Le PAM a ouvert un bureau, vendredi, à Bruxelles. Le parti politique marocain se lance à la conquête des MRE à la suite du PJD, déjà présent depuis de nombreuses années. Signe que le droit de vote depuis leur pays de résidence leur sera enfin vraiment accordé ?

.Le Parti Authenticité et Modernité (PAM) vient faire concurrence au Parti Justice et Développement (PJD) en Europe occidentale. Alors que le PJD a été longtemps le seul parti politique marocain a avoir ouvert des antennes dans les principaux pays de résidence des Marocains à l’étranger, le PAM a tenu, vendredi 17 mai, à Bruxelles, le congrès fondateur de sa section de Belgique, révèle la MAP.

Le bureau bruxellois est le deuxième bureau à être installé en Europe par le PAM après celui de Paris, ouvert le 31 mars. «L’installation de ces bureaux correspond à la poursuite de la politique de construction du parti entamé au Maroc lui-même avec la tenu de 12 congrès régionaux dans le but de traduire dans les faits le rôle que la constitution donne aux partis politiques qui est d’encadrer les citoyens. Les Marocains du monde ont également besoin d’être représentés et d’intégrer la vie politique nationale», explique Fatima El Ayadi, députée du PAM à la chambre des conseillers, membre du bureau politique et présente au sein de la délégation du parti, vendredi, à Bruxelles.

Prochain bureau à Amsterdam
Le parti marocain multipliera donc, cette année, l’ouverture de nouvelles antennes en Europe. « Nous ne comptons pas nous arrêter là. Au début du mois prochain sera ouverte l’antenne d’Amsterdam, puis viendront, dans les semaines suivantes, l’Allemagne, Madrid, une autre ville d’Espagne …», énumère Fatima El Ayadi.

Le PAM, en s’installant dans les pays de résidence des Marocains à l’étranger, parie-t-il sur la concrétisation, enfin, de la promesse royale de donner aux MRE le droit de vote aux législatives depuis leurs pays de résidence et inscrite dans la nouvelle constitution ? « Ce serait très réducteur que de ne voir dans les MRE que des machines à voter. Cela va bien au-delà. C’est leur droit de participer à la vie politique nationale, c’est aussi une façon de s’ouvrir à ces élites de la 3e ou quatrième génération dont les compétences peuvent être utiles au pays», se défend Fatima El Ayadi.

Le PJD reste confiant
Par cette nouvelle politique d’implantation à l’étranger, le PAM vient pourtant marcher sur les plates bandes électorales du PJD. Selon Mohamed Réda Benkhaldoun, président de la commission des affaires étrangères du PJD, le parti ne se sent pas pour autant menacé. «S’il y a des élections et que ce sont les plus forts [le PAM, ndlr] nous les applaudirons, mais c’est sûr que ce ne sera pas le cas. Je ne dis pas ça parce que je suis membre du PJD mais parce que les statistiques et les services de renseignement ont montré que le PJD était loin. Je ne sais pas si ce sera toujours le cas, mais jusqu’ici nous avons bonne réputation», explique-t-il.

L’une des raisons souvent invoquées pour expliquer le report régulier de la mise en application du droit de vote des MRE depuis leur pays d’origine est en effet la forte probabilité de voir ces Marocains voter massivement pour le PJD. Son arrivée au gouvernement, finalement, par les voix des Marocains du Maroc aura participé à rendre cet argument caduc.

«Nous sommes actuellement dans une période transitoire. Apparemment le rapport rendu par le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger [CCME, ndlr] n’est pas favorable aux élections des députés par les MRE depuis leur pays de résidence, mais le conseil du gouvernement lors des dernières questions au gouvernement, devant la chambre des conseillers, nous a indiqué que c’était toujours en pourparlers. Je pense que dans les prochains mois le sujet va revenir sur la table», estime, Mohamed Réda Benkhaldoun.



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