Hugo Horiot est devenu, en quelques années, le porte-parole de ses pairs autistes. La rage au coeur, il l'affirme : non, les personnes autistes ne sont pas déficientes. Elles ne doivent plus être exclues par une société normative qui se refuse à les entendre. 

Sait-on que, dans la Silicon Valley, les start-up comptent nombre d'ingénieurs autistes ? Que des entreprises comme Microsoft recherchent leurs compétences hors normes ? Que l'armée israélienne soumet à leur puissance de décryptage des photos aériennes ? Qu'en Suède, leur scolarisation est un droit civique ? Qu'avec leur atypisme, les personnes autistes sauront manier, mieux que quiconque, l'intelligence artificielle ? Ce vibrant manifeste, traversé d'un vent d'orage, nous dévoile une autre intelligence, méconnue, un autre langage. Il bouleverse notre regard et nous convainc qu'un autre monde est possible. 

Interview de Hugo Horiot sur Radio Orient

Comédien, écrivain et autiste, il a publié un essai qui bouscule les idées reçues sur l’autisme et met Emmanuel Macron au défi de lancer une vraie réforme sociétale.

Son livre, Autisme : j’accuse ! (Editions de l’Iconoclaste), est un brûlot sur la manière dont la France considère les autistes. Ni malades ni handicapés, ils ont une autre forme d’intelligence qui s’épanouit avec talent dans la Silicon Valley. En France, le comédien estime qu’il est temps de révolutionner le système pour sortir enfin les « atypiques » du monde clos des établissements spécialisés et de la « prise en charge ».

L’autisme recèle bien des mystères, vu par le prisme de nombreux clichés. Après avoir été défini comme une psychose par le monde psychanalytique, toujours coupable aujourd’hui de diagnostics erronés comme « dysharmonie évolutive » ou « psychose infantile », certains responsables associatifs tendent à le définir comme une «maladie génétique». Cela a pour conséquence de généraliser une logique onéreuse de « places », visant à une mise à l’écart systématique de cette population du milieu ordinaire au profit d’instituts spécialisés.

Notre société aura ainsi tendance à vouloir à tout prix « normaliser » l’autiste, comme chaque différence, estimant que cette voie est la seule issue pour être un citoyen digne de jouir du droit fondamental à l’éducation, à la formation et à l’accès à l’emploi. D’autres profils comme les dyslexiques sont victimes de cette mise à l’écart. Ce qui devrait être considéré comme une particularité nécessitant un accompagnement spécifique pour avoir droit à un avenir, est relégué à un handicap, car mis en situation de handicap par ce processus d’exclusion.

L’autisme engendrant une perception du monde particulière assortie d’un développement différent, dus à un fonctionnement neuronal singulier, relève d’avantage d’une spécificité humaine, d’une part de la neurodiversité.

Les enfants autistes exclus de l’école deviennent les adultes autistes exclus du monde du travail et de l’entreprise.

Les modèles de recrutement classiques se basant d’avantage sur les diplômes que sur les compétences, l’autisme, en France, est grandement méprisé par le monde de l’entreprise, alors que de nombreuses sociétés, multinationales et entreprises étrangères ont compris que se trouvaient là des talents aptes à contribuer grandement à l’essor économique dans de nombreux secteurs d’activité.

Je pourrais citer beaucoup exemples dans la Silicon Valley, en passant par l’Europe ou la société Specialisterne compte 85% d’autistes dans ses effectifs, ou encore le Ministère de la Défense en Israël qui les emploie massivement pour des missions d’analyse de photos aériennes.

Le redressement économique national ne se fera pas sans les changements et réformes nécessaires pour sortir de l’assistanat forcé et de l’exclusion cette part de population de plus de 650000 personnes. Il est urgent d’associer enfin tous les ministères concernés pour en finir avec cette sur-institutionnalisation contre productive et coupable d'un gâchis fatal autant humain que de moyens. C’est d’ailleurs dans ce sens que va le remarquable rapport de Josef Schovanec, présenté à Ségolène Neuville, en vue de nourrir la réflexion du plan autisme 4, qui a démarré en Janvier 2018.

Parce que je crois au bienfait d’une société apte à donner la possibilité à chacun d’en devenir acteur et à la nécessité permanente d’opter pour des stratégies nouvelles afin d’assurer l’expansion de nos fleurons économiques, industriels et technologiques, je pose aux candidats à la fonction suprême la question suivante :

Devant l’urgence à agir, quel candidat à la présidentielle s’engagera à missionner son Premier Ministre pour déployer un budget conséquent et équitablement réparti entre les ministères de la Santé, de l’Education Nationale et de l’Emploi en vue d’un plan Autisme 4 ambitieux ?



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