En utilisant les certificats d’économies d’énergie pour offrir des ampoules LED aux plus modestes, cet autodidacte a touché le jackpot. Portrait.

Un empire créé il y'a trois ans
  • 300 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel généré par les sociétés de Christophe Février. 
  • 370 personnes salariées. 
  • 100 millions d’euros de pouvoir d’achat rendu aux Français.
En toute simplicité, Christophe Février l’annonce tout de go : “J’ai rendu plus de 100 millions d’euros de pouvoir d’achat aux Français les plus modestes.” Né lui-même, en Mayenne, d’un père mécanicien chez Fiat et d’une mère garde d’enfants, cet entrepreneur à la réussite flamboyante sait ce que peut représenter une facture d’électricité élevée. Il y a trois ans, il découvre une fiche Certificat d’économies d’énergie portant sur l’éclairage individuel. Sur le principe pollueur-payeur, l’Union européenne et l’Etat contraignent les énergéticiens à participer à la transition énergétique.


EDF, Total ou Engie, par exemple, émettent des certificats d’économies d’énergie (CEE) qu’un professionnel peut ensuite échanger contre des euros en prouvant la réalité de l’action environnementale. Christophe Février décide donc d’offrir aux ménages les plus modestes des ampoules économes… en les faisant payer par les émetteurs de CEE. Evidemment, lorsqu’il a lancé son site Mesampoulesgratuites.fr, certains se sont demandé si tout cela n’était pas trop beau pour être vrai. Sauf que même les très sérieuses UFC-Que choisir et 60 millions de consommateurs ont validé l’offre, soulignant que c’était sans risque pour le consommateur.

Si, depuis, Engie, Leclerc ou Auchan lui ont emboîté le pas, Christophe Février est bien le premier à avoir eu cette idée. Il a même lancé une marque d’ampoule, Thomas Watt, hommage à Thomas Edison (l’inventeur de l’ampoule, NDLR) et à James Watt (inventeur de la mesure de la puissance, NDLR). Il aurait aimé la faire fabriquer en France, mais les usines d’ampoules sont toutes en Chine. “Le matin, l’usine travaillait pour Philips et l’après-midi pour nous.

Outre les 100 millions d’euros de chiffre d’affaires sur deux ans que cela a générés pour ma société GEO PLC, je suis surtout heureux d’avoir ramené le prix des ampoules LED à leur juste niveau. Avant moi, une ampoule était vendue entre 10 et 15 euros. Aujourd’hui, c’est 3 euros.”

Depuis la fin 2017, la fiche “ampoules” ne figure plus sur la liste des certificats d’économies d’énergie du ministère de la Transition écologique et solidaire. Mais, toujours à l’affût, Christophe Février étudie d’autres offres. Le ministère a recensé 200 actions possibles, pour plus de 2 milliards d’euros à redistribuer. “Il n’y en a peut-être que quinze ou vingt qui sont de vraies sources de business. La rénovation de l’éclairage de collectivités sans argent ou l’isolation des toits, des combles ou par l’extérieur des maisons individuelles, par exemple. Je vise les gros marchés. La France dispose d’énormes potentiels pour économiser l’énergie.”

Avant de distribuer ses ampoules aux particuliers, l’entrepreneur faisait dans le BtoB. "Je me suis lancé vers 24 ans. Je n’ai pas fait d’études. J’ai commencé dans un cabinet de consultants qui faisait du greenwashing. Rapidement, je me suis rendu compte que ça ne passait pas avec mon patron. Je pouvais faire mieux que lui, par moi-même et pour moi-même.” Il se met à son compte en rachetant des sociétés en dépôt de bilan au tribunal de commerce. “J’en ai repris quatorze au total, que j’ai redressées.” Aujourd’hui, outre ses activités autour de l’efficacité énergétique avec GEO PLC, les affaires de Christophe Février tournent autour du bois (Hess et Leroy Industries), de la fabrication de machines à embouteiller le vin (Valentin Thièrion) et de la fabrication de moquette (Tecsom).

Ainsi, il équipe en mobilier extérieur les McDonald’s, fournit la moquette du Salon mondial de l’horlogerie de Bâle. “Nous avons mis au point un système de dalles de moquette haut de gamme et personnalisable. Nous sommes les derniers à produire 100% français.” Il détient aussi 35% d’une société de production de documentaires, Flair Production. Et, plus discrètement, quelques concessions automobiles. Au total, l’empire qu’il a fondé génère plus de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires par an et emploie 370 personnes. “En comptant les sociétés que nous faisons travailler pour les chantiers de rénovation, on doit dépasser les 1.000 emplois sur le seul territoire français.”

Le succès n’a pas grisé Christophe Février, qui reconnaît sans peine ni gêne avoir fait fortune avec “plusieurs dizaines de millions d’euros”. Il n’est pas sportif, mais subventionne des équipes de football amateur, des cyclistes d’endurance ou des pilotes automobile. 

“Je n’ai pas le talent pour le pilotage”, dit-il, mais il aime les voitures (surtout les Porsche), l’art (il a fourni la moitié des œuvres de Philippe Pasqua qui ont été exposées au Musée océanographique de Monaco) et ses quatre enfants.

“Le succès m’a donné confiance en moi. L’argent n’est pas une finalité. Comme j’en gagne plus que je n’en dépense, je réinvestis tout dans le développement de mon entreprise. Je veux la transmettre à mes enfants et continuer de développer l’activité environnementale.”

Source : capital.fr/

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