Nous, les signataires de cet appel avons réaffirmé à plusieurs reprises notre soutien à l’initiative Royale du 6 novembre 2005 qui a restauré de façon définitive et irréversible la Citoyenneté pleine et entière des Citoyens Marocains de l’Extérieur.

En effet, alors que la citoyenneté est essentiellement la participation politique et la gestion des affaires publiques, il était inconcevable de voir, 50 ans après l’indépendance de notre pays, qu’une population aussi importante ne peut être associée, ni directement ni indirectement aux décisions la concernant. Exception faite de l’expérience malheureuse de 1984-1992.

Nous tenons une nouvelle fois encore à réitérer avec force notre appui total à cette initiative Royale, nonobstant les objections et les dénis émanant d’un « microcosme » qui persiste à ignorer les droits fondamentaux de plus de trois millions de marocaines et de marocains au motif, entre autres, qu’ils ne vivent pas sur le sol de leur mère Patrie.

Les réactions contre cette décision unilatérale s’élèvent de toutes parts
Pratiquement, toutes les associations démocratiques de marocains à l’étranger, se sont exprimées et dénoncées ce traitement inique. De même que tous les portails web de marocains et leurs forums d’internautes ont relayé cette information et crié leur colère et leur incompréhension.

Des voix s’élèvent d’ores et déjà pour appeler au boycott des élections du Conseil Supérieur des marocains de l’étranger, d’autres appellent à manifester devant les Consulats et Ambassades, alors que certains préparent des pétitions et se mobilisent pour présenter des doléances à la Haute Autorité Royale.

Est-ce légal de refuser à cette communauté l’exercice de ses droits politiques les plus légitimes sur la base du seul motif lapidaire : « des conditions logistiques » ?

Alors que, ni le Ministère des Affaires Etrangères, ni celui de l’Intérieur n’ont pris véritablement d’initiatives concrètes permettant réellement la participation des CME aux prochaines élections de 2007. C’est une dérobade de dire que les élections ne pourraient être organisées, pour des raisons logistiques, alors que d’autres pays d’émigration arrivent à les organiser, sans difficultés (Espagne, France, Italie, Algérie, Tunisie…).

Les Pouvoirs Publics nous affirment haut et fort que le droit de vote et d’éligibilité sont parfaitement accordés aux Marocains de la diaspora, à condition qu’ils l’exercent à l’intérieur du pays et non dans le pays de résidence.

En effet, il n’a échappé à personne, l’absurdité et le non sens d’une telle proposition.

Combien seront-ils ces marocains de l’étranger qui auront et le temps et les moyens de faire une campagne électorale dans des circonscriptions où ils ne résident pas ?

1 - La Citoyenneté marocaine ne peut être subordonnée à la vie sur un territoire, quel qu’il soit
La Citoyenneté marocaine n’a jamais été et ne doit en aucun cas être subordonnée à la notion de territorialité, plus précisément à la présence ou non sur le territoire de la mère patrie. Elle est UNE et INDIVISIBLE, que l’on soit au Maroc ou ailleurs. Dénier donc le droit à la Citoyenneté de ces marocaines et de ces marocains, par référence à leur lieu de vie, c’est considérer que l’on est moins marocaines et marocains par le seul fait de vivre ailleurs que sur le sol de la mère patrie. Il s’agit là d’une attitude passéiste et erronée à laquelle s’oppose clairement la vision du présent. Nous devons être au côté de toutes celles et ceux, nombreux, qui s’attachent plus à l’écriture de l’Histoire à venir de notre pays qu’à la perpétuation des errements du passé.

2 – Une participation active et reconnue à la vie et à l’avenir de notre pays
Le Roi, par son statut de Garant de la Constitution, a eu le courage de rétablir un droit stipulé par cette dernière dans son article 8 et par la même occasion, il a annoncé la création d’un Conseil Supérieur pour les marocains de l’étranger.

Notre citoyenneté ne sera complète que par notre participation effective, également, dans les instances institutionnelles comme le Conseil Economique et Social, le Conseil Supérieur du Plan et de la Promotion Nationale, Le Conseil Consultatif des Droits de l’Homme, la Fondation Hassan II pour les Marocains Résidant à l’Etranger, la Fondation Mohammed V pour la Solidarité, Bank Al Amal, la CNSS...

3 – Des transferts financiers importants encourent des risques
Alors que nous contribuons de façon très significative au budget de l’Etat, par nos transferts en augmentation chaque année et, qui représentent un enjeu majeur pour l’économie de notre pays, la décision du Ministre de l’Intérieur et des partis de la majorité d’annuler notre participation à la gestion de la chose publique risque de compromettre cet élan de solidarité dont notre pays peut difficilement se passer.

Notre solidarité avec notre pays représente plus de 8% du PIB, correspond à près de 40% de la valeur des exportations et se situe à hauteur de 80% du déficit commercial. D’autant plus que si la 2 ème , 3 ème et maintenant la 4 ème génération ne sont pas prises en considération, nous ne serions pas surpris de voir ce manifester un certain désintéressement et peut être même une hostilité à l’égard des gouvernements du pays d’origine de leurs parents, surtout quand au même moment les pays d’accueil s’ingénient à leur faire exercer pleinement leur droit de citoyenneté.

4 – Citoyenneté pleine et entière dans leurs pays d’adoption et pas dans leur mère patrie 
Aujourd’hui nous sommes de plus en plus sollicités par nos pays d’adoption pour participer à sa vie politique. Par conséquent, il est incompréhensible qu’ils s’élèvent des voix dans notre pays d’origine pour lui refuser ce même droit.

Faut-il une nouvelle fois attendre l’exemple des autres pour nous décider à proposer aux Citoyennes et aux Citoyens marocains de participer pleinement et légitimement à la vie politique de leur pays ?

Et quelle force aura un tel appel s’il vient bien après celui des pays d’adoption.

D’aucuns n’oublieront qu’ils ont été ignorés en tant que Citoyennes ou Citoyens marocains alors que dans le même temps leurs pays d’adoption leurs permettent d’exercer une Citoyenneté pleine et entière. Quel lien subsistera encore, une fois celui de la Citoyenneté marocaine disparu ? Celui d’un séjour touristique ? Celui d’une affection réelle mais douloureuse ? Celui d’une parenté diffuse car de plus en plus lointaine ?
  • Nous, les Citoyens Marocains de l’Etranger, sommes aussi capables de participer au processus électoral de 2007, et par la même occasion au processus de changement que connaît notre pays.
  • Nous manifestons avec vigueur notre profond désaccord et dénonçons l’annulation de notre participation aux élections de 2007.
  • Nous ne pouvons accepter d'être considérés comme des citoyens de seconde zone, incapables de comprendre la chose politique, à tel point que l'on projette pour y remédier de nous soumettre à une initiation. Cette initiative est révélatrice de l’estime portée aux CME.
Enfin, nous les signataires de cet appel, en appelons à l’intervention de la Haute Autorité Royale, garante de la Constitution, pour que l’espoir né du discours du 6 novembre dernier ne se transforme en déception, voire en humiliation de plus de trois millions de citoyens et pour prévenir la révocation de la représentativité des CME au sein du parlement.

Fait à Paris, le 20 juillet 2006

Liste des signataires par ordre alphabétique :
  • Alliance Mondiale des Marocains à l'Etranger (AMOME)
  • Congrès des Citoyens d'origine Marocaine de France (CCMF)
  • Conseil National des associations Marocaines de France (CNMF)


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