Que se passe-t-il donc dans la « maison » MRE ? D’un côté, le Conseil Consultatif des Droits de l’Homme (CCDH), chargé de présenter une feuille de route au Souverain au mois de juillet 2007 et qui s’attèle à mettre en place une stratégie efficiente (consultations, séminaires,…) pour la mise en place du Conseil Supérieur des Marocains à l’Etranger (CSME), et de l’autre, une diaspora marocaine, installée dans les pays de résidence, qui demeure partagée quant à la conduite et à la finalité de l’initiative royale.

Tout d’abord, il convient de rappeler que le « fourre-tout MRE », voulu ou pas, par les autorités publiques, ne peut faciliter la tâche (ardue) du comité d’expert oeuvrant sous la tutelle du président emblématique du CCDH, Driss Benzekri. « Fourre-tout », car comme son sigle l’indique, toute personne de nationalité marocaine résidente à l’étranger, est concernée par le projet politique porté par le chef de l’Etat qui consiste à assurer une représentativité politique de la diaspora au sein du prochain Conseil Royal dédié aux MRE. Cependant, des disparités non négligeables doivent être prise en compte. Prenons l’exemple standard d’un MRE de deuxième voire de troisième génération, né en France de parents marocains, jouissant de la double nationalité, ayant réalisé sa scolarité et qui occupe, une fonction sociale dans l’Hexagone. Il n’aura pas la même lecture et appréciation de MRE (certains même ignorent l’existence du sigle ?!), que celui qui est natif du Maroc où il a réalisé sa scolarité avant de mettre le cap pour l’Hexagone afin d’y poursuivre ses études supérieures dans l’espoir de régulariser sa situation administrative (avec tout le stress et l’angoisse que cela génèrent) et s’y installer définitivement. Histoires, positionnements, attentes, besoins, revendications, peuvent être diamétralement opposés. D’où les problèmes de communication entre les membres de la communauté MRE qui, parfois, ne fonctionnent pas avec des normatifs communs. En clair, chercheurs et sociologues ne seront pas de trop !

Pour ce qui est de l’exercice de la citoyenneté pleine dans le pays d’origine, les membres de la diaspora pourront remplir leurs devoirs civiques en venant voter au Maroc lors du scrutin législatif qui pourrait se dérouler au mois de juillet prochain. L’occasion pour ceux qui ont programmé de passer leurs vacances durant cette période de se rendre aux urnes. Jusque là, point de remous ou presque…

« La caravane passe et les chiens aboient »
En fait, certaines gens ont manifesté un intérêt certain quant à la nomination (ou à la cooptation) des futurs membres du Haut Conseil Supérieur. Ces mêmes gens sont présidents d’amicales fantômes en quête de légitimité, tant au niveau des pays de résidences qu’à celui du Royaume, ou encore des individus victimes de problèmes identitaires et existentiels qui se cherchent toujours malgré une présence de plus de 30 ans dans les pays d’accueil. Sans oublier, les opportunistes de…dernière heure qui guettent et attendent le moment opportun pour agir et faire valoir à la fois leur marocanité et leur amour charnel voué au pays d’origine. Revenons sur la tenue, au mois de décembre 2006 à Rabat, de la Conférence Al Monadara, organisée par un collectif d’associations basées en Europe, avec l’appui du CCDH et avec le soutien du réseau Marocain Euro-Med ONG, dans le cadre d’un débat transnational sur l’immigration marocaine. Dès le lendemain, des voix se sont élevées à Paris, Strasbourg, Nancy, Bruxelles, Amsterdam… pour dénoncer une mise à l’écart, demander des comptes aux organisateurs sur le choix des associations,…

Aujourd’hui, ces personnes, en qualité de présidents de structures associatives (Plateforme Intercontinentale des MRE à Amsterdam, l’association des parents d’élèves marocains et des mères marocaines de Strasbourg, le collectif des associations d’Alsace et de Lorraine,…), interpellent le CCDH sur l’importance de leur mouvement, de la portée des actions menées, du travail acharné qu’elles mènent au quotidien au profit du Maroc,… En clair, « j’ai pas été choisi et c’est injuste, sachez-le messieurs ».

Jusque là, la démarche est louable, mais ce qui suit, est indigne de citoyens qui se respectent et encore moins d’acteurs associatifs d’ici ou d’ailleurs. Ainsi, dans un courrier adressé au président du CCDH (et qui nous a été également envoyé par l’association française), un collectif d’associations strasbourgeoises y indiquent « qu’un membre du comité d’expert est un ancien amicaliste qui prétend être un spécialiste des questions migratoires marocaines alors qu’ils ne pratique que ‘nikach salounates’ et ignore totalement la réalité et les vrais problèmes de la communauté marocaine à l’étranger… ». Leur participation, leur contribution, au large débat ouvert sur la diaspora marocaine, se résument-elles à des attaques personnelles ? Pour d’autres, elles se contentent de fustiger critiquer à distance, des Hommes qui doivent faire face à une charge de travail qui a fait fuir des responsables politiques depuis plus de 20 ans. Le plus connu demeure Abderrahmane Yousfi, ancien Premier Ministre de l’alternance, qui avait promis de s’attaquer au dossier. On connaît le résultat. D’autres avant lui, ont battu en retraite devant la complexité et l’enjeu.

A en croire certains écrits ou prises de positions, il semblerait que certains ont la solution. Si tel est le cas, ils doivent impérativement se manifester, c’est de l’ordre de l’intérêt général et une manière efficace de montrer à son pays d’origine tout le respect et l’intérêt qu’on lui accorde. A défaut de cela, « la caravane passe et les chiens aboient ».

La Nouvelle Tribune - Rachid Hallaouy


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