relations diplomatiques entre les États-Unis et le Mexique, ainsi que l’accueil des supporters. Comment construire une candidature cohérente si Trump s’obstine à prolonger le mur qui sépare les deux territoires ? Comment un pays qui se démène pour boucher ses frontières va-t-il gérer le flux de supporters, si certains latino-américains, par exemple, souhaitent profiter de l’évènement pour immigrer illégalement aux États-Unis ? Les supporters argentins, brésiliens ou colombiens pourront-ils obtenir facilement un visa temporaire ? Sans compter les distances colossales à parcourir, entre Los Angeles et New York, Guadalajara et Edmonton, Seattle et Miami... 

En face, le Maroc bénéficie du retour de ses précédentes tentatives. « La cinquième candidature du Maroc est la plus sérieuse. C’est l’aboutissement des trois dernières (1998, 2006 et 2010, N.D.L.R.), ils ont compris ce qu’il fallait faire en matière de logistique, de communication à l’internationale et de lobbying ». 

Des icônes du football africain comme Didier Drogba et Samuel Eto’o sont les ambassadeurs de la candidature marocaine. C’est aussi le cas de la légende du football algérien Lakhdar Belloumi. « J’ai accepté tout de suite, le Maroc, c’est un pays frère », lâche le Ballon d’or africain 1981, qui a passé quasiment toute sa carrière en Algérie. 

Noël Le Graët, le président de la FFF, a annoncé publiquement son soutien au Royaume. « Je ne me vois pas ne pas soutenir un pays proche de nous. L’Afrique n'a eu qu'une Coupe du monde dans son histoire, ce n'est pas beaucoup ». Pour remporter le suffrage, le Maroc a besoin de la majorité des voix des 207 associations. Sachant que la CAF a demandé l’unité des 53 fédérations africaines et que l’ensemble du continent américain est derrière les États-Unis, c’est l’Europe, l’Asie et l’Océanie qui vont faire la décision. « Et, aujourd’hui, le momentum est en faveur du Maroc », annonce Jean-Baptiste Guégan.  Avec SoFoot




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